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Non à l’étouffement de la population guinéenne !2011-11-03 08:44:21 En Mars 2008, le Gouvernement guinéen avait interdit toute exportation de denrées alimentaires de la Guinée. Je m’étais opposé à la décision et mes raisons sont contenues dans cet article ci-joint. Plus tard, l’histoire m’avait donné raison. A nouveau, le Gouvernement Guinéen vient d’interdire le mouvement inverse. J’estime que c’est une mauvaise décision pour la population guinéenne et pour les relations internationales. Je m’explique.
La loi du marché impose celle de l’offre et de la demande ou vice versa. Lorsqu’il y a abondance d’une denrée sur le marché, son prix baisse. Or, la campagne agricole a-t-elle réussi au point de générer des stocks concurrentiels? Je pense que c’est être trop optimiste que de le croire. En effet, si dans certains endroits les récoltes sont prometteuses, il n’en est pas de même partout. Et même si cela était le cas, les récoltes sont loin d’être terminées dans le pays. Or, de sources sûres, il est établi que la campagne agricole a échoué dans plusieurs localités du pays dont l’un de ses greniers qu’est la zone Gaoual –Koundara. Il y a eu deux raisons majeures qui expliquent cet échec.
Dans ce contexte, les Ministres du Commerce et de l’agriculture sont allés trop vite en besogne. Et puis que c’est la rareté d’un objet qui fait sa valeur, les denrées importées se feront rares et leurs prix vont encore grimpé pour atteindre le prix du riz local. A moins que le Gouvernement ne subventionne le riz local, il sera difficile de faire face à la concurrence. Mieux, un riz local moins cher n’est pas profitable au producteur. Pire, il lui faudra en vendre plus pour faire face aux besoins de remboursement des dettes (1), d’achat d’autres biens utiles comme les vêtements et les médicaments. Ce qui aura l’effet de bradage du riz local donc de pertes et de réduction substantielle des stocks et par conséquent, le manque en période de disette. Plus les agriculteurs gardent leurs stocks post-récolte, plus ils ont de la valeur, mieux ils sauront faire face aux périodes difficiles. Malheureusement les pertes de stockage sont aussi trop élevées. Mieux, la Guinée ne peut pas se soustraire à la mondialisation en protégeant son marché qui n’est pas aussi florissant. Si la Guinée produisait suffisamment du riz pour nourrir tous les guinéens, on pourrait avoir un effet bénéfique de la mesure et comme ce n’est pas le cas on va en pâtir croyez moi. La liberté d’importation des denrées amène forcément la concurrence et ceci est plus profitable aux guinéens consommateurs que des mesures drastiques gouvernementales. Seule une taxe à l’importation et ou une subvention du produit local peut être soutenable dans les conditions actuelles du pays. La taxation aurait généré des ressources nécessaires à la subvention du produit local. En ces moments difficiles, le guinéen s’en fout de quel riz il mange : importé ou local. Il a besoin juste de se nourrir avec sa famille au moindre coût. D’un autre angle, le Gouvernement doit savoir qu’il est plus facile à celui de Sangala (Mali), de Termèsè (Koundara) de Sinko (Beyla), de Boola (Kankan) de se procurer des denrées à partir du pays voisin que de Conakry. Les échanges que les populations se font entre voisins sont plus bénéfiques pour les frontaliers que vers le port de Boloré. A rappeler que cette mesure pénalise également l’homme d’affaire Boloré qui a besoin d’importation et d’exportation pour rentabiliser le port. Ces derniers jours, un opérateur économique (mandingue) expliquait sur Espace FM la difficulté qu’il a de débarquer des denrées de première nécessité que sont du riz et du sucre. Il paye dit-il 37,000 USD par jour pour 2 bateaux pendant 3 mois de stationnement. Si vous ajoutez à ce temps l’effet des grèves qui commencent au port, les frais connexes de manutention, de transport, de stockage, de douanes en plus du prix d’achat, tout le monde comprends que le prix de ces denrées ne baissera pas de sitôt. La semaine dernière, les camionneurs chargés de riz en provenance de la Haute Guinée étaient bloqués entre Dabola et Kouroussa pendant plusieurs jours sous le prétexte que leur riz ne passera plus pour la Basse et Moyenne Guinée. Ce qui a amené les commerçants du Foutah à prendre provisions dans les pays voisins frontaliers à la région. Du très bon riz nous venait de Dakar à un prix plus bas que celui de Conakry. Cette décision a donc forcément un effet d’étouffement des populations. Cette décision aura certainement des rétorsions donc des sanctions qui seront plus que négatives sur le consommateur guinéen. Aucun homme d’affaire n’acceptera des relations à sens unique. Le bénéfice réciproque est la règle d’or des relations commerciales. Je ne sais pas quand est-ce que nos gouvernants comprendront que le plus important est de soulager les populations par tous les moyens possibles mêmes irrationnels que de se cantonner à prendre des décisions dont les conséquences sont désastreuses sur la vie du guinéen lambda. Voyez par exemple le redressement dont le Gouvernement est le plus fier : l’unicité de la caisse. Franchement, quel est l’effet de cette mesure sur les prix des denrées du consommateur? Cette mesure a-t-elle réduit un prix et de combien? C’est ce qui intéresse le Guinéen lambda. L’autre semaine, une femme (2) se rendant au Sénégal avait un bidon d’huile de palme pour sa mère malade et qui en sollicitait. A la douane guinéenne on lui retire ce bidon. Furieuse cette dame demande de reprendre le bidon pour une vérification si c’est bien le sien. Elle enlève son pagne et se couvre sur le bidon qu’elle ouvre, urine dedans, le referme devant les agents et leur tend le bidon. Voyez jusqu’où nous sommes allés. Quelle honte et quelle perversion ! Depuis hier 01 Novembre, les relations se dégradent davantage avec le blocage d’un avion de Sénégal Airline et la fermeture de l’espace aérien du Sénégal aux avions venant de et en partance pour Conakry. Et vivent la CEDEAO, la ZMAO, l’UA et l’humanisme africain. Je m’en vais maintenant vous renvoyer à l’article cité plus haut pour un complément d’arguments. Cet article date du 09 Mars 2008. UNE ANALYSE DE LA DÉCISION GOUVERNEMENTALE D’INTERDICTION DE LA SORTIE DES PRODUITS AGRICOLES DE LA GUINÉE La décision Gouvernementale d’interdire la sortie du territoire national de certains produits agricoles est une mauvaise décision pour les raisons suivantes :
Toutes ces catégories ont des familles à nourrir et qui vivent du circuit des produits agricoles.
Nous devons apprendre à classer nos produits agricoles en fonction de leur coefficient d’utilité économique et sociale. Nos Ministres devraient revoir leur décision à mon avis à moins que leur objectif ne soit de faire croire au monde que la sécurité alimentaire est atteinte en Guinée, ce qui est absolument irréel. Labé le 30 Octobre 2011
1- En Haute Guinée par exemple, plus de 50% des récoltes servent à payer les dettes du paysan.
2- Je demande pardon aux femmes pour cette narration peu décente.
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