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Culture et Politique : Festival Tabital Pulaaku à Dakar

Intervention de M. Boubacar Barry « Lausanne » au Symposium Douta Seck, 29 Mars 2008


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Boubacar Barry

Tabital Pulaaku a pour vocation de maintenir et de développer la langue et la culture « haal-pulaar ». Elle a aussi pour vocation de promouvoir  « pottal fii bhantal » (l’entente et l’amitié en vue de l’émancipation des « haalpulaars ».

Les communautés « haalpulaars » vivent aujourd’hui dans des Etats modernes. Pour le développement et la diffusion de la culture peuhle, les « haalpulaars » doivent s’intéresser et s’impliquer dans la vie politique de ces Etats. Cela leur permettra non seulement de s’occuper directement du maintien et du développement de leur culture mais également de participer aux décisions qui engagent l’avenir de l’Etat dans lequel ils vivent.

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Boubacar Barry

Les communautés peuhles ont fondé par le passé des Etats modernes en Afrique avant la colonisation. Le Foutah Djallon théocratique est un exemple d'un Etat moderne. Il a été fondé au début du XVIIIe s. (1725) par Alpha Ibrahima Sambéguou (Karamoko Alpha). Cet  Etat était une confédération de neufs diwés (états) très autonomes, comme les cantons de la confédération helvétique (la Suisse). La capitale politique et siège de l’Almamy (empereur) du Foutah Djallon se trouvait à Timbo. La Capitale législative se trouvait à Fougoumba (lieu où l’empereur était couronné). Cet Etat était tellement avancé dans le domaine juridique et politique, qu’il avait désigné une région d’asile (Kolade Kankalabé sauf erreur de ma part) pour les citoyens qui se sentaient persécutés dans leur état et qui n’étaient pas sûrs d’obtenir l’asile dans un autre état de l’empire. D’autre part, l’empereur ne s’immisçait pas dans les affaires internes des diwés. Toutes les relations extérieures à l’empire lui étaient réservées ainsi que les affaires militaires.

En conclusion, l’organisation de l’Etat du Foutah Djallon, n’avait rien à envier à l’organisation politique des Etats européens de cette époque.

Boubacar Barry


 

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VOS COMMENTAIRES

ibrahima K. Diallo13/05/2008 15:23:15
Cet article du doyen B. Barry est plein d'enseignements. Il convient pour les communautés, fières de leur passé, de se lancer maintenant dans le seul combat qui vaille : LA POLITIQUE.
La culture n'a-t-elle pas une dimension politique ? La politique a toujours un volet culturel.
S. Barry13/05/2008 18:17:42
En effet, comment faire la promotion d'une culture sur le plan national et international si l'on ne fait pas partie des décideurs ? Ceux qui veulent se battre pour une culture quelconque en Guinée doivent commencer par le combat politique et influencer les décisions dans ce sens.