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Somparé : les mémoires de la décadence


2011-11-22 12:17:56 

Dans une interview à  Guinéenews©, l’ancien  président de l’assemblée nationale indique qu’il est entrain d’écrire ses mémoires. En même temps, il  donne son opinion sur l’actualité et l’histoire de la Guinée dont il aura été un participant notable. Enfin, à défaut  d’une vision, il formule des souhaits pour l’avenir de la Guinée et annonce sa disposition  à collaborer avec le nouveau maitre de Conakry.

Si l’interview  que Mr. Somparé  vient de donner est un avant-goût de ses mémoires, la Guinée n’aura rien perdu avec la faillite politique de l’homme. Les  déclarations actuelles et précédentes de Mr.  Somparé montrent  qu’il n’arrive pas à s’extirper de sa nostalgie d’apparatchik de  l’ordre périmé  du PDG.  Quel enseignement peut-il dès lors espérer donner aux  générations présentes et futures sauf celui  des zones d’ombres de sa vie, de ses silences coupables et de ses déclarations irresponsables?  Dans ses mémoires à venir, il serait dommage d’escamoter  les crimes politiques dont nous fûmes des témoins - lui en tant qu’adulte et nous comme adolescents.  Pour combler  d’éventuels et fort probables oublis,  je me  une critique anticipée des mémoires que j’introduis par le récit sur les interactions que j’eues avec l’homme qui faillit être président de la Guinée.

En 1969, la « révolution culturelle » du PDG avait  interdit le  transfert des élèves d’une école à une autre sauf pour des cas de force majeure.  Collégien à Dalaba, je voulais  retourner à Labé. J’avais obtenu une autorisation du directeur du collège de Dalaba ; il  fallait en plus la permission de l’inspecteur d’académie ainsi que l’accord du collège de destination.  Je me rendis à l’inspection de Labé  pour voir Mr. Somparé. Quand il me reçut, il demanda de quelle famille j’étais ; ensuite il s’enquit si j’étais avec mes parents. Je lui dis que j’étais seul. Il soupira et me demanda les raisons de ma demande de transfert. Je les lui donnais et lui tendis une autorisation que j’avais préparée. Il me regarda longuement, prit le papier et le signa. « Tu sais qu’Émile Cissé (1) est principal du collège  où tu veux aller ? » me dit-il. Je lui répondis oui. J’ajoutai qu’Émile est plus à Kalédou(2) ; au collège de Tchindel c’est Diallo Djounou qui dirigeait de fait. Il sourit et me congédia.

Une fois que je fus admis au lycée de Labé, j’eus des occasions de revoir Mr. Somparé. C’étaient des années sombres. Suite au débarquement du 22 Novembre 1970, il y eut un regain de répression, avec des pendaisons publiques et des condamnations dont certaines, de membres de ma famille. Cette atmosphère eut des empreintes sévères sur l’adolescent que j’étais.  La religion devint mon refuge et la lecture mon guide.  Comme  responsable de la bibliothèque du lycée, j’avais accès à beaucoup de livres ; mon frère, Siradiou, m’en procurait aussi.  Le lycée offrait  un espace de refuge de l’agitation de la ville. On pouvait y exprimer des  critiques impossibles ailleurs. Beaucoup de professeurs, guinéens et  originaires des pays de l’est, désespéraient des dégâts de la «  révolution culturelle » sans pouvoir le dire. Ils tentaient d’y remédier en encourageant quelques élèves, discrètement. Parmi eux, il  y avait mon cousin El Hadj Bah Caba qui était  aussi le proviseur du lycée ; sa femme Hadja Aminatou (une cousine aussi) qui fut mon professeur,  Mr. Paparov, mathématicien, originaire  de la Russie, Mr. Konaté qui fut mon professeur de physique, Mr. Seck  qui m’intéressa à l’histoire…  Leur attention et leur support nous guidèrent dans les tumultes de la « révolution culturelle ». Celle-ci n’était rien moins qu’un décervelage programmé de toute une génération. Le passage en classe supérieure était automatique. Il y avait des notes collectives par groupe pour « lutter contre l’élitisme ». L’objectif était un nivellement par le bas pour décourager l’ardeur d’apprendre. Le système fut une aberration sans nom, une confiscation cynique de la culture et  un sabotage pervers de l’éducation. La Guinée porte encore les marques de cette diabolique entreprise.

Mon père était décédé quelques années  auparavant. Il avait été une tour de laquelle  il fut possible de dominer et rationnaliser les aberrations du PDG. Il  rappelait sans cesse les leçons du  passé et les criminels qui ont essaimé l’histoire. Pour soulager des doutes du moment, il nous enseigna que le régime du PDG était un test de Dieu pour sonder notre foi. A plusieurs reprises il nous fit faire des prières auprès des tombes des nos ancêtres pour demander qu’ils éclairent nos voies. L’atmosphère familiale qu’il nous légua était celle d’une sagesse ancrée dans des temps immémoriaux, des valeurs  intemporelles et sûres de la justice, du travail et de la vérité. 

Mr. Somparé  lui aussi portait attention à ma personne ; il m’encourageait en s’enquérant souvent sur mes études et mes lectures.  Cette attention grandit à l’ occasion d’un incident qui eut lieu au  lycée en 1972.  Un de nos promotionnaires du  nom de Saliou avait envoyé une lettre à une de ses amies du lycée de Kankan où il avait étudié l’année d’avant. Dans la lettre il demanda à la fille « Comment vas-tu avec les petits malinkés à Kankan ? ». La lettre fut interceptée et  transmise à Sékou Touré. Celui-ci y griffonna une note qui exigeait d’«apprendre à ce jeune homme à ne pas être raciste ». La lettre fut adressée au bureau fédéral du PDG de Labé. C’est ainsi qu’un jour nous vîmes les autorités politiques, administratives et militaires débarquer au lycée ;  nous fûmes conviés à une conférence d’urgence. Mr. Somparé  prit la parole. Il dénonça avec véhémence le caractère « contre-révolutionnaire » de la lettre. Il déclara que les peuls doivent se débarrasser de leur « complexe de supériorité ». Il dit qu’il n’y a pas d’ethnie ou de race pure en Guinée. A l’appui de son argument il déclara : « Est-ce que à la vue d’une belle femme Djalonké, malinké ou autre, les hommes peuls ne se mettent pas en chaleur ? ». La salle devint  lourde. Somparé  finit son discours en demandant que le jeune Saliou soit sanctionné avec rigueur. Suivirent des déclarations de la même eau qui réitéraient les mêmes demandes.  A un moment, mon regard se porta sur mon cousin, le proviseur. Il était détaché et contemplait  le mur comme si il voulait échapper à la scène surréaliste. Je me dis intuitivement que si on n’arrêtait pas la tournure des slogans et des discours, cela pouvait bien être l’occasion d’un autre complot. Je pris  la parole. En substance, j’indiquai que l’erreur commise par notre ami est une erreur de notre part, tous. Je demandais donc, au nom de « l’autodiscipline » qui était un des slogans en vogue à  l’époque,  que l’on nous donne l’occasion de le sanctionner et de le rééduquer. Je proposai qu’il fasse un exposé sur les méfaits de l’ethnocentrisme et qu’on adresse une lettre d’excuse au « Responsable Suprême » pour les insinuations contre les malinkés que notre camarade avait faites. La salle applaudit. Mr. Somparé  se saisit de l’occasion. Il indiqua que c’est cela qu’il attendait de nous. Il fustigea le conseil d’administration du lycée qui aurait dû faire la déclaration que j’avais faite. Il décréta que je devais être membre du conseil à partir de ce jour.  Des vivats démagogiques clôturèrent la session. Aucune des décisions  ne fut suivie d’effet bien entendu. 

L’incident était un exemple des  méthodes d’intimidation et de division du PD. Le parti et son chef  profitaient de faits anodins pour frapper  les esprits de façon préemptive. En fait, l’état ne surveillait pas les correspondances des citoyens pour déceler des tentatives de rébellion à son  encontre. Il était évident qu’aucun esprit sensé ne penserait échanger  des secrets par  le courrier officiel.  En outre, l’objectif de la surveillance n’était  pas de  s’assurer de la passivité des citoyens qui était un fait acquis. L’incident faisait partie de l’arsenal de provocation permanente pour acculer les citoyens dans leur intimité en entretenant  une psychose d’autocensure et de peurs. En capturant et en dénonçant les lettres des adolescents, le parti montrait que nul n’est à l’ abri.  La  phrase banale d’un lycéen réveilla  les démons qui hantaient le « responsable suprême » ; elle lui donna l’occasion d’exprimer des sentiments refoulés  qui, quelques années plus tard – en 1976 -  allaient éclater au grand jour dans l’exutoire contre la communauté peule.  Le leader du PDG  opposa  les nations peule et malinké du pays pour assurer sa survie autrement impossible face à son incapacité avérée de gérer un état.  La rencontre dans un même esprit d’obsessions maladives  et d’insuffisances intellectuelles  explique qu’un président de la république prenne le temps de s’occuper de  lettres entre lycéens. La conséquence difficile à extirper de ce règne est un pays fissuré par des conflits profonds et transversaux qui n’opposent pas seulement des ethnies quoiqu’en disent les apparences.  Plus tragiquement,  le totalitarisme du PDG aura dissout dans notre société  les liens de solidarité que chaque communauté doit entretenir en son sein si elle veut être viable.  La méthode de gouvernement  qui  utilise  la  peur et exploite les instincts de conservation des citoyens dans un climat d’imprécation  permanente répand des sentiments dévastateurs. Les citoyens se prennent dans le piège des doutes et des culpabilités,  en voulant prouver leur innocence et en  prenant  des distance des leur communauté et de tout ce que le parti dénonce comme mauvais. Ce dernier peut ainsi s’assurer de la complicité passive de millions de personnes.    

Quand la foule se dispersa, Mr. Somparé  revint à l’école. Il me prit à part et me dit que je venais de les sauver d’une situation dangereuse. Il m’expliqua qu’on l’avait cueilli de son bureau. On l’avait obligé à organiser la réunion instamment. Il était totalement déboussolé par la soudaineté de l’affaire de la  lettre ; il semblait s’excuser de ses propos incohérents.  Quand j’eus le bac l’année suivante, il fut l’un des premiers à me féliciter. Il quitta Labé la même année et fut muté à Conakry. Je fus assigné à l’IPK à Kankan. J’y restais 10 jours. J’allais à Conakry pour informer mes frères sur  les conditions de vie d’étudiant à Kankan. Je leur fis part de mon intention d’abandonner mes études si la seule université qui  restait était l’IPK. Ils étaient anxieux. Mon frère Tierno Siradiou en parla à Somparé  qui me reçut dans son bureau. Il promit de tout faire pour me faire transférer à l’IPC et me conseilla de ne pas quitter le pays.  Il s’arrangea pour que je puisse assister à certains cours à l’IPC en attendant la promulgation de la décision de transfert.  Il tint sa promesse. Quelques mois après, un décret signé de Sékou Touré décida de mon transfert à l’IPC. Toutefois, j’avais décidé de ne pas faire mes études dans l’atmosphère de psychose, de mouchards, de fréquentes intimidations, d’arrestations et d’exécution sommaire d’étudiants de l’institut. Je quittai la Guinée quelques semaines après.

La dernière interaction que j’allais avoir avec Mr. Somparé  fut à  Paris, 10 ans plus tard, en 1984. Il était ambassadeur. Je voulais  avoir un sauf-conduit  pour me rendre en Guinée après la mort de Sékou Touré. Le préposé aux affaires  à l’ambassade me reçut avec hargne. Il exigeait une lettre d’invitation de la Guinée,  de l’argent pour l’hôtel etc. J’étais abasourdi et lui répondis que je suis autant guinéen que lui. Il me dit que je suis un « anti-guinéen ». Pendant que j’échangeai des propos aigres avec lui, Mr. Somparé arriva sur les lieux. Il me reconnut immédiatement et se plaignit d’avoir cherché à me contacter en vain depuis sa nomination. Je lui répondis que j’étais au courant. Mais comme il était ambassadeur d’un régime que j’abhorrai, j’avais refusé de le voir. Il me dit que je ne changerai donc jamais. Il me reçut quand même dans son bureau et arrangea rapidement l’obtention du sauf-conduit. Ce fut la dernière fois que je revis l’homme. Je  dois admettre que Mr. Somparé  a toujours été bienvaillant envers ma personne. En plus, l’homme est connu pour être chaleureux et amiable. L’interpellation  qui lui est faite ici est au delà des relations personnelles. Elle est autorisée par l’irrémédiable  appartenance commune à la  patrie.  Elle  n’est que la marque d’imbrications et de divergences de deux destins dans les filets de  notre tragique histoire qu’il nous appartient de gérer, honnêtement de préférence.

La nostalgie de Mr. Somparé pour le PDG  est d’autant plus étonnante qu’il  n’a jamais cru ni en l’idéologie ni aux mensonges de ce parti. Qu’il défende encore le système qui a blessé la nation témoigne  simplement d’un refus de mettre en perspective et de reconsidérer les choix opérés sous l’aiguillon de  la survie. Il semble difficile à l’ancien président de l’assemblée nationale d’admettre qu’il fit comme tout monde pour échapper à la répression aveugle : mentir et faire semblant.   Il s’est constitué prisonnier  du vide de son choix. Il  essaie de le meubler par un contenu plus inexcusable que celui qu’il fallait pour naviguer dans les dédales maudits du PDG et du PUP.  Les jugements erronés que Mr. Somparé  émet sur l’histoire de la Guinée sont  révélateurs de l’illogisme dans lequel il campe. Il crédite  le PDG d’avoir créé un « état moderne » oubliant manifestement la propagande et les discriminations ethniques de ce parti.  Il dénonce le communautarisme comme un danger  et s’active en même temps pour l’union de la Basse-Guinée.  Quant à ses assertions sur le respect dont la Guinée aurait bénéficié du fait de Sékou Touré, ils sont simplement une parjure.  La Guinée fut et reste une nation paria. Ignorée de par son retrait du monde pendant plus de 50 ans, elle ne fait la une qu’à l’ occasion de crimes commis par l’état qui posent des interrogations aux spécialistes du droit international sur l’énigme embarrassante et la faillite flagrante qu’elle est devenue.  Ne pas admettre que le PDG fut la source de cette  décadence est une piètre incompréhension de l’histoire où– il faut rappeler - rien n’arrive ex-nihilo. Cette incapacité navrante de la part d’un politicien qui se promet de donner des leçons aux générations nouvelles est la raison de l’exercice de sublimation du passé à laquelle  Mr. Somparé se livre. Son pari d’« apporter l’expérience … vécue aux générations futures » et  « avec l’espoir que ça va leur servir pour éviter certaines choses et peut-être louer certaines valeurs qui font défaut aujourd’hui à la jeunesse » n’est que de l’outrecuidance.  Mr. Somparé  personnifie la seule forme de réussite que les systèmes politiques guinéens acceptent de la part des intellectuels : celle d’être des  jouets des dictatures sanglantes et des marionnettes de caudillos de village. Il est l’exemple de l’engluement graduel dans lequel s’enferment ceux qui ont choisi de conjurer la réalité par de  la prestidigitation verbale.   Cependant, il y a une limite au bagout, même en politique. On ne peut pas continuer à faire de l’écartèlement,  à vouloir appartenir à tous les camps et  à chercher à être l’ami de tout le monde sans se ridiculiser ou tomber dans la désuétude.

On attend de Mr. Somparé  autre chose que des vœux pieux de progrès pour le pays. L’enfer guinéen est suffisamment pavé de bonnes intentions.  Pour l’acteur politique qu’il fut on espère plutôt  des explications : Son entrée au bureau fédéral de Labé et ses luttes pour entrer au bureau fédéral de Conakry. Par quel moyen il accéda au comité central du PDG?  Comment le mathématicien qu’il est se retrouva à la tête de la radio d’état ? La propagande étant essentielle à la  survie du régime, à quelles besognes fut-il assigné ?  Il serait difficile de faire croire qu’il a accédé à de telles responsabilités par accident.  Aussi, on aimerait avoir des  explications  sur  la tentative d’enlèvement d’Ibrahima Kaké lors de la visite de Sékou Touré à Paris alors qu’il était ambassadeur. Quels furent ses rapports avec Émile Cissé à Labé alors qu’il était jeune fonctionnaire? Par quels mécanismes il accéda à la tête du PUP ? Quelle fut aussi  sa position  lors de l’arrestation d’Alpha Condé ? Comment et dans quelles circonstances il succéda à  l’ancien président de l’assemblée El hadj Biro? etc. 

Au crépuscule de sa vie, et au terme d’un parcours durant lequel il aura accompagné la décadence de la nation, Mr. Somparé n’a aucun mot de regret et n’exhibe aucun signe qui laisserait  la place au dialogue.  Il eut  l’opportunité d’être l’un des tenants des pouvoirs prédateurs qui sévirent dans notre pays. En bon commis comblé par des honneurs immérités, il décida de ne rien faire pour y remédier. Un  minimum de courage lui aurait permis de combler des ambitions  personnelles ou de rentrer dans l’histoire en  mettant  fin à la  longue agonie de Lansana Conté qui fit le lit à l’avènement du psychopathe, Daddis. Somparé admet candidement avoir été au courant de la préparation du coup d’état des années avant, comme s’il ne fut  qu’un simple observateur de  l’histoire de sa nation.  On espère que ses mémoires traiteront de la question de cette troublante démission qu’il partage avec beaucoup de cadres guinéens. Malheureusement tout porte à croire que Mr. Somparé est encore prêt à jouer à l’ignorant ou à la victime ; il  se vante même d’être toujours en forme pour se faire remarquer par le nouveau dispensateur de biens de  Conakry.

Ourouro Bah

Notes:

 1) Émile Cissé était un métis  et  un protégé de Sékou Touré. Ce dernier lui donna carte blanche pour régner sur les populations de Kankan et de Labé. Il fut le  principal du collège de Labé entre 1966-1971 avec des  pouvoirs illimités.   Personnage extravagant  et sans scrupules,  il  usa de ses pouvoirs pour détourner et abuser  sexuellement  plusieurs collégiennes ; il engendra un nombre considérable d’enfants illégitimes. Il épousera une de ces filles. Il l’empêcha d’aller au lycée  après le brevet. Il lui créa une classe au collège où elle était la seule élève pour pouvoir la contrôler, en violation des règles  de l’éducation publique. Les populations de Labé excédées par ses abus se plaignirent à Sékou Touré lors d’une conférence de « bouche ouverte » en 1967. Sékou défendit son poulain. Il insulta  publiquement son ancien bienfaiteur Samba Cissoko, un des  premiers militants du RDA à Labé, dont Émile Cissé  avait licencié la fille  de l’école parce qu’elle avait refusé ses avances. Le public outragé  hua Sékou Touré. Quant à  Samba Cissoko, il ne survivra pas au fait d’avoir été traité de menteur en public. Il mourra quelques jours après la conférence.  Émile Cissé joua un rôle  central dans la fabrication du « complot » qui emporta les Kaman Diaby, Fodéba et Diawadou en 1969.  Il personnifie à sa façon le mécanisme des complots. Il  monta l’affaire pour se venger de certains de ses « amis » qui narguaient ses prétentions intellectuelles. Sékou Touré de son coté en profita pour se défaire de fidèles compagnons et d’adversaires qui s’étaient ralliés à lui et pour infiltrer les casernes militaires. Émile Cissé sera nommé gouverneur de Kindia où il supervisa les tortures au camp Kémé Bouréma. Il mourra comme il avait sévi, de  « diète noire »,  au camp Boiro.

2) Kalédou : Situé à 20 km environ de Labé, Kalédou  était l’ancienne école coloniale de Popodra.  Émile Cissé y érigea un centre d’éducation. Pour ce faire, il  détourna des dotations en matériel de construction de la région de Labé. Il prétendait ériger une « cité socialiste». En réalité ce fut un lupanar où Émile entretenait un harem de jeunes adolescentes ; elles paradaient avec lui lors de ses déplacements, en tenue militaire  avec des  mitrailleuses.


 

7 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Amadou22/11/2011 12:54:58
merci infinment KOTO de ns avoir rpl lhistoir de ce ki on mis le pays à genou
DIABY22/11/2011 13:43:54
Bjr monsieur BAH
d'après mon constat il est trop tot de dire quoi que ce soit sur l'oeuvre de monsieur Sompare et vu la position et le role de monsieur Sompare ds la vie politique guinéenne,je ne pense pas qu'on peut lui repprocher à part son silence coupable durant le temps qu'il a eu à passer dans l'administration guinéenne et cela a été pour lui sa conviction personnelle ,de servire tout en évitant de faire du mal à autrui tu l'a bien dis qu'après la réunion d'urgence lui en personne est venu te voir pour te dire combien il ne comprennait pas la situation qu'est ce que vous avez fait après votre fuite du pays ?Et qu'est ce que vous vouliez? qu'il fasse comme vous ?Fuire le pays?
Oumar Wann22/11/2011 14:38:57
En lisant ton passionnate histoire, mes pensees etaient portees vers toi. J'etais heureux de voir a la fin ma pensee se confirmer. Cette histoire m'a rappele celle d'une femme qui avait recontre son experience avec le feu N'Faly Sangare. J'ai beacoup aime ses deux histoires, surtout celle de N'Faly Sangare.

Le peuple de Guinee a besoin de contraitre son histoire non pas pour monter les uns contre les autres mais pour aider a cerner qui a fait quoi et jetter les bases d'une veritable reconciliation nationale.

Salutations a toi

Wann
Mamadou Saliou Kankalabe Diallo22/11/2011 15:31:41
Somparé a des comptes a rendre a la guinée, par ce qu'il a enormement contribuer a mettre la guinée la ou elle est aujourd'hui, c'est a dire un pays completement detruit.
Si Alpha Condé a dit qu'il a hérité d'un pays, mais pas un état, je pense que Mr Somparé doit etre l'un des premiers perssonnes qu'il doit demande des comptes.
souaré23/11/2011 10:26:59
Mr Somparé,je vous félicite pour votre il faut retracer la vraie histoire de la guinée.
Ces gens qui vous attaquent sont des haineux et ils veulent de vérité pour ce pays.
ousmane bangoura23/11/2011 12:28:26
L'enfer ce n'est pas moi mais les autres. Somparé "memoire d'une décadence" . vous allez un peu fort monsieur.Je ne connais pas un fonctionnaire, un grand commis de l'état qui a servi avec moins de dégats collatéraux que somparé que vous trainez aujourd'hui dans la boue et dans la haine d'un réglement de compte absurde.S'il ya en guinée une personne qui a autant d'amitiés sincères avec toutes les ethnies c'est bien somparé. Croyez-moi je suis sûr que nous avons des milliers de gens qui en deux de services ont commis des actes 100 fois plus graves et plus odieux que les 40 années de somparé dans notre administration.Méfiez-vous de ne vous voir à ceux qui ne sont pas ou supposés pas être de votre camp que des ennemis.Vous commencez à critiquer un livre qui n'est pas encore sorti. Vous trouvez cela digne d'un universitaire (je suppose que vous l'êtes)? Vous avez peur qu'il sorte son livre? Somparé est un monsieur d'un certain âge plus proche de la mort que de la vie selon socrate.Mais en son temps il fût le plus brillant esprit que notre pays aie connu et s'il n'écrit pas son livre ce sera une partie de l'histoire de notre pays perdue à jamais.Quelle que soit l'origine ethnique de qui que ça soit , l'intelligence de somparé était à une année lumière de celle de ses condsciples.Si on devait peser les actes de somparé durant 40 années ce sera nettement à son actif. je tenais à vous le dire.Je suis de la même promotion que ce monsieur et si aujourd'hui il ne fait pas la pluie et le beau temps il reste quelqu'un de bien.bien à vous .ousmane bangoura . docteur en chimie profeseur retraité. france
ousmane bangoura25/11/2011 12:34:50
Suite à ce que j'ai déja écrit ci--dessus je me demande si nous nous trompons pas de cible.Suite au déces du président conté qu'aurions-nous dû faire selon la loi fondamentale?Le président de l'assemblée nationale en l'occurence Somparé assure l'intérim jusqu'aux nouvelles élections.Tous les partis poliques sans exception du fait du poids politique que représentait le PUP n'ont pas voulu jouer le jeu démocratique qui a permis à notre dadis national de s'installer et de dicter sa loi que chacun de nous connait. Ne dites pas que ce n'est pas vrai car il suffit d'un come back sur les discours de tous les leaders à l'époque des faits pour sans convaincre.Lorsque ça a commencé à sentir le vinaigre et le mal était déja certains se posaient la question du silence de somparé qui a 100% RAISON car peuple ingrait tu n'auras pas mes os(ciceron).Aujourd'hui à peine sorti de l'oubli où chacun de nous l'avait jeté nous voulons le censurer à son droit le plus élémentaire: l'expression par l'écriture qui restera lorsque les paroles s'envoleront.SERVIR LES DEUX PREMIERS PRESIDENTS DE NOTRE PAYS JUSQU'A LEUR RAPPEL A DIEU TOUT PUISSANT CE N'EST PAS RIEN NI DONNE A TOUT LE MONDE.Plus de 40 années au service de son pays sans discontinuté comparé à certains qui au sommet de la gloire ont pris la tangente et reviennent par retournement de veste. Ce n'est pas son cas, qu'il pleuve ou vente il était toujours là.Vous savez la maison qu'il a à conakry combien a-t-il galèré pour la construire sous par sous.Il y 'en a aujourd'hui en un mois ils ont terminé leurs chateaux.Sil s'était enrichi et en avait la possibilité comme certains il serait millionnaire aujourd'hui en euros. Est-ce le cas?Laissez notre Talleyrand et Machiavel national terminer ses mémoires ce sera pour le bien de la génération future. bien à vous. ousmane bangoura
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Gaetan Mootoo d'Amnesty international, sur les massacre et viols du 28 septembre en Guinée

Par Christophe Boisbouvier

« Les tortionnaires ont franchi une étape inimaginable. Des militaires déchiraient les vêtements des femmes avec une telle violence, parfois avec des couteaux ou la baïonnette, les violant en public. C'était la barbarie dans toute son horreur ».
SOURCE : RFI

 
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Elhadj Saikou Yaya Barry

 
 


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