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Nous en avons assez !


2012-02-06 22:59:15

Au cours des derniers mois, nous, citoyens guinéens avons eu peu d’opportunités de nous laisser gagner par l’enthousiasme pour nos princes/princesses décideurs. Car nous avons compris que ces mesdames et messieurs sont incapables de dépasser leurs différences au profit de l’intérêt général.

Dialogue ou bavardage

Le dialogue tant voulu par la communauté nationale et internationale devait mener, autant que possible, au déblocage politique entre le pouvoir et son opposition. L’opposition avait d’ailleurs demandé elle-même ce dialogue. Mais en place et lieu du dialogue entre l’opposition et le pouvoir s’est mise une table-ronde, autour de laquelle des partis qui ont une assise nationale et des partis cybercafés bavardent. Cette confusion sur le dialogue opposition-pouvoir tend à mettre tout le monde dans le même panier, en ne tenant pas compte des alliances réelles ou supposées entre partis ou ignorant carrément leur représentativité nationale. C’est un subterfuge pour parler de tout et de rien, autrement dit, c’est du bavardage inutile qui viole la constitution guinéenne.

Je pense que cette façon de dialoguer a un air d’absurdité. Le dialogue politique doit être généralement une démarche pour débloquer la méfiance entre le pouvoir et l’opposition. Mais par la faute de confusion des rôles, ce qui sortira de ce dialogue-ci est probablement déjà connu : C’est le verrouillage de toutes possibilités de consensus entre le pouvoir et l’opposition.

Ne pouvait-on pas nous faire l’économie d’un tel bavardage ? Non. Car la communauté nationale et la communauté internationale exigent un dialogue entre les acteurs politiques du pouvoir et de l’opposition. Sans ce dialogue il n’y aura pas d’aide extérieure. On fait semblant donc de dialoguer sans vraiment le vouloir. C’est ce qui explique cette troupe de casting au Palais-du-Peuple. En vérité chaque regroupement se débrouille à se positionner pour les prochaines élections en se fichant de l’aspiration du Peuple. Nous en avons assez de ces querelles de positionnement égoïste d’individus imbus d’eux-mêmes. Heureusement les électeurs ont le dernier mot dans une élection transparente. Et c’est très bien ainsi.

Raillerie sur le dialogue politique en Guinée!

1)        L’article 7 de notre constitution nous dicte :

Chacun est libre de croire, de penser et de professer sa foi religieuse, ses opinions politiques et philosophiques. Il est libre d’exprimer, de manifester et de diffuser ses idées et opinions par la parole, l’écrit et l’image.  Tant mieux, je suis consentant.

C’est ainsi qu’après avoir muri ma réflexion, j’ai décidé d’assumer toute mes responsabilités, et de créer mon parti politique. Je suis persuadé que nous deux – la présidence de mon parti et moi-même - aurons par-là tous les droits de pouvoir prendre part au dialogue inclusif au Palais-du-Peuple. A ce sujet je discuterais dès aujourd’hui avec Mgr Albert Gomez et le ministre des élections, avec mes collègues chefs de partis cybercafés et d’autres. Je déciderai en fonction de mes intérêts personnels à qui de l’opposition où de la mouvance j’apporterai mes-------. Je vous assure que je mettrai la légalité au dessous de la --- comme beaucoup de mes collègues.

2)        L’article 3 de notre constitution stipule :

Les partis politiques doivent être présentés sur l’ensemble du territoire national. Ils ne doivent pas s’identifier à une race, une ethnie, une religion ou une région .....

Je le jure, je ne suis ni ethnocentriste, ni régionaliste, et je suis pour un état laïc. Ma foi, je vis pour le moment en Europe. Mais chez-nous, le job de chef de parti est en fonction de billets de banque. En plus la plupart de nos partis n’existent que sur le papier d’agrément, et les membres de ces partis ne sont que les copains et coquins. De toute façon l’obligation juridique pour la création de parti politique n’est pas toujours respectée.

3)        L’article 4 de notre constitution nous dit :

La loi puni quiconque par un acte de discrimination raciale, ethnique, religieuse, pour un acte de propagande régionaliste, ou pour tout autre qui porte atteinte à l’unité nationale, à la sécurité de l’état, -------, ou au fonctionnement démocratique des institutions.

J’apprécie très bien notre constitution. Comme président d’un parti populaire, je sens un énorme soutien du peuple à mon égard. Partout où je suis de passage, le peuple me salut très aimablement. J’ai dit à ma femme cette allégeance populaire m’importune un peu, mais c’est mon peuple qui le veut ainsi et je dois l’approuver. Vu cet engouement populaire à l’égard de ma personne, je gagnerai de toutes les façons les prochaines élections démocratiques que je rendrai transparentes à ma manière. Mes spécialistes électoraux sont déjà à l’œuvre. 

 

Je promets solennellement de lutter pour l’unité nationale et pour l’état de droit. En un tour de main j’apporterai un changement qualitatif à mon peuple. J’ai déjà noué de bons contactes avec la communauté internationale. De richissimes amis je n’en ai pas, pourtant je reste confiant, car avec l’aide de ma future fonction cela changera rapidement. Je promets d’être politiquement flexible, je recruterai pour cela de conseillers compétents à tour de bras. Je suivrai sans failles les conseils que mon staff de conseillers m’ordonnera. Pour cela je dois m’entrainer, m’entrainer, m’entrainer. 

Le rôle du parti politique en démocratie

En général le parti politique se défini de deux ordres :

  1. L’ordre idéologique voit un parti politique comme une réunion d’hommes qui professent la même doctrine politique, il est synonyme de faction.
  2. L’ordre constitutionnel défini le parti politique comme une forme politique, une structure d’organisation de la démocratie.

Le sens de la dignité constitutionnelle du parti politique dans notre société est tout un symbole, c’est la conscience de nos valeurs démocratiques en gestation, le rôle essentiel des partis politiques est de participer à l’animation de la vie, ils légitiment et stabilisent le régime démocratique. Le parti politique doit dire en démocratie ce qu’il représente, ce qu’il défend. Alors, la tâche d’un parti politique dans notre société n’est pas de diviser, mais d’incarner l’unité dans la diversité, le parti doit contribuer à l’éducation des citoyens. Et, c’est particulièrement important dans un pays comme le nôtre.

Selon moi, le président de la cour constitutionnelle (à l’instant la cour suprême) et ses collègues juges doivent ensemble prendre les mesures nécessaires pour que la constitution soit respectée par toutes les instances. Et voilà le dialogue national réussi, c’est aussi simple que cela.

Moussa Bella Barry


 

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VOS COMMENTAIRES

Ibrahima Bory bah07/02/2012 22:49:22
La constituition, les articles... en Guinée, c'est pour les dupes. C'est du papier mouillé. Alpha Condé nous donne des exemples. Donc arrêtons de rêver. Luttons pour le concret et ignorons l'abstrait.