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Les propos de Claude Guéant ou le bas degré de civilisation2012-02-18 08:21:55 INTRODUCTION « Toute civilisation, toute culture qui se veut féconde et forte, doit être fortement enracinée dans ses propres valeurs et traditions mais ouverte sur les autres, sinon elle se sclérose ! » enseignait Léopold Sédar Senghor (1906-2001), philosophe, ancien membre de l’Académie française et homme politique sénégalais. « Ce n’est pas par la négation du singulier que l’on tend vers l’universel mais par son approfondissement » prônait l’ancien journaliste, philosophe et homme politique togolais Atsutsè Kokouvi Agbobli (1941-2008) qui prônait le dialogue des cultures. Ainsi, M. Guéant ministre de l'intérieur, des cultes, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration y est allé allégrement de son couplet le 4 février dernier lors d'un colloque organisé par l'association étudiante de droite « Uni » : « Au regard des valeurs que porte la France et que, je crois, portent tous les partis républicains en France, il y a des civilisations que nous préférons (...) Pour nous, tout ne se vaut pas (...) Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous toutes les civilisations, toutes les pratiques, toutes les cultures, au regard de nos principes républicains, ne se valent pas ». Gérard Longuet, ministre de la Défense, insistera : « Je crois qu'il faut condamner le relativisme qui consiste à dire tout s'équivaut. Tout ne s'équivaut pas ». Pour rappel, il vient de l'extrême-droite « Occident » et estimait que pour mériter une promotion dans une structure nationale comme la HALDE « il faut appartenir au corps traditionnel français », et non comme Malek Boutih qui était pressenti ; ce dernier est un français, né en France, de parents d’origine maghrébine. Comment ne pas faire le lien avec un certain Silvio Berlusconi qui avait défrayé la chronique en 2001 en mettant en exergue « la suprématie de la civilisation occidentale qui a garanti le respect des droits humains, religieux et politiques qui n’existent pas dans les pays islamiques » ? Souvenons-nous de la dérive de la suprématie raciale qui a engendré la bête immonde incarnée par le Nazisme en Europe et l’Apartheid en Afrique. Le racisme est donc une dérive mortifère, à l'instar de l’ethnocentrisme et du fait colonial. Il n'est inutile de rappeler la dette imprescriptible du sang qui est constituée de la Traite négrière transatlantique, du « Code noir », de la colonisation (cf. la Conférence de Berlin de 1884), des morts pour la France sur les champs de batailles à l’étranger, sur les chantiers des travaux publics et du bâtiment, etc. Mais l’amnésie semble s’être emparé de certains qui veulent effacer de la mémoire collective des méfaits dont fut victime l’Afrique et dont elle porte encore les stigmates. Ces crimes contre l’humanité (cf. loi du 21 mai 2001 dite « loi Taubira » sur l'esclavage) tracent une ligne rouge dans l’absolu de nos consciences. Cette dette du sang doit être portée sur certaines consciences (N'est-ce-pas M. Guéant ?) comme le fruit porte son noyau. La théorie du « Fardeau de l'homme blanc » est du même acabit et fut utilisée par les Européens comme une obligation de « civiliser » les « Indigènes » ; « The White Man's Burden » de Joseph Rudyard Kipling (1865-1936), un écrivain britannique et soutien à la colonisation, fut un célèbre poème, une injonction rhétorique attribuant à l'homme blanc le devoir de coloniser et d'administrer les populations étrangères : ce fut la justification de la colonisation en tant que « mission civilisatrice » (sic). La réponse à cette stratégie malfaisante, nauséabonde réside dans un sursaut de l'esprit civique et républicain, dans une résistance et une mobilisation résolues et citoyennes contre « l'hydre brune ». I°) DES « DÉRAPAGES » CIBLÉS ET CONTROLÉS Depuis de nombreuses années , nous assistons à une suite logique et savamment orchestrée de dérapages pour la conquête et la conservation du pouvoir politique à tout prix en France. Ces « dérapages » contrôlés, volontaires et tactiques concernent systématiquement les étrangers et les musulmans érigés en bouc émissaires. a) La suprématie raciale est une dérive mortifère Le racisme, à l'instar de l’ethnocentrisme qui engendre l'exclusion et la suprématie, a plusieurs définitions et formes : l'exclusion sociale, le racisme universaliste, scientifique, institutionnel, différentialiste, etc. L’ethnocentrisme est un concept anthropologique qui a été introduit en 1907 par l’américain William Graham Sumner (1840-1910) dans son ouvrage « Folkways ». Il signifie pour lui la « tendance, plus ou moins consciente, à privilégier les valeurs et les formes culturelles du groupe ethnique auquel on appartient ». Le danger est qu'une culture en juge une autre à l’aune de ses propres valeurs et se prétende supérieure. Par exemple, prétendre dans le discours de Dakar (Sénégal) du 26 juillet 2007 que « l’Afrique n’est pas encore assez entrée dans l’histoire », parce que les normes africaines ne sont pas celles de la civilisation judéo-chrétienne, sous-entendre qu’une culture n’est pas encore tout à fait civilisée, qu’elle n’est qu’à mi-chemin de l’état de nature, c’est nier sa légitimité toute entière. Le racisme est une dérive mortifère, une imposture électoraliste, le fonds de commerce des opportunistes et des médiocres atteints de cécité morale et intellectuelle dont l’unique but est d’assurer à leurs auteurs une promotion sociale, professionnelle et /ou politique. La France, fort heureusement, s’est toujours enrichie à travers les flux migratoires de brassages humains qui forment le socle de sa richesse culturelle, de son identité. Le racisme a jeté l’opprobre sur tous les régimes et pays qui l’ont instrumentalisé, utilisé pour stigmatiser, exclure. Il n’a causé que des malheurs, de la désolation. « Est-ce donc que la France n’est plus la France ? ». La question de L. S. Senghor a pris un nouveau relief. Singulièrement en Afrique où l’on goûte peu la stigmatisation des immigrés originaires du continent et de leurs descendants, de leur religion qu’est l’Islam. b) Des « parentés » dangereuses Le cadre de la campagne de Nicolas Sarkozy est désormais posé. Pour séduire l’électorat d’extrême droite, il refuse le mariage homosexuel et relance le débat sur l’identité nationale qu’il oppose à la religion musulmane. Sans état d'âme, il ose prétendre que « la France est née de la rencontre entre la volonté des rois et celle de l’Église ». C’est l’histoire revue par Monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991) et ses cohortes intégristes de la Fraternité Saint-Pie-X. c ) Réactions en série contre l'imposture électoraliste « La polémique sur la hiérarchie des civilisations est l’expression de la grave crise morale traversée par la classe politique française », selon Mireille Fanon-Mendès France, présidente de la Fondation Frantz-Fanon. Pour elle, « au-delà des contorsions rhétoriques et des manœuvres électoralistes, face à une crise qu’elle est bien incapable de juguler et au creusement, sans précédent, des inégalités dont elle est responsable, une partie non négligeable de la droite française revient vers ses tropismes racistes fondateurs (...) C'est un calcul électoraliste, froid qui consiste à tout faire pour capter un électorat (...). Elle déplore que « Les élites politiques françaises n’ont jamais reconnu l’héritage raciste et colonial de la République (...) Les soubassements de l’idéologie raciste et suprématiste, dont le nazisme a été une évolution naturelle, sont intacts ». « Ceci nous ramène à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration » s'indigne le député de la Martinique Serge Letchimy. Harlem Désir et le Parti socialiste y voient «une majorité en perdition électorale et morale, une tentative de séduction des électeurs du Front national », tandis qu'une partie de la droite a pris ses distances. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a demandé au ministre de l'intérieur de dire qu'il ne visait pas « la civilisation musulmane » dans ses propos. François Bayrou déplore « un dangereux détournement de pensée » visant l'Islam avec «une volonté de dresser les sociétés les unes contre les autres ». « Retour en arrière de trois siècles. Abject !», déplore Cécile Duflot des Verts. Pour Najat Vallaud-Belkacem, l'une des porte-parole de François Hollande, c'est une résurgence des « thèses du différentialisme ethnique et culturel ». « M. Guéant pratique une xénophobie d'Etat » a commenté Jean-Luc Mélenchon le candidat du Front de Gauche qui a estimé qu'il mélangeait civilisation et politique. II°) UNE DÉMARCHE CONSTANTE DE STIGMATISATION 1°) Haro sur les immigrés Il n’est pas inutile de souligner un paradoxe extraordinaire dans le traitement infligé aux immigrés sous différents cieux : - Lors d'un débat télévisé en 2008 avec Georges Mac Cain, Barack Obama a rendu un hommage émouvant aux USA « un pays qui a permis au fils d’un immigré kenyan de réaliser le rêve américain en postulant à la magistrature suprême ». - La chancelière Angela Merkel a rendu un hommage solennel aux travailleurs étrangers arrivés en Allemagne depuis les années 50 lors de la cérémonie « L’Allemagne vous remercie » organisée en octobre 2008. - En France, un sans-papiers nigérian de 47 ans, qui fuyait des policiers venus l’interpeller, est décédé à Paris en octobre 2008 après avoir fait une « chute » depuis le 7ème étage. Yvan, 12 ans, a connu le même sort à Amiens, la chinoise Chuan Liu à Belleville en septembre 2007 et un malien s’est noyé dans la Marne en avril 2004. Les enquêtes menées avec « célérité » suivent toujours leur cours au grand dam des familles éplorés. Quel cruel paradoxe ! Sous l’ère Sarkozy, on note une démarche constante et cohérente de stigmatisation des immigrés. En effet, depuis 2002, plus de 10 lois sécuritaires ont été promulguées avec au moins 5 relatives à l’immigration et au droit d’asile. Dont la loi Hortefeux du 23 octobre 2007 sur le regroupement familial avec la pratique de tests ADN proposés par le député Thierry Mariani (article 13), l’autorisation des études « ethniques » (art.63) et la remise en cause du droit d’asile avec le placement de l’OFPRA sous la tutelle du ministère de l’immigration. En promettant de « nettoyer la racaille au Karcher », il avait provoqué les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues à forte concentration humaine d’immigrés et de Français issus de l’immigration. Par ailleurs, on constate au quotidien la persistance des discriminations au niveau de l’emploi, du logement et des lieux de loisirs. La mutinerie et l’incendie du centre de rétention de Vincennes qui causèrent la mort d’un sans-papiers tunisien sont révélateurs du traitement indigne infligé aux sans-papiers africains. « Ce sont les conséquences, les dégâts de la politique du chiffre et des reconduites à la frontière prôné par Sarkozy », déplorait Brigitte Wieser du Réseau Education sans frontière (RESF). La directive européenne dite Retour du 18 juin 2008 visant l'expulsion des étrangers en situation irrégulière, et qualifiée de « directive de la honte », est d'inspiration française. 2) L’hystérie islamophobe J'estime que « La laïcité n’est pas la négation du fait religieux ; c’est, entre autres, la neutralité de l’Etat face au fait religieux ! ». La religion, qui est un sujet très délicat, doit rester une affaire privée relevant de la conscience individuelle, de la foi de chacun d’entre-nous : c’est un lien direct entre Dieu et tout individu et non une affaire d’Etat. Ce n’est pas un ménage à trois où toute interférence extérieure ne saurait être admise ; qu’elle provienne d’une personne physique ou d’une institution quelconque. Tout Etat devrait observer le sacro-saint principe de laïcité qui doit garantir, dans une stricte neutralité, toutes les convictions philosophiques et religieuses aussi bien de ses nationaux que des étrangers résidant sur le territoire national. a) le voile et la Burqa non grata Ce principe républicain intangible, inaltérable a été battu en brèche avec la question relative au port du voile intégral appelé la « burqa » et le « niqab » : c’est un habit traditionnel porté par les femmes dans certains pays comme l'Afghanistan. Pourquoi avoir abordé ce débat par le seul prisme religieux et non sous le prisme de la coutume, de la tradition ? C'était un débat surréaliste et décalé, au moment où la France traverse la plus grande crise financière, économique et sociale de son histoire, où les comptes publics et les déficits explosent, où le chômage augmente à une allure vertigineuse, exponentielle, où la question lancinante, récurrente de l’intégration des immigrés et des français de confession musulmane (assimilés systématiquement à tort à des intégristes, des terroristes potentiels) demeurent irrésolue. La France avait déjà pris des initiatives dans ce domaine en 2004 avec l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires, comme le voile, à l'école et dans la fonction publique. b) L’affaire du mariage annulé : mépris et méprise sur l’Islam Certains ont même qualifié ce jugement de « rétrograde, discriminatoire », de « retour à un obscurantisme religieux » et ont vite fait, à dessein, l’amalgame, la confusion entre des traditions et une pratique religieuse en stigmatisant les Musulmans et les immigrés ; alors que d’autres souhaitent légiférer sous le coup de l’émotion dans l’urgence au nom de « la laïcité » et d’« un front républicain ». Que dit l'article 180, alinéa 2 (modifié par la loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 - art. 5) du Code civil ? Il stipule que « s'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage ». Certains nationalistes primaires et des « islamophobes » de tous bords ont toujours voulu ramener l’Islam à une pratique moyenâgeuse, alors que cette religion n’a rien à voir de près ou de loin avec les motifs de la demande d’annulation de ce mariage. En France, bon nombre de gens ont un sentiment à l’égard de l’Islam qui oscille entre l’ignorance, la méprise ou la peur d’un coté, et le rejet, l’aversion ou le mépris de l’autre coté. L’Islam y est assimilé, à tort, à l’islamisme politique et au terrorisme alors qu’intrinsèquement elle prône la paix, la concorde, le progrès et mérite d’être davantage connue et appréciée à sa juste valeur. Ce n’est pas par hasard si l’Islam est devenu la deuxième religion en France numériquement, la première au niveau de la pratique et des conversions à l’instar des footballeurs Nicolas Anelka, Eric Abidal et Franck Ribéry. Certains réfractaires à l’Islam sont au stade de la défiance, de la crainte « d’une dilution de l’identité française », d’une « remise en cause de sa cohésion sociale ». Il ne faudrait plus se tromper de colère, de combat, ni d’époque car la société française est devenue multiculturelle ; une réalité que certains refuse d’admettre : « il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir !» disait un sage. L’Islam y est victime d’ostracisme et semble désavantagé par rapport aux autres religions, avec notamment le prêtre alsacien qui est rémunéré par l'Etat grâce au Concordat d’Alsace-Moselle signé en 1801 par Napoléon Bonaparte ; alors que les Musulmans ont du mal à trouver des lieux de prière décents. III°) POUR UN SURSAUT DE L'ESPRIT CIVIQUE ET RÉPUBLICAIN 1°) La République s’inscrit dans une démarche inclusive J’estime que la République n’est pas une compilation d’intérêts catégoriels, identitaires, particuliers, mais une entité soucieuse de l’épanouissement équitable de tous ses citoyens et des étrangers qui y résident et respectent ses règles. « Res Publica » signifiait dans la Grèce antique, à Athènes, à Sparte, le bien commun, la chose publique qui appartient à tous, et non à une famille, à une race, à une dynastie ou à un groupement humain particulier. « L’esprit de la République est la paix et la modération ! » prophétisait Montesquieu (1689-1755) et non la guerre, les conflits fratricides. L'enjeu est comment concilier l’égalité et la différence, l’universel et le particulier. 2°) Le nationalisme français traditionnel contre le racisme Le nationalisme français traditionnel a tout au long du 20ème siècle rejeté vigoureusement le racisme. En mai 1933, au lendemain de la victoire électorale d'Hitler en Allemagne, Thierry Maulnier (1909-1988) souligna que « le racisme et l'étatisme ne peuvent correspondre qu'à des sociétés imparfaites. Une société dans laquelle la civilisation a atteint ses sommets les plus rares ne peut se contenter de telles significations, l'édifice des valeurs les plus aristocratiques ne saurait abriter ces religions grossières, dont la pauvreté spirituelle n'a d'égale que la malfaisance et la stérilité ». Georges Bernanos (1888-1948) opposait la richesse des nations à l'archaïsme des races et dira en décembre 1940 : « Je ne méprise nullement l'idée de race, je me garderais plus encore de la nier. Le tort du racisme n'est pas d'affirmer l'inégalité des races, aussi évidente que celle des individus, c'est de donner à cette inégalité un caractère absolu, de lui subordonner la morale elle-même, au point de prétendre opposer celle des maîtres à celle des esclaves ». Le métaphysicien Pierre Boutang (1916-1998) n'est pas en reste quand il fustige le « racialisme » de Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) (cf. l'Essai sur l'inégalité des races humaines) et Georges Vacher de Lapouge (1854-1936). Le nationalisme français a opposé une conception de la nation forgée par l'histoire, affirmant que la lutte des races ne valait pas mieux que la lutte des classes. 3°) Les garde-fous juridiques contre l’intolérance et l’exigence d’égalité de traitement La censure de la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet dite loi HADOPI par le Conseil constitutionnel (décision n° 2009-580 DC du 10 juin 2009) avait remis au goût du jour les principes et valeurs de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », article 10. « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi », article 4. « La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société », article 5. 4°) Résistance et mobilisation résolues et citoyennes Devant ces attaques frontales contre les plus hautes valeurs de l’universalisme et contre l’esprit de ce que fut la Résistance française, l’heure n’est plus aux atermoiements ni à la réprobation silencieuse. CONCLUSION :Les musulmans et les immigrés sont-ils par définition réfractaires au respect des valeurs républicaines ? Barack Obama, qui est un apôtre de la tolérance et du dialogue des cultures, ne se pose pas ce genre de questions ; bien au contraire, il déclara le 4 juin 2009 à l'université du Caire (Egypte) que « le monde musulman ne peut se résumer au terrorisme et au fanatisme ». Il avait « invité les pays européens de tradition judéo-chrétienne à ne pas empêcher le libre exercice de la religion musulmane sur leur territoire, y compris dans ses aspects vestimentaires ». Il estime, à juste titre, « que ces manifestations minoritaires ne doivent pas occasionner de restrictions légales pour cause d'ethnocentrisme culturel et religieux car ces restrictions imposées par la contrainte nuisent à la construction de sociétés harmonieuses et polyreligieuses ». Sachez Monsieur Guéant que nonseulement toutes les civilisations se valent,mais toutes les bêtises ne se valent pas et que certaines peuvent être lourdes de conséquences pour la cohésion sociale en France. Vos propos ne laisseront pas indifférents toutes celles et ceux qui sont attachés au vivre-ensemble et à la construction au quotidien du lien social. Les stigmatisations verbales, les déclarations ostracisantes n’ont jamais été bonnes conseillères en politique et les résultats électoraux escomptés ne sont pas toujours au rendez-vous. Il est urgent de faire un barrage efficace aux avocats de la haine et autres promoteurs d’un projet de société peu reluisant pour le pays des Droits de l’Homme. L'un et l'autre sont exclusivistes, niant l'altérité (la reconnaissance de l'autre dans sa différence) et s'estimant par nature supérieures. Faut-il rappeler les ravages que la culture occidentale a produits à travers le colonialisme et le nazisme, ces deux formes de racisme qui se sont exprimées par la violence meurtrière ? Ces barbaries n'ont pu être contenues malgré la très haute civilisation que le même Occident a donnée à l'humanité. En réactualisant l’inepte théorie de la guerre des civilisations, M. Guéant réinjecte dans le débat politique des notions en vigueur au cours des heures les plus sombres de l’histoire de France. Que Dieu lui enseigne la sagesse! Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH »
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