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Intrigues d’amateurs ?
La Guinée va mal, ce n’est qu’une redondance en l’écrivant. En revanche, les bruits et rumeurs, qui couvent maintenant le malheur, donnent une toute autre senteur à la décomposition en cours. La semaine, qui commence, risquerait de produire des surprises dont les conséquences affecteront l’existence même des Guinéens pendant les vingt prochaines années. Des sources concordantes font état de manœuvres qui sous-tendraient pour l’un, les fébriles agitations des derniers jours et pour l’autre, les voyages. Mamadou Sylla Requinqué par le prix qui lui est décerné par un obscur patronat sénégalais (un prochain article en parlera), Mamadou Sylla, comme la souris en l’absence du chat, voudrait profiter des quelques semaines d’absence des fameux syndicalistes pour s’accaparer du pouvoir apprend-on. Quel est ce malheur qui suit la Guinée pour que, malgré une intelligentsia bien fournie, ce soient les médiocres qui convoitent et occupent la magistrature suprême ? Mamadou Sylla croit à son étoile et voudrait expérimenter la philosophie qui alimente leur esprit et selon laquelle : « baraka fisa baccalauréat bèè » (se traduit littéralement : la bénédiction vaut mieux que le baccalauréat). En terme plus clair, il faut mieux être un voleur en Guinée que d’effectuer des études. Il a raison, prit dans le microcosme où il évolue. C’est aux Guinéens de lui prouver le contraire. La force dans cette démente démarche est d’être l’un des plus proches de Lansana Conté au moment où dame mort crée le vide autour de lui en appelant, ses hommes de confiance les uns après les autres ; que l’âge et le temps mettent des doutes dans l’esprit de ses zélés courtisans. En tout cas, l’ivresse du prix sénégalais aveugle actuellement l’homme de Dixinn Bora. Il s’est sur le guet observant le mouvement de ses partenaires d’hier qui l’ont lâché depuis l’arrivée du PM. Il s’agit de certains syndicats. Même s’ils sont devenus des sapeurs pompiers de Kouyaté, ils feraient attention pour ne pas s’envoler tous pour la Suisse. Ce serait une grosse erreur qui pourrait faire d’eux des voyageurs avec un billet aller simple. Lansinè Kouyaté Lansinè Kouyaté est comme Bouky, l’hyène qui, participant aux festins des aveugles avec Leuck, le lièvre devint prisonnier parce qu’il oublia de partir à temps tellement le repas était délicieux. Les délices du pouvoir auraient-il enivré le PM pour qu’il oublie si déjà les bienfaits de Lansana Conté pour lequel il se répandait en remerciement ? Il y a quelques mois, il s’envolait en « Imam » ou peut-être en « Ayatollah », qualité que ses compatriotes ne soupçonnaient pas) pour aller assister à l’inauguration d’une mosquée en Ouganda. Pour cela, il était passé par la Libye et transita par le Gabon pour recevoir la bénédiction du doyen Bongo. De retour, le détours d’Abidjan eut lieu. A l’aéroport de Port Bouët, Lansinè Kouyaté serait descendu avec quatre mallettes d’argent comme savent le faire les malades africains de pouvoir. Lorsqu’il reprit la direction de Conakry ne lui restait plus qu’une seule mallette, semble-t-il. La semaine dernière, il y eut le voyage au Koweït. Pour brouiller les pistes, les deux PM se seraient donné RDV dans ce pays. Le PM guinéen prônant une invitation de l’Emir, or il est rapporté que les deux se seraient rencontrés pour conclure le marché. C’est ainsi que L’Ivoirien aurait reçu le reliquat de l’argent. Il quitta le premier, le royaume, et Lansinè Kouyaté, après. Mais ses interlocuteurs seraient restés circonspects et peu confiants, car c’est aussi sous sa gouvernance, lui, le chef de gouvernement que cela se passe. Des deux prétendants au fauteuil présidentiel, le PM semblerait être plus prêt parce qu’il aurait désormais une armée de rebelles (à savoir que la plupart de ces rebelles dits ivoiriens sont des ressortissants guinéens.) Mais voilà que l’attitude de Lansana Conté le déstabilise. Mieux , il n’aurait pas encore pris toutes les précautions nécessaires pour mettre sa famille à l’abri. Comment pourra-t-il le faire puisqu’il doute que son employeur ne soit au courant de son plan ? Toujours est-il que les semaines, à venir, seront déterminantes dans l’évolution de la Guinée. Elles le sont, d’ailleurs, d’autant que Français, Américains et Européens savent maintenant que la Guinée est une véritable passoire à la drogue qui alimente le monde, via la Mauritanie, le Maroc, le Sénégal et le Mali… A partir de ces différents pays, des petites embarcations et autres moyens de transport de fortune favorisent l’approvisionnement des marchés européens Il est même né un nouveau métier auquel s’adonnent certaines femmes de diplomates ou de simples marchand(e)s de Guinée. C’est celui de convoyeur. Ils ou elles acceptent, contre le risque se voir arrêter, de convoyer des valises de drogue moyennant argent, généralement, 5000 euros par livraison. Des douanières ont mordu à cet appât. D’ailleurs deux guinéennes, non des moindres viennent de purger des années de prison en France : l’une serait la deuxième femme d’un diplomate en poste en France et l’autre, une douanière, donc un fonctionnaire de la république de Guinée. Ce qui est inquiétant ; c’est de savoir que certains travailleurs des ambassades guinéennes n’hésiteraient plus de délivrer des visas à des mineures inscrites dans des réseaux de trafic de drogue. Ce qui leur permet d’aller en Guinée et de revenir avec leur marchandise. C’est ainsi qu’une mineure camerounaise a été arrêtée la semaine dernière à Roissy en provenance de Conakry. L’affaire est en cours d’instruction au TGI de Bobigny. Jacques Kourouma
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