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| Ibrahima Diallo |
Commençons d’emblée par dire que la tenue du scrutin législatif, à temps, sera le nœud du début de la restauration de l’autorité de l’Etat et conséquemment de la résolution de nos problèmes.
La lecture du déroulement des rencontres et propos des acteurs chargés d’organiser les législatives tant attendues – surtout pour nos leaders politiques qui seront enfin sauvés et délivrés- suscite plus d’inquiétudes que de la patiente sérénité. Il y a quelque chose qui se profile à l’horizon de non rassurant. Depuis quelques temps, on nous instille à petites doses les difficultés financières que rencontrerait la CENI comme pour nous préparer psychologiquement à l’éventuelle mauvaise nouvelle que les élections devront être repoussées ; et peut être même couplées aux présidentielles de 2010. Sans être dans le secret des dieux, sachant par expérience la façon dont les politiques opèrent pour manipuler et faire passer les mesures et nouvelles impopulaires, il n’est pas sorcier de déduire que le Gouvernement n’est pas très enthousiaste (malgré ses agitations médiatiques) pour organiser un scrutin qui mettrait fin à ses fonctions.
Ces législatives initialement prévues pour juin 2007 auraient dû être, à côté de la fameuse feuille de route – devenue de "déroute" pour nous-, la priorité du Gouvernement si son seul et unique intension était une sortie de crise. Malheureusement, encore une fois nous avons été abusés par certains avec la complicité naïve et la bonne volonté des autres qui croyaient en une mission patriotique de salut national.
C’est une insulte à notre intelligence de parler d’un besoin de 36 milliards pour combler le budget nécessaire aux élections lorsque le PM gaspille des sommes énormes dans des déplacements de prestiges –hors mission- et se disperse financièrement sur différents projets, comme l’organisation de 50 ans de souffrances pour la majorité des Guinéens – aussi hors mission- depuis 14 mois.
Dans le contexte actuel, la tenue de ces élections étant primordiale pour le Pays, nous ( tous les Guinéens, sans aucun doute) sommes prêts à lancer des cotisations, solliciter toutes personnes, Etats et ONGs susceptibles d’aider à collecter les fonds nécessaires le plutôt possible : si nous pouvons quémander 5000 tonnes de riz à un pays non producteur, demander au donateur de réparer un bâtiment que nous avons-nous même accidentellement détruit, faire des prélèvements obligatoires pour Garafiri, solliciter la CBG (et non le Trésor Public, ni la BCRG) pour servir de caution pour le Pays ; et bien, faire la manche en faveur de la démocratie (à travers des élections) est nettement plus noble et louable sans qu’on nous parle de question de souveraineté quant aux conditions exigées par les donateurs ou de dignité mal placée ( à géométrie variable selon l’intérêt du PM) . Le Pays pourrait même faire l’admiration de tous les démocrates de la Terre en voyant un pays, potentiellement riche, réduit à tendre la main pour que son peuple ait le droit lui aussi de choisir ses leaders.
Les Ivoiriens ont connu des difficultés et mêmes prétextes dans une situation de post- rébellion plus difficile que nous ; mais dès que la volonté politique s’est manifestée suite à des pressions intérieures et extérieures, par enchantement tout est devenu possible, la date de l’élection Présidentielle a été fixée et les blocages au processus entamé ont aussi disparu par magie : quand on veut, on peut toujours !
Seule la fixation d’une date définitive pour 2008 lèvera notre doute ; et le bout du tunnel pourrait bientôt être en vue, en tout cas politiquement parlant.
Le Gouvernement rencontre régulièrement les partis politiques (depuis que le bras de fer avec notre Général a pris une tournure sérieuse) pour entretenir leur espoir avec certainement des promesses (n’est ce pas Mr Kouyaté ?) et de petites preuves d’avancement du processus : il y a une différence entre évolution et progrès, soit dit en passant.
Espérons que les leaders politiques ne seront pas/plus dupes. Ils est impératif de juger le Gouvernement par ses actes et non ses paroles (n’est pas Mr Kouyaté ?).
La commande et l’arrivée des kits, bien qu’encourageant, ont été possibles parce que sous le contrôle de bailleurs de fonds étrangers (Nations Unis) mais le plus important reste la détermination des autorités guinéennes à voir aboutir le processus aussi vite que techniquement possible ou à le retarder par une grève du zèle.
Donc, que Monsieur le Premier Ministre nous montre sa bonne foi, ses qualités de diplomate avec un carnet d’adresse fourni en prenant son bâton de pèlerin pour ramener ces quelques trentaines de milliards que d’ailleurs son mentor Kadhafi pourrait aisément financer s’il était démocrate. Hélas ! Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.
Pour finir, nous sommes en partie rassurés et impressionnés que l’Assemblée Nationale ait pris, pour une fois, ses responsabilités et joué son rôle de contrôle de l’action du Gouvernement- même si nous doutons qu’il eût agit de la sorte avec le PUP encore au pouvoir.
Pourvu qu’il y ait des suites et que cela serve de jurisprudence !
Nous sommes tellement habitués à des effets d’annonce et les affaires classées dès que les accusations deviennent sérieuses et que les présumés coupables souvent rebelles se soumettent à notre Général.
Quant au PUP, ce parti sensé soutenir notre Général est bien silencieux contrairement à son habitude!
Comme quoi, tout passe ! Une ère nouvelle s’annoncerait-elle ?
Tout ceci dit, la question demeure : aurons nous des élections législatives en 2008 ou pas ?
Que Dieu nous sauve !
Ibrahima Diallo
VOS COMMENTAIRES | |
| Barry A. | 20/05/2008 16:16:26 |
| Cotiser pourquoi??? Des élections? Que Kouyaté arrête ses déplacements icessants à bord d'avions privés ou de subventionner des comités de soutiens, qu'ASNAVIE suspende ses constructions inutules de statues fétiches, que les ministres et hauts cadres anciens et nouveaux restituent ce qu'ils ont détourné, qu'on reporte la célébration du cinquantenaire de l'indépendance jusqu'à la tenue des élections. C'est aussi simple que cela. Ce gouvernement n'est pas sincère surtout pour ce qui est des élections. | |