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2011-12-18 00:21:45
Un célèbre homme d’Etat français n’a-t-il pas dit que les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient ? Dans notre pays, la Guinée déjà, deux chefs de partis politiques en ont pour leur compte. Ce sont Lansana Kouyaté et Papa Koly Kourouma. Si pour Kouyaté, l’affaire est déjà dans le sac (nous avons vu sur Guineenews le gourmand accord signé avec Alpha), pour Papa Koly, la promesse qui lui a été faite de ramener Dadis libre en Guinée est tout simplement irréalisable. Cette affirmation peut sembler péremptoire ; mais en parcourant les faits ensemble, nous verrons facilement pourquoi il en sera forcément ainsi dans un avenir pas très lointain.
En effet, après le Premier Tour des Présidentielles 2010, Alpha n’a eu que 18% des voix dans un scrutin considéré comme le plus honnête depuis le Référendum de 1958. Alpha était littéralement effondré en constatant son faible mais réel poids politique en Guinée. Dès lors l’équation vitale à résoudre pour lui était toute simple à poser, mais difficile à résoudre : comment accéder au fauteuil présidentiel qu’il a toujours convoité avec un score aussi faible face à un adversaire qui avait 44% des voix ? Pour y parvenir, il fallait jouer le tout pour le tout, n’hésiter devant aucune solution, convaincu qu’il est que le vainqueur n’a pas de compte à rendre, n’a pas à s’expliquer puisqu’il détiendra déjà le POUVOIR POLITIQUE, le seul qui compte véritablement. Face à des adversaires moins expérimentés et surtout moins déterminés, il y a donc eu des alliances avec 118 partis politiques, des manœuvres sur le fichier électoral, de l’empoisonnement d’eau pour casser l’alliance avec le parti majoritaire et enfin de très nombreuses promesses évidemment irréalisables. Si seulement une partie des promesses avait été tenue, la Guinée se serait retrouvée avec un gouvernement de 100 membres avec 4 premiers ministres !!
Je me demande jusqu’à présent comment Papa Koly et certains cadres politiques de la Forêt ont pu croire qu’Alpha peut valablement protéger Dadis alors que le monde entier parle de crime contre l’humanité commis pendant que ce dernier était chef d’Etat ? On peut même les taxer d’avoir exploité l’ignorance des populations en vendant leurs voix à Alpha contre des postes ministériels pour eux exclusivement. Sinon, comment ne pas avoir compris à temps que Alpha est l’une des personnes clés ayant mis Dadis sur le chemin du TPI ? Déroulons juste ensemble le chemin parcouru depuis la mort du Président Conté. Le Grimpeur en bon calculateur averti par son réseau resté toujours actif, descend de l’avion à Conakry juste quelques 48 h avant le décès de Conté. Faute d’avoir lui-même organisé le coup d’état du 23 décembre 2008, il fallait tout faire pour contrôler le CNDD dont le chef n’a pas manqué de dire qu’il était un ancien membre du RPG quant il était à l’université. Quel bonheur pour Alpha d’avoir pratiquement un de ses militants à la tête de l’Etat qu’il s’apprêtait à conquérir. Dès lors des manœuvres s’engagent visant essentiellement Cellou Dalein car Alpha comprenait justement que c ‘est l’adversaire à abattre s’il doit accéder au fauteuil que Dieu venait de libérer en rappelant Conté à lui. Malheureusement pour Alpha, l’arme des audits commence à s’essouffler le jour où, dans le dossier Friguia, l’ambassadeur Millimono expliqua publiquement que c’est à lui personnellement qu’instruction avait été donnée de procéder à la transaction avec les russes. Dadis s’est alors fâché, ou fait semblant, en se demandant pourquoi l’on a dérangé Cellou et instruit de le laisser tranquille. Plus tard quand Dadis a voulu garder le pouvoir pour lui à travers des « élections », il devenait l’homme à abattre.
Le grand massacre du 28 septembre 2009 est le résultat du complot contre Dadis, en fait contre la Guinée puisqu’il est finalement devenu un crime contre l’humanité. Il a lui-même dénoncé l’absence d’Alpha du stade ce jour-là en disant qu’il est rusé et méchant et qu’il a piégé ses partenaires politiques. En fait, il a fait d’une pierre deux coups : exposer dangereusement les autres leaders politiques et griller définitivement Dadis, jeune chef d’Etat impulsif et sans expérience. Il savait qu’en aucun cas ce dernier ne pouvait rester au pouvoir après ces douloureux événements du stade. Bien entendu, une telle chose n’a pas été accomplie sans complicités : sinon comment expliquer que Konaté, son adjoint à l’époque, soit absent au moment des grands événements. Comment peut-il aller pour des condoléances au moment où la capitale allait s’embraser et s’arranger à revenir au moment où tout est fini ? Comment le ministre de la défense a-t-il pu laisser son armée massacrer la population qu’elle est censée protéger ? Quels sont les gens qui ont participé à la réunion restreinte au bureau de Dadis dans la nuit du 27 au 28 septembre 2009 au cours de laquelle le schéma du massacre a été élaboré ? Qui était dans la Mercédès noire stationnée à côté du stade annexe pendant que les militants pacifiques se faisaient massacrer dans le grand stade ? Pourquoi Papa Koly lui-même à la télé indique un chiffre ridicule comme bilan des victimes ? Etait-il au courant du plan du Lt-Colonel Diaby, ministre de la santé, qui a consisté à extraire les blessés graves de leur lit d’hôpital, les achever et les enterrer dans des fosses communes ? Rien ne pouvait plus être caché car les chefs de quartiers concernés connaissent là où sont ces fosses et les fins limiers du TPI sauront aisément refaire le décompte macabre réel.
Ceux qui ont cru aux promesses d’Alpha à l’égard de Dadis se sont laissés tromper eux-mêmes. L’affaire est trop grave pour être délaissée banalement. Bien entendu, il n’est pas question de mettre tout sur Dadis, Pivi, Tiégboro, le neveu de Dadis ou autres officiers originaires de la Forêt seulement. Il y a les instigateurs comme Moussa Keïta (Dadis ou la mort), les généraux Baldé et Toto Camara pour ne citer que ceux-là. Bref ce n’est pas une affaire d’ethnie ; et comme nous mettait en garde le brillant Faya Millimono : il faut que les dénonciations des fautes et des crimes d’une personne cessent d’être imputées à sa communauté, à son ethnie. D’ailleurs nous avons à faire ici à une affaire qui dépasse le cadre national de la Guinée, c’est un crime contre l’HUMANITE. Qui pourrait dans ce contexte croire à la promesse d’Alpha de rendre Dadis à ses amis guinéens. Si le paysan de Gouéké pouvait me lire, il aurait demandé aux politiciens de la région qui se sont laissés duper de lui rendre des comptes. Il aurait compris qu’Alpha, après avoir poussé son frère à la faute ne pourra plus rien pour lui. Il va l’abandonner. Il comprendrait que la meilleure garantie pour Alpha est que Dadis soit loin, qu’il soit au TPI pour toujours.
Cependant, bien que l’affaire soit inéluctable, des voies de solution sont possibles : 1) Alpha invoque le manque de moyens financiers pour juger tout ce monde en Guinée et remet directement l’affaire au TPI 2) Alpha invoque le risque de troubles à l’ordre public et remet encore l’affaire au TPI 3) Alpha laisse libre cours aux tribunaux à compétence universelle s’occuper de l’affaire et s’engage à faciliter leurs enquêtes sur le sol guinéen. Toutes ces solutions sont à sa portée immédiatement.
La solution la plus rapide que je propose est que Toumba Diakité accepte de se sacrifier une fois de plus pour la Guinée en se mettant volontairement dans les mains du TPI à La Haye, ce qui déclencherait immédiatement la procédure. En faisant cela, il se protège lui-même, arrête la liquidation encours de sa famille et libère Alpha de cette promesse trompeuse et irréalisable.
Par BALDE Kandia-Haïdara
VOS COMMENTAIRES | |
| Fatim | 19/12/2011 09:22:20 |
| Tout ce que nous voulions savoir était - Est ce qu'un piège qui a été tendu à Dadis par les politiciens ou une faute intentionnelle .Au finish on comprend sur toute la ligne qu'effectivement un piège a été tendu et malgré cela on continue à tirer sur la corde. | |