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La Guinée et son modèle de développement basé sur l'exportation des minerais et minéraux bruts.


2012-01-11 18:50:05

Le marché de l'aluminium, porté principalement par la consommation européenne, se contracte ces temps derniers. Simple péripétie économique ou tendance lourde, c'est une actualité obéissant à une tendance connue et continue.

Les chiffres du plus grand groupe mondial, ALCOA sont au rouge au dernier trimestre. Espérons, pour les pays accrochés à la seule bauxite que cela soit temporaire.

Mais la tendance mondiale est, surtout pour les pays émergents, à une production autochtone, très peu dépendante des pays exportateurs. Cela il faut bien le savoir et l'intégrer dans nos schémas de pensée.
Croire que le monde entier en veut à nos richesses, surtout nos "3/4 des réserves mondiales de bauxite"est un formidable mensonge des élites PDGistes qui ont bernés les guinéens durant toute notre histoire, depuis 1958. Idem pour nos "diamants, pétrole, or, platine", bref le tableau périodique des éléments de Mendeleïev qui serait notre propriété à nous, fiers guinéens...

 Il faut modestement se rappeler que ces minéraux existaient sous la croute terrestre bien avant l'apparition de l'homme. Nous ne devons qu'au hasard d'être assis dessus. Aucun mérite particulier des guinéens, il faut le savoir.
 Raison pour laquelle l'idée lancée en son temps par Sékou Touré d'une OPEP de l'aluminium a fait long feu. L'aluminium n'est pas une source d'énergie vitale comme le pétrole, mais en consomme beaucoup pour sa production. L'une des raisons de notre incapacité depuis l'indépendance à avoir une seule fonderie d'aluminium. Malgré toute la phraséologie révolutionnaire et mensongère du PDG qui avait laissé croire que Kamsar en exportant du minerai brut, donc technologiquement moins avancé que Fria, réglerait par miracle tous nos problèmes.

Ismaël Touré est parti avec ses mensonges, son frère et surtout  son Parti-Etat sensé vivre éternellement et révolutionnairement par l'amour que les guinéens étaient supposés lui porter.
Il ne reste plus que le "Professeur" et ses fans pour croire nous ramener au 20ème siècle.

La Guinée n'a rien d'autre, 50 ans après sa "libération" que l'unique usine laissée  par les français à Fria, mais dans quel état aujourd'hui. Heureusement que la fabrique d'alumine des "impérialistes", calquée sur celle de Gardanne en France, a sauvé  les poches de nos dictateurs et permis l'importation de riz distribué par le PDG aux habitants de Conakry pendant 26 ans. Merci qui?
Les guinéens ont donc longtemps été bercés et trompés par des politiciens aux petits pieds, concernant les "incalculables richesses de notre sous-sol". On comprend pourquoi le dynamisme des commerçants peulhs, mettant à mal les théories loufoques du Parti-Etat PDG ne pouvaient plaire à Alpha Condé et ses semblables.

Ce qui était déjà une aberration économique au 20ème siècle le sera encore plus maintenant. Nous risquons un réveil très douloureux si la Guinée ne met pas l'essentiel de son effort à la formation de ses fils, comme le Japon a réussi à le faire au 19ème siècle déjà, et en récolte les fruits aujourd'hui. Ce pays n'a pas un gramme de minerai en propre, il importe tout, mais domine dans beaucoup de domaines technologiques. Le fruit de la bonne formation. Remarquez que les japonais ne passent pas leur temps à se faire donner des titres archifaux comme "docteurs, excellences, honorables" et autres fumisteries habituelles chez nous.
Pourtant la Guinée a l'une des meilleures communautés scientifiques vivant à l'extérieur, nombreuse et bien formée. Le problème, c'est sa composition qui reflète celle de la population guinéenne: environ 50% de peulhs. Déjà que ceux des cadres de cette ethnie vivant à l'intérieur sont frappés d'ostracisme et systématiquement remplacés par les malinkés parents d'Alpha Condé, ce n'est pas demain que ce potentiel formidable pourra être utilisé par notre pays. Les conséquences d'une politique obscurantiste du pouvoir et une réelle incapacité de l'opposition à prévoir le long terme.

Chez nous, l'ignare qui nous dirige actuellement reste obnubilé par sa haine ethnique. Celle qui n'a jamais développé aucun pays. L'être et le paraitre, telle serait notre question.

Thierno A DIALLO


(1) I. S. Makanéra

Source:
http://www.guineelibre.com/article-la-guinee-et-son-developpement-base-sur-l-exportation-des-minerais-et-mineraux-bruts-96791680.html


 

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VOS COMMENTAIRES

Fatoumata12/01/2012 15:59:17
Je confirme en effet le contenu de cet article. Le cours de l'aluminium est actuellement en chute libre à cause notamment de l'inondation du marché par la chine et d'autres pays émergents également producteurs de minerai mais surtout moins contraignants en terme de normes environnementales et d'exploitation et disposant d'infrastructures énergétiques et humaines suffisantes compensant leurs coûts d'exploitation.

Nous guinéens qui nous tapons la poitrine et ergotons fièrement en se disant:
- avons 2/3 des réserves mondiales de bauxite
- chateau d'eau d'afrique de l'ouest

Nous n'avons en réalité pas grand chose. Qu'on se dise la vérité:
Nos 2/3 ne nous servent à rien s'il n'y a personne pour nous les acheter. Et nous ne sommes pas en mesure de les exploiter car nous n'avons ni les ressources financières, ni les ressources énergétiques quant aux ressources humaines, apparamment nous n'en voyons pas l'utilité et préférons nous en passer!
Concernant notre fameux château d'eau, il s'agit en fait de la plus grande fumisterie qui soit. Notre potentiel hydroélectrique atteint en restant optimiste 6000 MW à tout casser. Sachant qu'une seule usine d'aluminium peut consommer en moyenne 500 MW,il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat. Le Congo a un potentiel hydro de plus de 50000 MW et il n'en font pas tout un plat (en terme d'énergie,je ne veux pas parler du nucléaire car nous risquerions de faire exploser la planète; le solaire et l'éolien ont des puissances trop faibles; le thermique est trop polluant, l'hydro reste le meilleur compromis en terme de rentabilité/coût).

Je crois qu'il serait important d'informer les guinéens d'arrêter de rêver; nos ressources minières ne sont pas si exceptionnelles que cela (si on avait les 2/3 des réserves de pétrole ce serait une autre histoire; le cuivre et l'uranium sont des ressources bien plus stratégiques que la bauxite).

Mais le plus important c'est qu'aucune ressource ne vaut l'être humain!
Il serait temps d'arrêter nos bêtises (aujourd'hui nos voisins rient de nos querelles ethniques et nous trouvent stupides à raison), de nous mettre au travail, d'arrêter de vivre en fonction de la politique et de se concentrer sur l'essentiel:
- Nous n'avons pas d'offre de formation suffisante au pays (les institutions universitaires manquent de personnel qualifié et d'infrastructures. Conséquence: les populations n'ont pas d'autres choix que d'envoyer leurs enfants étudier à l'étranger quelque soient les moyens et difficultés. Ca donne des jeunes qui s'en vont et ne revienne pas car il n'y a aucune perspective d'avenir en Guinée.
Malheureusement (ou heureusement?) les pays européens dont la France sur lesquels nous comptions nous ferment les portes et nous chassent de chez eux car la récession est à leur porte.
L'amérique du nord et l'océanie serrent les vis (ils ne sont pas prêts à accueillir toute la misère du monde; ils sont en pleine recession eux aussi).
L'asie et l'amérique latine sont surpeuplées, ils ont bien assez à faire avec leur propre population.
Que nous reste-t-il?
Notre pays à développer autrement nous sommes condamnés à demeurer:
- les derniers de l'Afrique
- ce qui implique les derniers de l'humanité.

A bon entendeur!