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| L. Kouyaté |
Le 9 mai 2008, la commission d’information parlementaire, présidée par M.Bah Ousmane (président de l’UPR et du Groupe parlementaire du même nom) a rendu public son rapport. Son objectif : faire la lumière sur les fonds miniers domiciliés à la BNP Paribas pour l’achat du mazout pour EDG, du riz et d’autres denrées de première nécessité et ceux affecté au projet de relance du coton à Kankan.
De la gestion du crédit revolving concernant EDG (Electricité de Guinée), le Ministère du Commerce et la Banque Centrale , il ressort des enquêtes parlementaires que c’est le Premier Ministre L. Kouyaté qui a instruit le ministre des Finances et le Gouverneur de la Banque Centrale pour l’ouverture du crédit. Pour des montants allant de 20 à 150 millions de dollars US. Mais que la copie de l’instruction n'a pas été communiquée. C’était une facilité initialement destinée à l’EDG qui a été élargie à l’importation du riz, de l’huile et du sucre. C’est aussi M. Kouyaté qui a instruit le ministre de l’Energie, le directeur de cabinet de la Primature à se rendre à Paris pour conclure l’accord avec la société Quantic. Notamment pour la fourniture riz et du mazout. Ce qui a conduit à la signature d’un accord par le directeur de cabinet du Premier Ministre au nom de la Guinée. « Le choix de Quantic ne correspond à aucun code des marchés guinéens. Il n’y a pas eu d’appels d’offres », conclut la commission.
Toujours est-il que l’exécution de ce contrat a donné lieu à la mobilisation de 25 millions de dollars US pour l’achat du mazout, pièces de rechanges pour EDG. De même, 14 autres millions de dollars ont été débloqués pour l’achat du riz, sucre, huile de soja et de palme. Paradoxe : « la société Quantic a acheté de denrées à des opérateurs Guinéens qui ont été chargé de stocker et de vendre ses produits, par des négociations frauduleuses ». Il s’agit des sociétés Safricom et Hamana. Bilan financier de l’opération : l’Etat reste devoir à BNP Paribas 6 537 956 dollars et 1 515 623 euros. Quant à EDG, il doit à l’Etat guinéen 6 151 768 267 Fg. Les sociétés Hamana et SAFRICOM doivent à l’Etat près de 49 milliards de Fg. Dans ce dossier, les enquêteurs notent que les bonnes intentions du Gouvernement ont été galvaudées par l’absence de transparence dans l’attribution des marchés et dans la gestion des opérations par les opérateurs économiques. Reste maintenant à la commission d’en savoir un peu plus au niveau de BNP Paribas ( qui avait arrêté les opérations dès l’annonce de la mise en place de la commission), demander les opérateurs Safricom et Hamana pourquoi ils ont versé l’argent dans des comptes privés au lieu de l’envoyer dans les comptes du Trésor Public guinéen.
Pour ce qui concerne la gestion des fonds du projet de relance de la filière coton, la commission a également fait ressortir nombreuses irrégularités. Pour cette relance, sur instruction du Premier Ministre Kouyaté (encore lui), il y a eu le décaissement de 3 milliards de Fg au niveau du Fonds d’entretien routier. Un détournement de fonds qui ne dit pas son nom ! Le gouvernement a également sollicité les services de la First International Bank (FIB) pour un crédit de 12 milliards Fg pour un taux d’intérêt de 27,5%. Constat de la commission : ces 15 milliards ont été dépensés rien que pour produire 800 tonnes de coton fibre. Les fonds auraient servi également au paiement des arriérés dus aux paysans, paiement des fonctionnaires, achats d’engrais, fourniture de matériels, achats de pesticides, de pièces de rechanges et de consommables. Le hic est qu’aucune pièce justificative des dépenses ni le relevé bancaire de la FIB n’ont été fournis. La commission recommande un audit indépendant.
Autre constat : la présence de la société Intrakam agissant non seulement en qualité de fournisseur mais aussi d’opérateur stratégique du projet de relance de la filière coton. Elle a bénéficié de tous les marchés de fourniture d’intrants sans aucun appel d’offres. Preuve d’une gestion floue ? Comment 15 milliards de Fg n’ont pu produire que 800 tonnes de coton fibre. Pour terminer, le porte-parole de la commission a précisé que les travaux de la commission donnent raison à Somparé qui avait dénoncé les gaspillages et l’absence de transparence dans la gestion des biens publics. Ce rapport sera adressé au gouvernement pour réaction. Il reste entendu que BNP Paribas sera également écoutée.
Namory Condé
VOS COMMENTAIRES | |
| Barry A. | 16/05/2008 09:01:49 |
| Pourquoi c'est seulement l'instant après la formation de la commission d'enquête parlementaire que la banque BNP arrête les opérations. Sans motif officiel. Est ce que le fait de vouloir contrôler ennule des contrats signés à l'avance? Est ce normal que la banque suspende unilatéralement le contrat avec la guinée? De toute évidence, la constitution de cette commission sème la panique à bord du gouvernement "d'étroit consensus". Dorénavant cette commission doit être élargie. Elle doit également rester permanemment pour s'intéresser à d'autres dossiers comme le fond allouée à la CAN 2008, l'aide accordée à ASNAVIE par les ministères de la République, etc...Il y a tellement à faire dans ce domaine!!! | |