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Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l'humanité, remis à la CPI


2011-11-30 09:27:26

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, écroué à La Haye dans la nuit de mardi à mercredi, est soupçonné par la Cour pénale internationale de quatre chefs de crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011.

"Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l?humanité à raison de meurtres, de viols et d?autres violences sexuelles, d?actes de persécution et d?autres actes inhumains", a annoncé la CPI dans un communiqué.

La CPI a confirmé l'incarcération de M. Gbagbo, 66 ans, sous le coup d'un mandat d'arrêt, au centre de détention de la Cour, à La Haye, où il a été transféré après son arrivée en avion à l'aéroport de Rotterdam (ouest).

L'ex-chef d'Etat, le premier livré à la Cour depuis son entrée en fonction en 2002, va assister "prochainement" à une audience de comparution initiale, destinée notamment à vérifier son identité, à l'informer de ses droits et des crimes qui lui sont imputés, selon la CPI.

Celle-ci pourrait avoir lieu jeudi ou vendredi, a indiqué à l'AFP un membre du bureau du procureur. Elle sera suivie dans les prochains mois d'une audience de confirmation des charges au cours de laquelle les juges examineront si les éléments de preuve avancés par l'accusation sont assez solides pour la tenue d'un procès.

M. Gbagbo, dont le refus de céder le pouvoir après la présidentielle de novembre 2010 avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3.000 morts, était détenu depuis avril dans une résidence à Korhogo (nord de la Côte d'Ivoire).

"Justice sera faite pour les victimes ivoiriennes de crimes commis à grande échelle : M. Gbagbo est le premier à devoir rendre compte de ses actes. Il ne sera pas le dernier", a mis en garde le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo dans un communiqué.

  Allassane Ouattara avait demandé le 3 mai à la CPI d'enquêter sur les "crimes les plus graves" commis lors des violences, la justice ivoirienne se chargeant des crimes économiques, des crimes de sang et des crimes contre la sécurité de l'Etat.

Les juges avaient autorisé début octobre le procureur à enquêter en Côte d'Ivoire, estimant qu'il y avait "une base raisonnable" de croire que des attaques avaient été commises contre la population civile à la fois par le camp de Laurent Gbagbo et par celui d'Allassane Ouattara entre le 25 février et le 6 mai.

En visite à Abidjan, le procureur de la CPI avait promis le 15 octobre une enquête "impartiale" qui ciblerait "trois à six" personnes" ayant les plus lourdes responsabilités dans les crimes commis lors de la crise, dont il n'avait dévoilé ni les noms ni le camp.

Dans le mandat d'arrêt sous scellé délivré le 23 novembre et rendu public mercredi, les juges estiment l'arrestation de M. Gbagbo "nécessaire" pour notamment "garantir qu'il n'usera pas de son pouvoir politique ou de ses moyens financiers pour faire obstacle à l'enquête".

"La décision de poursuivre seulement le président déchu à ce stade risque d'être explosive sur le terrain", a commenté Francis Dako, coordinateur pour l'Afrique de l'ONG Coalition pour la Cour pénale internationale, dans un communiqué, en mettant en garde contre une "justice des vainqueurs".

Parallèlement à l'enquête de la CPI, des enquêtes nationales sont menées par la justice ivoirienne. Laurent Gbagbo et son épouse Simone, en détention à Odienné (nord-ouest), ont ainsi été inculpés en août pour "crimes économiques" commis durant la crise.

Au total, plusieurs dizaines de personnalités du régime déchu, civils et militaires, sont détenues pour crimes de sang, atteinte à l'autorité de l'Etat ou crimes économiques.

La CPI est le premier tribunal pénal international permanent chargé de jugers les auteurs de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Source : AFP


 

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VOS COMMENTAIRES

lamine bah30/11/2011 11:00:13
leçon à apprendre pour tous les dictateurs ainsi que notre bébé dictateur Alpha condé, on ne peut plus tué impunément, même si aux sein de la communauté international, il y a ceux qui sont hypocrites mais, croyez moi, parmi eux, il y a ceux qui sont correctes et sincère. un parole prophétique, la ou gbagbo, est logé comme ça là my friend, il ne sera jamais libre, s'est son Corp qui va sortir l'abad
Traoré30/11/2011 11:21:13
Pourquoi pas l'ex-président MOUSSA DADIS CAMARA?.Dadis,Alias Coplan et Moussa Tiégboro sont coupables de crime contre l'humanité le 28/9/2009 à conakry.La Question aujourd'hui pourquoi les criminels sont protéger par le gouvernement de RPG????.NB:La réconciliation nationale ne peut point être une réalité sans la justice,en conséquence nous demandons le gouvernement d'établir la justice,et d'arrêter la confusion,notre pays ne sera plus comme avant,nous sommes fatigué de la présence des criminels au sein de l'arme.
Redempteur30/11/2011 12:14:02
Après Laurent Gbagbo , la communauté internationale doit oeuvrer pour l'arrestation de l''actuel président de la Guinée, ami de longue de l'ancien dictateur de C.Ivoire. Alpha a inventé l''empoisonnement de ses militants avant de programmer l'extermination des peuls en Haute Guinée, c'est sur ces cadavres que le communiste est arrivé au Palais Sèkhoutouréya. Vivement son arrestation et extradition aux cotés de son ami Gbagbo
Diallo30/11/2011 22:29:01
Aujourd'hui c'est Laurent Gbagbo demain ça sera le tour d'un autre sanguinaire. Ceci constitue un grand avertissement envers les présidents dictateurs. Si Alpha Condé continue dans cette lancée bientôt il va s'expliquer lui aussi ses crimes à la Haye.
Tamba30/11/2011 23:56:32
je jure que si Alpha reste au pouvoir encore un an,il finira à la CPI
Mamadou S. Diallo01/12/2011 02:26:30
L'ironie est que Gbagbo beneficiera de ce qu'il a toujours refuser aux autres: le droit a la justice. Le droit de ce defendre contre toute les allegations et le droit a la presomption d'innocence j'usqua la preuve du contraire.
BILL01/12/2011 06:50:31
Tout ceci n'est que du théâtre politique. Gbagbo est le père du multipartisme en Côte d'ivoire qu'on le veuille ou pas.L'homme est victime de sa vision de président libre, qui n'a jamais accepté d'être un simple figurant à la tête de son pays â la solde de la France.
Les despotes comme Sassou, Wattara, Biya,N’guema,Bongo,
Eyadema,Jhonson,Ping,Diouf et consors,sans oublier le novice ALPHA CONDE,voilà la vermine de personnes qui dévrait être transférée devant ce fameux tribunal de la honte pour qui ose dire à la politique de colonisation moderne de l'occident.
Quel est le président africain opposé à la politique de domination Occidentale encore en action?
il n'y a n'a pas un seul, ils paient tous ceux qui les ont mis là où ils sont .Nos président se font et se défont en occident. C’est cela la triste vérité.
On me parlera de démocratie, alors je dirais alors: arrêtez donc de vous plaindre de vos dirigeants.
Auger bernard06/12/2011 11:02:59
Il n'y a pas de fumée sans feu ! Tout le monde sait très bien que la France a tout fait en Côte d'Ivoire pour que Ouattara soit élu tout comme Alpha Conde en Guinée! C'est cela la DEMOCRATIE à la Française !