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Insécurité en Guinée : que fait Bô Keita ?


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M. Bô Keita

On ne le dira jamais assez, la Guinée est en passe d’être une jungle où les bandits de grand chemin dictent leurs lois. En témoignent ces cas  d’assassinats et autres vols à main armée enregistrés tous les jours à travers le pays.

En l’espace de trois semaines le seul quartier de Coléah, situé en plein cœur de Conakry a enregistré 3 cadavres. Au mois d’avril 2008, la commune de Matam a enterré 2 corps,  pendant que Matoto croupit et se  meurt à chaque tombée de la nuit sous le diktat de bandits. A cela s’ajoute la consommation de drogue dont l’acquisition n’est plus difficile. Par exemple, le 11 mai dernier, date anniversaire de la mort de Bob Marley, la police a saisi plus de 12.000 kg de chanvre indien. Ce qui poussent certains à dire que la célébration de cette journée doit être interdite en Guinée, si l’on ne veut pas faire la promotion de la drogue.

La situation est d’autant plus préoccupante que dorénavant les habitants des grands centres urbains commencent à s’interdire tout déplacement au-delà de 19 heures. Cependant ce qui épate plus d’un citoyen, c’est la présence des forces de sécurité qui, au vu des tueries en série enregistrées à travers le pays, ne jouent plus leur rôle.  D’ailleurs, tous les bandits mis aux arrêts ces derniers temps disent avoir des relations, dans les garnisons ou dans les gendarmeries. De surcroît, un voleur arrêté par les populations du Quartier Km 36, disait récemment : « Je suis prisonnier. Mais puisque là où je suis les chefs savent que je suis un voleur expérimenté, alors chaque nuit, on me donne une arme et des munitions pour aller chercher l’argent. Et au cas où on m’attrape, la gendarmerie où je suis en prison fait tout pour que je sois transféré  à son niveau ».
Soriba Bangoura, c’est son nom, affichait d’ailleurs au cours de son audition une sérénité olympienne.

« J’ai plutôt peur de la population que de la police », lance ce bandit qui, d’ailleurs reconnaît avoir lui seul assassiné et blessé plusieurs citoyens entre Conakry, Coyah, Dubréka, Forékariah et Kindia. Villes dans lesquelles Bangoura dit avoir des réseaux bien ficelés.

Voila donc la raison pour laquelle la presse tire actuellement à boulets rouges sur Mamadou Bô Kéita, ministre de l’intérieur et de la sécurité. « Le ministre ne s’occupe que du préparatif des prochaines élections législatives. Oubliant ainsi  complètement  la sécurité de ceux qui iront aux urnes. Que fait-il, quelle mission a-t-il  en dehors de la sécurisation des populations et de leurs biens ?   » nous lance un homme, apparemment en colère.

En tous cas, au-delà de  la cherté de la  vie,  étayée par une pauvreté galopante, l’insécurité constitue aujourd’hui un fléau qui, si on n’y prend garde, risque  de faire de la Guinée une jungle.

Lamine Soumah 

 

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VOS COMMENTAIRES

Baldet O16/05/2008 16:00:52
Cette attitude du pouvoir est habituelle qd il se sent menacé.Il lance des bandes armées contre les populations,et qd il estime qu'elles sont assez terrorisées,décrète la fin des violences pour montrer son autorité et la nécesité de s'en remettre à lui. Jusqu'ici ça lui a plutôt réussi.