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2011-11-08 09:25:14
Comme la plupart des pays d’Afrique, la Guinée est issue du partage de l’Afrique par les puissances européennes au XIXème siècle. Pendant toute la période d’occupation, les puissances coloniales ont mis en œuvre la célèbre doctrine de « diviser pour régner », veillant à ce que, de ces territoires aux frontières artificielles, n’émergent jamais de véritables nations. Lors des indépendances, les colons ont orchestré la création de dizaines de micro-Etats non viables politiquement et économiquement. Ils ont tout fait pour faire échouer toute tentative de réaliser l’unité africaine, clé de l’émancipation et du développement réel de l’Afrique.
En Guinée, très tôt, le consensus qui avait permis d’arracher l’indépendance a volé en éclats devant l’incapacité des dirigeants à relever les défis de la liberté retrouvée et de développer le pays, au bénéfice des populations. Plutôt que de promouvoir la construction d’une nation, le Parti-Etat s’est employé, par une répression sanglante, à pérenniser un pouvoir de plus en plus familial et clanique. Pour camoufler son échec il a lui aussi recouru à la division communautaire, en inventant en 1976 le prétendu « Complot Peulh ». Après le coup d’Etat militaire et policier de 1984, le nouveau pouvoir n’a pas changé cette orientation, bien au contraire. En juillet 1985, lors du « Coup Diarra Traoré», des compatriotes de Haute Guinée, militaires et civils, ont été arbitrairement arrêtés, torturés et assassinés.
Cette politique de division des nationalités a continué tout au long du pouvoir du Général Lansana Conté qui a vu naître des coordinations régionales représentant les quatre régions naturelles du pays. Par la suite, ces regroupements à caractère communautaire, ne reposant sur aucune base légale ont continué d’exister et de prendre une importance politique de plus en plus marquée. Elles ont largement contribué à réduire l’indispensable débat démocratique sur le devenir du pays à un affrontement ethnique pour le contrôle de l’Etat guinéen. Ainsi, on a assisté à des démarches publiques de certaines coordinations pour soutenir des candidats aux élections. La campagne électorale pour les présidentielles, a été menée ouvertement par certains candidats sur des bases ethniques. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que le pouvoir réel est exercé, non pas par des élus du peuple, sur la base de la Constitution, mais plutôt par certaines coordinations. Ce sont elles qui sont à l’origine des nominations et des limogeages dans tout l’appareil d’Etat, du sommet jusqu’à la base, sur des critères exclusivement régionalistes. Ce sont ces coordinations qui investissent ouvertement ou en secret, les candidats aux élections, car elles sont au-dessus des partis politiques qui leur sont assujettis. Ce sont elles qui nourrissent la haine ethnique et la division.
Ainsi donc, nous en sommes arrivés à une situation incroyable où des gens qui se sont cooptés entre eux sur des bases régionalistes, qui ne disposent d’aucun mandat électif et qui n’ont de comptes à rendre à personne, sont en train d’exercer la réalité du pouvoir politique, non pas dans l’intérêt de tout le peuple de Guinée, mais pour celui exclusif de la région qu’ils prétendent représenter. Au quotidien, de hautes personnalités de la République peuvent tenir en toute impunité des propos appelant ouvertement à la discrimination ou à la haine ethnique. Dans leur sillage, des membres des forces de l’ordre ou n’importe quel citoyen, peut leur emboîter le pas, sans qu’il ne lui soit demandé des comptes.
Cette situation continue en violation flagrante de la Constitution guinéenne sur laquelle le Président de la République a prêté serment le 22 décembre 2010, notamment en ses articles 4 et 9. Si elle persiste, cela équivaudra à la fin de la République, une et indivisible, bâtie en 1958 sur les nobles principes fondateurs de « Travail, justice, solidarité ». Nous n’avons pas cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les graves conséquences qui en découleront pour tout le peuple. Notre pays, déchiré par des divisions communautaires entretenues, est directement menacé de «somalisation» ou pire de disparition.
Devant l’Histoire, les politiciens qui instrumentalisent ou qui se rendent complices des agissements de ces coordinations, devront endosser l’entière responsabilité de la catastrophe qui s’annonce.
Nous mettons solennellement le peuple de Guinée dans son ensemble en garde contre la tendance à confier ses destinées à des groupes à caractères ethniques. Ces groupes, loin de servir les intérêts de l’écrasante majorité de la population, ne serviront au contraire qu’une minorité de profiteurs n’ayant rien à offrir pour le progrès de la Guinée. Le peuple de Guinée doit entretenir la fraternité en son sein et refuser de se faire l’instrument de ceux qui veulent le diviser. La Guinée ne sortira pas de la misère et du sous-développement en étant désunie.
Nous réaffirmons notre attachement au caractère unitaire et démocratique de la Guinée. Pour nous, l’Etat actuel est un minimum pour aller vers l’intégration régionale et l’unité africaine. Nous n’accepterons pas qu’il éclate en morceaux.
Pour arrêter, pendant qu’il est encore temps, ce processus de désintégration de notre pays, nous faisons les propositions suivantes :
- Interdire aux coordinations régionales toute activité politique. Les coordinations qui ont un rôle essentiellement culturel doit être d’assurer la cohésion sociale, la paix, l’harmonie et la solidarité entre les communautés.
- Veiller à faire respecter scrupuleusement les dispositions de la Constitution et la Charte des partis politiques interdisant toute discrimination à caractère ethnique, régional ou religieux.
- Mettre fin à la politique de division des nationalités et aux discriminations ethniques dans la conduite des affaires publiques.
Fait à Conakry le 31 octobre 2011
Le Comité de Coordination du FDP
VOS COMMENTAIRES | |
| mohamed sampil | 08/11/2011 12:38:55 |
| A présent que le Foutah et la Bassa-Guinée s'organisent à l'instar de celle du Mandingue nous apprenons que les Coordinations régionales sont "condamnables "...De qui se moque-t-on !!! | |
| Paikoun Mamou | 08/11/2011 13:19:55 |
| Pour le cas des sages du Foutah il nya pas eu de politique negative car Alpha a envoye des gens au Foutah et les a pose une question socio politique. Donc il l'on repondu. Quel est le probleme a ce niveau? Au lieu que Alpha Conde n'appel les leadeurs dans son bureau et causer face to face, il nomme des sages, et des politiciens pour aller insulter les autre sages. Pour une fois arreter de conmdaner les groupement regionals. Le probeme c'est Alpha Conde point. Il faut le denonce point, et arreter ce mamaya. Ces comites ou groupements me degoutent car c quand Alpha, ou un ministre crache ils profitent de l'occasion pour nous dire n'importe quoi? Nooooooooooooo. | |
| SADIO BARRY | 08/11/2011 13:53:35 |
| Vous auriez été plus crédibles et utiles en dénonçant les manoeuvres politicorégionalistes d'Alpha Condé et la politisation de la Coordination mandingue lors de la présidentielle 2010. Les malinkés ont fait appel à l'union ethnique contre les peuls, ils ont tué et chassé des peuls de la Haute Guinée sans qu'aucun parti politique guinéen ne dénonce ces faits comme tels, sans démagogie. Maintenant c'est trop tard, tout le monde fera comme les malinkés en guinée. Toute l'armée, la classe politique et la société civile qui se sont tues devant cette malédiction venue des Malinkés (hommes politiques, intellectuels, artistes et soi-disant sages) sont responsable de la désintégration irreversible de la Guinée. | |
| Mujahid al Fulany | 08/11/2011 14:41:41 |
| Je crois qu ils ont compris que le monde a change. Jamais ils ne croiaient Fouta aurait le Kilo de dire les quatres en face du pouvoir et a son president. En plus, il croiaient aussi que la base Cote est mandeng Fou ou je ne sais quoi? nous allons tous payer tres cher d avoir pas jouer les roles qu on devait jouer et les responsabilites qu on devait entreprendre. Maintenant on verra la ou cette hypocrisie, l ethonocentrime vont nous amener dans ce monde ou l integration est le moteur de tout developpement qu il soit politique, economique, social. Quelque fois je me demande si Alpha et son coordination savent vraimment ce qui se passe aujourdhui dans le monde. Aucun leader, aucun partie, aucun pays voir aucun continant ne peut se developper tout seul. Comment eux, Alpha et son click croient pouvoir delopper la Guinee avec une seule ethnie et un partie unique. En plus dechirant les relations entre les pays voisins. Qui vivra verra | |
| Souleymane Diallo | 10/11/2011 08:47:32 |
| Pourquoi tout ce bruit assordissant autour des coordinations régionales? Et surtout, pourquoi maintenant? L'implication des coordinations dans le champ politique n'est pas nouvelle. Mais vous ne l'aviez jamais denoncé. Certains me diront qu'il vaut mieux tard que jamais. Mais, je crois que votre attitude cache quelque chose de louche: soit vous êtes en mission commandée au compte d'Alpha Condé qui sent la basse guinée entrain de lui échapper, soit c'est le caractère démagogique inscrit dans les gènes des politiciens guinéens qui est entrain de prendre le dessus sur ce qui peut vous rester de dignité. Dans un cas comme dans l'autre, ne comptez pas sur nous pour vous suivre. Vous étiez tous là lorsque la coordination du manding a entamé sa croisade contre les peuls. Au mieux vous y avez assité sans aucune réaction, au pire, vous avez activement participé à la conception et à l'exécution de ce fait qui a entamé le tournant décisif vers la décomposition de la Guinée. Maintenant il faut assumer. La seule façon de le reparer est de dénoncer la gestion clanique et ethnocentriste du pouvoir sous la direction d'Alpha Condé. Tant que vous n'aurait pas le courage de dénoncer ce fait, vous pouvez créer toutes les alliances et toud les comités de coordination que vous souhaitez, nous ne vous suiront pas. Vous pouvez tromper tout le peuple pendant un certain temps, mais jamais vous ne pourrez y arriver tout le temps. | |