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La Guinée des périls : Kouyaté ferait-il des kilomètres pour changer de maître ?
La Guinée périclite mais notre Premier ministre, en bon « kouyanaute » s’envole, une fois de plus, vers les pays du Golfe. Que quête M. Kouyaté au Koweït ? De l’argent ! Il sait où le trouver. C’est pourquoi vous n’aurez aucune chance de le rencontrer à Djibouti. Il préfère les « pétromonarchies » pour un bain dans les piscines de dollars afin d’en être imbibé. Le pèlerinage à Koweït-city serait-il le cinquième pilier de Ladji Lansinè Kouyaté ? Ce dernier ( dans tous les sens du terme ) demeure l’agent très spécial que guide Kadhafi mais l’investissement de celui-ci n’ayant pas porté les fruits escomptés, le chef libyen pourrait vouloir récupérer sa mise. Et si Kouyaté cherchait à contracter une autre « dette » pour désintéresser son actuel maître de Tripoli ? Ne serait-il pas en train de changer de maître en changeant de fournisseur ? Tout nouveau, tout beau ? C’est tout de même étonnant qu’un avion spécial vienne chercher M. Kouyaté à Conakry au moment où on y parle de déficit alimentaire. D’autant plus qu’un petit avion ( ne faisant l’objet d’aucun audit ! ) qui « promène » souvent M. Kouyaté est bien visible à Gbessia. On verra bien si notre Premier ministre, accompagné de sa délégation aussi forte que lourde, respecte l’habituelle escale de Tripoli. En tout cas, il a eu la prudence de se faire accompagner de son épouse car on ne sait jamais ! Le colonel Kadhafi sait au moins qu’il ne faudrait pas humilier un homme devant sa femme. M. Kouyaté nous roule, comme toujours, dans la farine…de manioc ( crise de riz oblige ! ). C’est un drôle de boulanger. Pour son assurance-vie politique il sait vers où orienter l’arrosoir à fric. Il a réussi à tremper Conté, déjà mouillé, ainsi que l’entourage conjugal et « proche parental » du chef de l’Etat. Il n’oublie pas certains médias comme le site à sa dévotion ( la « voie de Kouyaté » rappelant la « voix de la révolution » ) dont le fondateur et porte-parole électronique a été invité à Rfi le 1er mai 2008. Les propos tenus étaient d’une platitude déconcertante, l’invité qu’on aurait dû éviter répondant aux questions par d’autres questions ! Forcé d’aller à l’essentiel par celui qui l’a invité, l’intéressé a fait le bilan de M. Kouyaté, malgré les soi-disant ennemis de son changement : 13000 fonctionnaires fictifs démasqués, 16000 emplois créés ( chiffres trop ronds pour être honnêtes ; pourquoi pas 13 947 et 16 958 rappelant astucieusement l’année de la création du PDG et celle de l’indépendance ? ), la puce téléphonique gratuite, la création de la CENI, etc... Pour la création d’emplois, parlons-en ! Par qui les 16000 postes en cause sont-ils occupés ? Probablement par les membres de ses pullulants ( et purulents ? ) comités de soutien à son action néfaste. Il s’agit de brigades de « kouyatons » dont l’encadrement clanique serait rémunéré par M. Kouyaté sur les fonds publics. En revanche, l’emploi de l’ex syndicaliste Fofana est bien visible. Ce « docteur » qui n’a plus de contact avec aucun malade ni aucun travailleur syndiqué ou non est pratiquement un ministre sans portefeuille précis dans le gouvernement de M. Kouyaté. Il aura été l’instrument de la fissure du mur syndical. En réalité, la priorité des Guinéens ne peut être la puce téléphonique mais comment se procurer du riz ( de variété « bara-bara » ou non ) tout en se débarrassant des vraies puces et autres parasites qui affectent en permanence leur santé ! Quant à la CENI, elle semble plutôt sénile, faute de financement. Elle a vieilli avant de grandir et pourrit avant de mûrir ! N’ayant même pas de bureaux, comment pourrait-elle fonctionner ? Son bourreau n’est autre que M. Kouyaté lui-même qui préfère financer la construction de monuments macabres. Pauvre Ben Sékou Sylla, couronné comte mais sans comté ! Ses collaborateurs, qui espéraient se sucrer, bénéficient d’un titre mais voudraient plutôt de l’argent, « nerf de la guerre ». Ils n’ont même pas un nerf de bœuf pour se défendre, le cas échéant ! Faudrait-il des sous pour Sékou, le patron ( qu’est-ce qu’on aime ce mot en Guinée ! ) de la CENI ? Pour faire quoi ? Il ne faut jamais perdre de vue que cette commission n’est qu’un piège à sous ! Elle a été instituée uniquement pour récolter des fonds internationaux à des fins privées et rien ne permet d’affirmer que les prochaines élections seront transparentes, du moins quand on voit l’état d’esprit de ceux qui en seront les organisateurs. Epouvantable destin que celui de la Guinée où sévit le chômage alors que tout reste à faire. Sa caste dirigeante a une conception curieuse de la politique : s’enrichir sans jamais investir. Pour elle, voler l’Etat c’est prendre sa part et le développement est synonyme de comptes bancaires garnis. La corruption gangrène tout et, comme le poisson, le pays pourrit par la tête. Plaie d’argent n’étant pas mortelle, nos leaders restent toujours assoiffés d’en avoir. Tout est sacrifié pour obtenir quelque chose car nos leaders pensent qu’on n’est rien si on n’a rien. Le scandale est le sacrifice des animaux dont raffole particulièrement M. Kouyaté. Il a dû commencer probablement par un œuf, ensuite par un poulet ( ou un canard ) et un mouton. Ses finances s’améliorant, il aurait sacrifié des bœufs noirs puis des chevaux blancs. Maintenant, on nous parle de chameaux. Pour le moment, pas d’éléphant car cet animal qu’on peut abattre ( par une arme de guerre par exemple ) ne doit pas être facile à égorger ! Les bêtes sacrifiées en Guinée pour la conquête du pouvoir sont de plus en plus énormes. A quand une baleine ? Un bon dirigeant n’est pas nécessairement parfait. C’est comme pour toute limite, on tend vers la perfection mais on ne l’atteint jamais. L’essentiel est que le bon exemple vienne d’en haut. Que pense un citoyen de son gouvernement si, par exemple, le ministre des finances ouvre des comptes bancaires personnels en devises hors de son pays, le ministre de l’éducation nationale scolarise ses enfants dans des écoles privées, le ministre de l’habitat se fait construire des villas à l’extérieur, etc… ? La politique requiert un minimum de morale. Même si on pense à soi, ce qui est humain, il ne faut jamais oublier les autres. Nos chefs ne sont pas éclairés ; ils sont éblouis par l’argent et n’ont aucun sens du partage. La bauxite qui les excite serait-elle maudite ? Je vous souhaite le bonjour !
Ibrahima Kylé DIALLO
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