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| Dr Thierno A. Diallo |
Lycéen à Donka, nous avions régulièrement des échos de découverte de réseaux de prostitution au pavillon des filles de Poly. A la cité universitaire de Dakar, le même genre « d’information » paraissait dans une certaine presse concernant la cité Claudel. Dans la même veine, circulent régulièrement des rumeurs de « voleurs de sexe », qui seraient simplement ridicules s’il n’y avait, hélas souvent morts d’hommes injustement accusés. Tout ceci dénote souvent la persistance vivace de complexes bien cachés : complexe du sexe dit fort devant une femme qui « ose » s’approprier et maîtriser l’outil connaissance, domaine réservé de la gente masculine (les « religieux » étant souvent en première ligne ici et pour les problèmes d’excision) et la peur du déclin inexorable des performances en général, sexuelles en particulier, liées à l’âge.
Il faut trouver un bouc émissaire, et tant pis pour les dégâts directs et collatéraux. Notre pays doit évoluer, et les personnes capables de manipuler l’opinion être conscientes des conséquences sociales de leurs actes. Nous avons même besoin de bonnes volontés, de bons sociologues. Il nous faut des psychiatres pour prendre en charge les non-dits dans nos sociétés, souvent masqués sous le manteau de protestations faciles au nom de la morale.
C’est trop facile de s’abriter derrière des interdits à connotation religieuse ou morale pour faire condamner des innocents et les livrer à la vindicte publique. Cette méthode a montré l’étendue de sa capacité de nuisance, celui qui proteste avec le plus de véhémence se donnant le beau rôle. Alors que les autres pays se battent pour sortir du sous- développement,le nôtre s’enfonce dans la misère et les rumeurs, malgré ses grandes capacités agricoles et humaines. Il faut que nous arrêtons de répéter mécaniquement que la Guinée est un pays riche, ou que la moralité chez nous est au dessus de tout soupçon, bref tous les clichés entendus avec complaisance à longueur de journée. C’est le premier devoir de vérité que nous nous devons. Mettre en exergue nos défauts pour pouvoir les corriger, là se situe le courage. La bauxite, le fer, le diamant, ne se mangent pas.
Le propriétaire d’un sac de riz sera toujours plus riche que celui d’un sac de diamant, à l’heure du manger. Voilà quelques une des réflexions inspirées de l’article sur l’école de santé de Kindia, parues sur Guineepresse.info et de l’article du Dr Traoré sur Kibarou.
Dans un prochain article, je reviendrai sur les problèmes de dégénérescence physique et sexuelle liées à l’âge. Bonne journée.
Dr Thierno A. DIALLO, cardiologue.