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2011-12-06 12:25:14
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l'humanité, a accusé l'armée française d'avoir orchestré son arrestation lors de sa première comparution lundi devant la Cour pénale internationale de la Haye.
"J'ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises", a dit M. Gbagbo, 66 ans, premier ex-chef d'Etat remis à la Cour, soupçonné de crimes commis à la suite de l'élection présidentielle de novembre 2010.
"C'est l'armée française qui a fait le travail", a-t-il assuré, relatant pour la première fois son arrestation, lors de sa première comparution devant la CPI, entrée en fonction à La Haye en 2002.
Laurent Gbagbo est soupçonné d'être "coauteur indirect" de crimes contre l'humanité lors des violences post-électorales de 2010-2011, à savoir meurtre, viol, actes inhumains et persécution commis par ses forces entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.
Son refus de céder le pouvoir à son rival et actuel président Alassane Ouattara à la suite de la présidentielle de novembre 2010 avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3.000 morts.
Interrogé par la présidente Silvia Fernandez de Gurmendi sur ses conditions de détention, l'ancien président ivoirien a assuré que celles-ci étaient "correctes", mais, a-t-il ajouté, "ce sont les conditions de mon arrestation qui le sont moins".
"Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence (présidentielle, ndlr) pendant que les hélicoptères la bombardaient", a assuré M. Gbagbo, vêtu d'un costume sombre, d'une chemise blanche et portant une cravate bleue marine.
"J'ai vu devant moi mourir mon ministre de l'Intérieur", a-t-il poursuivi : "mon fils aîné est encore détenu en Côte d'Ivoire, je sais pas pourquoi on l'a arrêté, peut-être parce qu'il est mon fils, je l'ai vu battu".
Lors de l'audience, qui a duré moins d'une trentaine de minutes, les juges ont vérifié l'identité du suspect et se sont assurés qu’il avait été informé clairement des charges portées contre lui et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour.
Laurent Gbagbo, détenu jusque-là en Côte d'Ivoire, avait été écroué mercredi dernier au centre de détention de la CPI, qui siège à La Haye.
"Je suis venu sans rien, sauf avec ma chemise et mon pantalon, sans rien du tout", a raconté l'ex-chef d'Etat, assurant ne pas avoir été prévenu de son transfert aux Pays-Bas.
Le procureur sortant de la CPI Luis Moreno-Ocampo a assuré, dans un entretien téléphonique à l'AFP à l'issue de l'audience, que le transfert de M. Gbagbo était "la responsabilité du gouvernement ivoirien".
Sur ses conditions de détention en Côte d'Ivoire, l'ancien président a dit : "je ne savais ce qu'il se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit."
"Maître Altit (son avocat, ndlr) est venu jusqu'à Korhogo pour me voir et on l'a empêché de me rencontrer. Ca a été tout le temps comme ça : une bataille entre mes avocats et mes geôliers", a-t-il soutenu.
"Si on m'accuse, c'est qu'il y a des éléments de preuve", a en outre déclaré M. Gbagbo, qui était sous le coup d'un mandat sous scellés émis le 23 novembre et rendu public le 30 novembre : "je veux voir ces éléments de preuve et les confronter à ma vérité à moi".
L'audience de confirmation des charges aura lieu le 18 juin 2012, a anné la présidente.
A l'issue de celle-ci, les juges devront déterminer si les preuves rassemblées par l'accusation sont suffisamment solides pour la tenue d'un procès.
"Nous sommes d'accord sur le fait que des crimes ont été commis de tous les côtés (et donc également par le camp Ouattara, ndlr) et doivent donc être poursuivis", a précisé le procureur, qui avait été autorisé début octobre à enquêter en Côte d'Ivoire : "nous avons également dit que nous enquêtons sur plus de dossiers".
Source : AFP
Le porte-parole de la CPI a prévenu que les crimes ont été commis par les deux camps et Laurent Gbagbo est un "coauteur indirect". L’autre ou les autres coauteurs pourraient donc être Alassane Ouattara et ou Guillaume Soro. Ils pourront être aussi arrêtés après leur départ du pouvoir. Ce serait de la justice pour tout le monde et non seulement des et pour les vainqueurs.
VOS COMMENTAIRES | |
| lamine bah | 06/12/2011 15:59:35 |
| Sur la déclaration de M.. gbagbo, à layer, il y a un point qui retient mon attention, c'est lorsqu'il a dit qu'il n'a pas de problème. Encore une fois de plus, il a prouvé au monde son stupidité, sinon comment tu peux te retrouver en prison quelque soit la condition de ta détention, tu ne dois pas dire que tu n'as pas de problème, c'est ridicule. . . | |
| Auger bernard | 06/12/2011 18:07:40 |
| Il n'y a pas de fumée sans feu ! Tout le monde sait très bien que la France a tout fait en Côte d'Ivoire pour que Ouattara soit élu en toute transparence tout comme Alpha Conde en Guinée! C'est cela la DEMOCRATIE à la Française ! | |
| Koro Kemoko | 12/12/2011 03:20:54 |
| Auger Bernard, selon vous les africains doivent endurer tout de leurs leaders sanguinaires et cupides, tant que la France n'intervient pas? Donc Dadis Camara pouvait continuer a faire tuer son peuple aussi longtemps qu'il continuait a s'auto-proclamer "revolutionnaire"? Qu'est-ce que Sekou Toure a apporte a la Guinee durant son lomg regne ou il pretendait sauver la dignite des guineens et des africains? Aucun Pr n'a besoin de tuer ses concitoyens pour leur apporter le bonheur. Seule la conquete du savoir peut apporter a un peuple son autonomie reelle. Construire beaucoup d'ecoles et promouvoir une politique agraire ambitieuse sont les choses qui vont nous liberer de toute dependance. Gbagbo n'etait pas un democrate, mais un criminel. Alors apprend a le connaitre avant de l'adorer! | |