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Guinée: la chasse aux cadres peulhs par le système d’Alpha Condé bat son plein2012-01-09 09:33:19 Les cadres peulhs font l’objet de toutes les persécutions, de toutes les discriminations et de toutes les injustices de la part du système dictatorial d’Alpha Condé. C’est une vraie chasse aux sorcières qui est en cours en Guinée contre les cadres peulhs de l’administration et ceux qui travaillent dans les Organisations non gouvernementales (ONG). Le système politique mis en place par Alpha Condé est en train de renvoyer des postes de direction tout Peulh qui ne soit du RPG ou d’un parti allié. Au cours de la semaine dernière, beaucoup de cadres peulhs du département de la santé ont été licenciés sans aucun motif. Il s’agit de trois hauts cadres du Programme National de Lutte contre le Sida. Le Coordinateur Général de cette institution figure parmi ces cadres. Tous ont été victimes, comme bien d’autres, de la purge ethnique qui sévit dans l'administration guinéenne. Ces médecins qui ont été arbitrairement mis à la porte par un décret présidentiel ont été remplacés. Devinez par qui ? Par des personnes de l’ethnie à laquelle Alpha Condé s’est greffé pour revendiquer « sa guinéarité ». Les dernières victimes de la ségrégation du pouvoir guinéen viennent agrandir une liste qui est déjà très longue. C’est le département de l’énergie qui a été l’un des tout premiers à mettre en pratique le discours ethnocentrique d’Alpha Condé. Tous les cadres peulhs d’Electricité de Guinée (EDG) ont été marginalisés avant d’être licenciés en août 2011. Cet acte autant injuste qu’ignoble a conduit les intéressés à adresser le 5 septembre 2011 un mémorandum au Coordinateur Général d’EDG. Ils y ont dénoncé l’injustice dont ils ont été l’objet et avaient affirmé à juste titre : « Depuis sa création en 1961, l’Electricité de Guinée a connu une succession de Quatorze (14) Directeurs Généraux. Mais, c’est la première fois que des cadres d’une communauté de notre nation sont totalement stigmatisés et exclus de la chaîne d’encadrement et de la décision de l’Entreprise. (…) Il est scandaleux d’observer que sur les quarante sept (47) cadres dirigeants dont quarante quatre (44) nommés par vous, il n’existe aucun cadre interne Peulh de l’EDG ». Au ministère de l’Information et de la Communication, les mêmes pratiques ont eu lieu. Dès sa prise de pouvoir, le président guinéen et le ministre de tutelle ont interdit d’antenne des journalistes peulhs ou supposés être proches d’un parti adverse. C’est le cas d’Ibrahim Ahmed Barry, Ciré Dieng et Marie-Louise Sanoussy. Les mêmes injustices et discriminations ont été pratiquées au Ministère des Affaires Sociales, de la Promotion Féminine et de l’Enfance. Dans ce département, plus que dans d’autres, ce sont les cadres de toutes les ethnies qui ont subi les conséquences de l’ethnocentrisme du pouvoir guinéen. Dans 25 postes de direction, seuls 2 Forestiers, 3 Soussous et 3 Peulhs figuraient sur la liste. Cette ségrégation des cadres, notamment peulhs, a été dénoncée par les organisations internationales dont Human Rights Watch. Elle stigmatisait tout récemment les dérives ethniques et anti-peules du pouvoir d’Alpha Condé. En décembre 2011, Corinne Dufka, chercheuse au sein de l’institution internationale dénonçait sur Radio France Internationale (RFI) la tribalisation de la fonction publique guinéenne. Elle affirmait: " Des cadres de l'administration qui ne sont pas issue de l'ethnie du président sont pourchassés. Les militaires malinkés tuent sans aucune poursuite des peulhs favorables au principal opposant" l’Union des Forces démocratique de Guinée de Cellou Dalein Diallo. L’institution elle-même déclarait : « Des pratiques de nomination discriminatoires ont abouti à la désignation par le président d’un nombre disproportionné de personnes appartenant au groupe ethnique malinké ; » L’ancien premier ministre guinéen, Président de l’Union des Forces Républicaines ( UFR) Sidya Touré abondait dans le même sens en affirmant : Malheureusement, c’est le choix fait par Alpha Condé. Un choix anti-guinéen et contre l’unité nationale. Cependant, il devrait savoir que s’acharner sur une ethnie dans le but de la marginaliser, sinon de dresser le reste de l’entité nationale contre elle aboutit forcément à une épreuve de force qui mettrait en danger la paix civile. Cette stratégie pourrait surprendre. Il faudrait se référer à l’histoire et aux déclarations du candidat Alpha Condé pour essayer, non pas de justifier ce qui ne saurait l’être, mais pour expliquer les raisons de cette haine du Peulh. L’injustice contre les cadres peulhs et leur ethnie ne saurait continuer. Les victimes doivent se regrouper en association et envisager toutes les voies et tous les moyens légaux susceptibles de leur rendre justice. Dorénavant, je les appelle à m’adresser tous les éléments qui justifient un acte de discrimination dont ils seraient victimes pour les porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale. Enfin, le président guinéen devrait savoir que les Peulhs ne sont pas résignés et qu’ils n’ont pas peur. Ils voudraient tout simplement éviter la politique du talion. Mahatma Gandhi ne disait-il pas : « œil pour œil et le monde est aveugle » ?
Lamarana Petty Diallo
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