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Jean Marie Doré: sa dernière interview et les conséquences envisagées au plus haut niveau de l’Etat guinéen !2013-06-25 16:05:42 Les Guinéens ont un moment perdu du vue que quand le donso (chasseur malinké) sort, ce ne sont pas que les canards sauvages qui pourraient tomber sous le feu de son canon, mais également tous les autres animaux, grands ou petits, se trouvant dans son périmètre de chasse. La classe politique guinéenne dans son ensemble a fermé les yeux sur la mobilisation et l’organisation des donsos en un groupe armé au service d’Alpha Condé et son parti RPG en Guinée. Très bientôt, chacun le regrettera, y compris les malinkés qui marchent avec l’opposition en ce moment. L’expérience vécue par les opposants non-peuls Charles Pascal Tolno et Aboubacar Sylla le 18 avril 2013, serait rien devant ce que le pouvoir et ses forces obscures préparent contre l’ancien premier ministre de la transition démocratique. Dans son interview rendue public le 20 juin 2013, par africaguinee (voir lien ci-dessous), le leader de l’UPG a tenu des propos qui pourraient lui coûter cher les jours prochains. Examinons d’abord ses propos qui ont fâché avant de parler de ce qui semble être la sentence extra-judiciaire qui serait arrêtée contre lui, selon une source confidentielle, proche du président Alpha Condé ! A propos de sa lecture des conclusions dudit dialogue sous l’égide des Nations Unies, Jean Marie Doré déclare : « Ce dialogue qui est un acte de concertation d’une grande ampleur qui doit décider du destin de la Guinée, ne peut pas se terminer sans un document. L’opposition a fait des propositions à la mouvance, on attend la réponse de la mouvance. Et la réponse de la mouvance n’est pas la conclusion ! Nous examinerons les propositions qui seront soumises à l’approbation, c’est en ce moment-là qu’on peut parler de fin de dialogue. On doit reprendre selon les propositions, la révision du fichier électoral par la formation des Commissions Administratives de Révision des Listes Electorales (CARLE) dont nous avions été exclus. Nous ne pouvons pas aller avec un fichier élaboré en notre absence. Et puis il y a tellement de dissonance dans les résultats de la révision faite par le gouvernement de M. Alpha Condé en vase clos et qui montre que c’est impossible d’organiser des élections sur cette base-là. Je rappelle que la haute Guinée seule a 528.000 nouveaux électeurs ; la forêt dans son ensemble 80.000 nouveaux électeurs, tout le Fouta à peine 25.000 nouveaux électeurs et Conakry qui est le pôle d’attraction de l’exode rural 252.500 nouveaux électeurs. Est-ce qu’avec un fichier qui donne de tels résultats vous pouvez vous contenter seulement d’aller aux élections ? Ce ne serait plus même une comédie, ça serait la bouffonnerie, ça serait une farce ! Donc le dialogue n’est pas conclu, nous attendons ». « Deuxièmement, le chronogramme est l’un des quatre points mis devant le dialogue pour qu’on y trouve une solution consensuelle… Le président de la CENI s’est réuni avec ses affidés, ont fixé une date qui n’a aucun rapport avec les réalités du terrain. Ça, c’est une affaire d’amusement de galerie à la CENI, mais qui n’est pas liée au chronogramme. C’est nous qui allons discuter du contenu du chronogramme au cours du dialogue et ce qui permettra de déterminer la durée de chaque séquence du processus pour qu’on conclu par la publication des résultats des élections, c'est-à-dire de la date du scrutin, sa fermeture à 18heures, le décompte des voix, et la publication au fur et à mesure que les résultats sortent des urnes. Nous n’attendrons plus pour que ça soit manipulé par le gouvernement. … Si 100 citoyens ont voté pour moi, personne n’a le droit de rétracter cela et amener ailleurs cette volonté. C’est ce que nous appelons la fraude, mettre en branle des astuces déshonnêtes pour donner un résultat incompatible avec la volonté expressément exprimée aux dites valeurs des citoyens. Donc en conclusion, le dialogue n’est pas conclu ». A propos de Waymark : « Il faut que les CARLE fonctionnent correctement, c’est pourquoi nous demandons un délai égal au délai que le gouvernement a eu pour faire son recensement bidon. Si c’est le cas, on est tout à fait d’accord. Parce que pourquoi nous ne voulons pas de Waymark ? Ce n’est pas par une répulsion spécifique à l’égard de Waymark, c’est parce que Waymark a contribué à organiser en amont une fraude gigantesque qui devait donner au Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG, parti au pouvoir, ndlr) 90 députés ! Ce n’est pas parce que Waymark vient d’Afrique du Sud ou du Zimbabwe, du Swaziland ou de l’Ouzbékistan, mais c’est parce que Waymark a contribué à organiser en secret et en amont une fraude. C’est pourquoi le gouvernement, le président de la République disent, ‘’Oui, ce sera un décompte manuel’’, un décompte manuel ou électronique, dès lors que la fraude est déjà inscrite dans la mémoire des Kits de Waymark, vous ne pouvez pas échapper à ça ! On va faire venir des observateurs internationaux qui vont dire ‘’oui, nous sommes allés à Kamsar, les citoyens étaient sagement en rang, tout s’est passé dans la bonhomie’’, alors que la fraude est déjà dans la mémoire du Kit. Or il faut faire des élections correctes, nous n’acceptons pas que M. Alpha Condé, sa CENI fassent à leur aise. La démocratie n’est pas des affirmations que ‘’moi, j’ai fait quarante années de lutte pour la démocratie’’, non ! Il s’agit de poser des actes qui montrent que nous sommes vraiment des démocrates ». « Certains ne voulaient pas qu’on discute même du problème de Waymark. Je n’étais pas loin de cette position. Mais il se trouve que nous devons sortir de cette histoire d’élections, parce que la Guinée a autre chose à faire que de parler d’élections seulement ». (Voilà qui atteste que ce sont les anciens PM de Conté qui ont accepté Waymark, même Jean Marie Doré y était conséquemment opposé !) « Les gens qui gouvernent aujourd’hui la Guinée ne croient pas à la démocratie. Ce sont des négateurs de la démocratie, ils portent un masque. Ils avancent masqués avec des vocabulaires qui précèdent. … Donc, on a dit que si on a nos représentants dans les CARLE, si on prend le temps nécessaire pour faire une révision ensemble, on n’a pas besoin de Waymark ! La CENI peut garder Waymark dans son congélateur, ou au frigo, ou le suspendre au-dessus de la cheminée (...). Le problème de Waymark ne se pose qu’à cause des tricheries organisées par Waymark. Mais on a trouvé une parade, si le gouvernement n’accepte pas cette parade, c’est que, c’est un gouvernement antidémocratique, antinational, qui est contre l’unité nationale, qui est contre la paix civile. Personne n’est propriétaire de la Guinée ». A propos de Bakary Fofana et sa nouvelle de date du 28 juillet: « M. Bakary Fofana si je ne savais avec certitude qu’il ne boit pas, j’aurais dit, il était ivre quand il a fait ça. Parce que je ne vois pas comment un homme crédible qui a été président de la société civile, qui a été ministre d’Etat chargé des affaires étrangères de la Guinée, peut s’abaisser à faire des bêtises comme ça ! Je l’accuse vraiment de forfaiture. Ce qu’il fait n’est pas bien. Le serment qu’il a prêté dit qu’il ne doit pas prendre des instructions en dehors de la CENI. Je peux prouver qu’il a pris des instructions pour proposer des bêtises comme ça. Ce n’est pas bien. … Aujourd’hui, les gens disent que Louncény vaut mieux que lui ! » « Au-delà du problème de volonté politique, il y a le climat qui entre en ligne de compte. Donc il y a ça là qu’il faut tenir compte. Pas seulement de ce que le gouvernement a dit. … Parce que les guinéens en ont marre de cette pénurie induite par le gouvernement du changement. On a changé, mais de mal en pire ». A Alpha Condé qui s’attaque aux anciens premiers ministres, Jean Marie Doré répond : « Ecoutez ! Je suis très fâché contre Alpha Condé, c’est un ami ; mais la direction qu’il prend actuellement ne me plait pas. Et l’amitié qu’il y a entre nous ne pèse aucun poids face à l’intérêt national. Ces Premier ministres-là, le plus mauvais d’entre eux vaut encore mieux que ceux qui n’ont jamais travaillé. Eux, au moins, ils ont eu la possibilité de travailler pour leur pays et d’endurer les difficultés de leurs concitoyens. Mais lui, il n’a jamais travaillé en Guinée. De quel droit il parle comme ça ? Parce qu’il a été élu président dans les conditions que nous savons tous ! » « Alpha Condé est un fruit, un sous-produit de ma gestion. Mais lui, où est son résultat ? Depuis qu’il est là, il n’y a rien à manger au marché. Il a fait licencier par une politique confuse, tous les miniers sont partis. Et à leur suite les entreprises sont parties. Effectivement il a changé ! Il a changé cette évolution positive en en un champ de ruine aujourd’hui. Je crois que c’est un lapsus de sa part, il ne faut pas qu’il répète ça. Parce que sinon nous allons parler, et si nous parlons ce n’est pas bon pour lui. Vaut mieux qu’il arrête comme ça » (Qui dit qu’Alpha Condé est otage de sa propre malhonnêteté et des manœuvres qui l’ont porté au pouvoir ? Voilà pourquoi il ne jouit d’aucun respect de chef d’Etat) Son dernier mot : « C’est facile de gouverner la Guinée quand on est sincère. … Ces élections devaient être l’occasion de poser la pierre angulaire de la réconciliation qui permet d’aller à l’unité nationale. … Or le drame que nous vivons aujourd’hui, cette méfiance qui agrandie le fossé sur les différentes régions de la Guinée, c’est dû à l’ostracisme de certains. Certains, disent que les Peulhs ne sont pas des guinéens. Mais qui est guinéen ? C’est faux ça ! Les blancs ont décrété que la basse Guinée c’est les rivières du sud. A cette époque-là la France tentait d’exercer un protectorat sur le Fouta. Cette volonté politique de la France était contrebattue par le gouverneur de la Sierra Léone au nom de la Grande Bretagne. Ce qu’on appelle maintenant la haute Guinée était intégré à l’ensemble français du Soudan. C'est-à-dire l’actuel Mali. … Les Malinké, les Soussou, les Peulhs sont guinéens. » « Si le président de la République dit qu’il veut gouverner par défit, ça ne marchera pas. Il faut qu’il sache ça ! Si quelqu’un veut utiliser la force, tout le monde utilisera la force. C’est un avertissement que je donne. … Il ne faut pas que des gens qui n’étaient pas ici, que le hasard a mis sur le chemin du pouvoir se targuent de venir menacer les autres. On n’acceptera pas ! … Est-ce que vous croyez que c’est nécessaire qu’un gouvernement ait 90 députés à l’assemblée ? Le premier tour des élections présidentielles a montré la force de chaque parti. M. Alpha Condé a eu 18%, donc à la limite, ça fait environ 19 députés. » Voilà les propos de Jean Marie Doré qui fâchent au plus haut niveau de l’Etat en Guinée, au point que certains préconisent son élimination physique avant la tenue des législatives, argumentant qu’il est le plus grand opposant au « Professeur » et qu’il va être le plus difficile à maitriser parmi ceux qui vont contester les résultats dans le cas contraire. Rappelons que tous ceux qui pouvaient barrer la route de la présidence à Alpha Condé, à savoir Siradio Diallo, Bah Mamadou, le Dr. Ibrahima Fofana ont disparu avant la présidentielle 2010. Pour les législatives, le redoutable Mohamed Sampil qui était en concurrence du RPG dans sa ville natale Boké qui est celle d’Alpha Condé, est mystérieusement mort il y a un mois, quand le pouvoir s’est dit prêt à organiser les élections. Jean Marie Doré, on le sait, a toujours été l’adversaire politique d’Alpha Condé en région forestière qu’il a tout récemment revendiqué être son fief à lui. Comment obtenir la disparition de Jean Marie Doré avant les législatives, sans que cela n’apparaissent comme un acte venant du parti au pouvoir ? C’est ce qui se discute en ce moment dans certains milieux en Guinée. Pour vu que Saïd Fofana, le PM soussou de façade, n’y soit associé ni de près ni de loin. Il n’en sait rien. De même que ce "Premier ministre et chef de gouvernement", nommé d’ailleurs après le gouvernement, n’a jamais eu le privilège de représenter notre pays, la Guinée, dans une mission quelconque en dehors de sa région en Guinée, il est écarté de toutes les opérations d’implantation de la dictature tribale malinké en cours. Lamine Soumah Vous pouvez lire l’interview au lien :
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