2014-02-09 18:38:53
« En ce moment de pauvreté généralisée dans notre pays, je préfère que l’on parle plutôt de l’infortune du Guinéen que de ma fortune »
"...instaurer un vrai Etat de droit en Guinée..."
"Aucune ethnie seule, aucune politique ethnique ne pourra faire décoller le pays."
"La Guinée ne devait pas faire partie des « pays mendiants »."
Veni, vidi, vici. La célèbre expression qu’aurait prononcée Jules César en 47 avant JC pouvait hier s’appliquer à Amadou Oury Diallo. Il est venu, on l’a vu, ou plus exactement entendu, il a convaincu.
Il, c’est notre compatriote plus connu sous le surnom de Sadakaadji, l’homme qui offre (1). Car si on peut donner à contrecœur, et même forcé, on offre toujours avec le cœur.
C’était hier soir, le 08-02-1014, de 21H à 22H TU sur la Web radio HAFIANEWS. Il répondait au micro du journaliste Ibrahim Ahmed Bah.
Il a donné de son temps, une heure exactement, sans se presser, s’exprimant d’une voix posée jamais monotone mais déterminée. Sur tous les sujets et sans langue de bois.
Si son interview dans l'émission des Grandes Gueules de la radio "Espace Fm" de Conakry avait laissé un sentiment d’inachevé à cause des problèmes techniques sur la liaison téléphonique, cette fois-ci c’était nickel. Merci Hafianews !
Quelques extraits de son Interview, résumés:
L’opposition guinéenne
- « L’opposition officielle est molle ». On ne peut pas être de l’opposition et accompagner Alpha Condé dans sa politique de destruction, et il n’est pas question d’accompagner des accompagnateurs, ceux qui aident Alpha à se relever chaque fois qu’il chute. ».
- L’UFDG : soutien en 2010, il n’a jamais été membre ou sympathisant de ce parti. Cellou Dalein est un ami qu’il a aidé, mais sa « main gauche préfère ignorer ce que la droite a offert. »
Son futur parti et les mouvements de soutien à son initiative
Ce ne sont pas des groupes de soutien à un parti, mais un mouvement transversal (il reviendra plusieurs fois sur l’expression) qui naît aux quatre coins du pays, car les Guinéens ont compris la profondeur et la nocivité du mal ethnique.
Son parti sera annoncé selon un chronogramme bien précis déjà tracé. Ses structures sont en train d’être mises en place par des Guinéens de toutes les régions en fonction de leur engagement pour le pays tout entier et de leurs compétences techniques.
Son parti ne sera pas un parti supplémentaire, mais un parti différent.
Sur le PPTE
L’achèvement du PPTE ne devrait normalement pas s’appliquer à la Guinée, qui ne devrait être ni pauvre, ni endettée. Le moteur d’une économie, c’est la confiance. Notre pays, avec ses potentialités humaines et matérielles, qui ne paye pas ses dettes, est rendu insolvable par la mauvaise gestion de ses équipes dirigeantes. L’achèvement du PPTE n’est pas le fait du pouvoir actuel, c’est un hasard du calendrier qui fait que M. Alpha Condé en réclame la paternité aujourd'hui.
La Guinée ne devait pas faire partie des « pays mendiants ».
Sur la Transition
Il sera très bref : « Un échec sur toute la ligne ». Les principaux acteurs en ont pris pour leur grade.
Origine de sa fortune
« En ce moment de pauvreté généralisée dans notre pays, je préfère que l’on parle plutôt de l’infortune du Guinéen que de ma fortune »
Un des tournants de l’interview qui pose l’homme et son ambition pour ses compatriotes et son pays, en toute modestie. L’homme, très au courant des lois du marché des titres, investit en Bourse et s’en tire très bien.
Il ajoute : « Grâce à Dieu, je gagne correctement ma vie ».
Pas de trace d’autosatisfaction ou de glorification. Un vent frais sur la politique guinéenne et ses innombrables « Professeurs, Docteurs, Honorables… » qui ont régulièrement conduit le pays d’échecs en échecs depuis l’indépendance.
Son engagement politique et son niveau intellectuel
Ce n’est certainement pas par caprice personnel, mais l’engagement d’un fils du pays à rassembler ses concitoyens sur une base transversale, devant l’échec patent du pouvoir actuel et de son opposition officielle dite républicaine.
« Aucune ethnie seule, aucune politique ethnique ne pourra faire décoller le pays ».
L’homme, de manière très didactique, fera comprendre que ce n’est pas en cherchant à le décrédibiliser par de lourdes insinuations sur son supposé état d’analphabète, ou de ses interventions écrites par quelqu’un d’autre que les tenants de la "mamaya" à Conakry, pouvoir et opposition confondus, réussiront à le faire dévier du chemin et du chronogramme qu’il s’est choisi après mure réflexion.
Il posera la question : « Est-il nécessaire d’avoir un diplôme universitaire pour s’engager en politique ? » La Guinée est malade d’une mauvaise gouvernance, mais rien n’est perdu. Rien ne m’arrêtera pour l’instauration de la démocratie en Guinée. »
Il reviendra plusieurs fois sur sa volonté, aidé de ses compatriotes, d’instaurer un vrai Etat de droit en Guinée et non de la version folklorique actuelle, en utilisant les voies et moyens de la légalité.
Une chose est certaine: sous le feu roulant des questions, on constate que cet homme s’exprime mieux et de manière de loin plus structurée et polie que le donné « Pr » enseignant à la Sorbonne Alpha Condé. Cela est indiscutable !
Son retour en Guinée et les grandes lignes de son action
« L’affaire du 19 Juillet 2011 était manifestement un coup monté, la justice m’a blanchi dans ce montage. Rien ne s’oppose à mon retour au pays, mais il se pose cependant des problèmes de sécurité dans notre pays. »
« Actuellement, nous avons un Etat, mais pas une nation; il faudra la construire. Il faut rétablir la confiance entre Guinéens et entre notre pays et l’étranger. Bref, il faut créer les conditions pour que les guinéens, surtout sa jeunesse, se mettent au travail. »
Synthèse de www.Guineelibre.com
Thierno A DIALLO
(1) Sadaqah (صدقه) :
Charité, donnée à celui qui est dans le besoin, à la discrétion du donneur. N’est pas une Zakat, obligation religieuse en fonction de la fortune de chacun.
http://www.islamic-dictionary.com/index.php?word=sadaqah
Source: "www.guineelibre.com"
--------------------------------------------------------------
A cette excellente synthèse de guineelibre que nous remercions et félicitons sincèrement, nous ajoutons d’autres passages qui ont fortement marqué l’équipe GuineePresse.Info :
1)- Au sujet de ceux qui mettent en doute que ce soit lui le vrai auteur de ses récentes déclarations dans la presse :
« Vous savez, dans un pays où ceux qui portent des gros titres sont souvent les plus médiocres, c’est normal qu’on doute du niveau de quelqu’un qui ne porte aucun titre académique. Au début, certains disaient que mon entrée en politique est un non-événement. Maintenant, ils disent que je ne suis pas auteur de mes propos publiés dans la presse après interview. Certains le disent même après mon intervention sur les Grandes Gueules de la radio Espace FM. A cause de la bonne qualité de ma communication parait-il. Je ne peux qu’en être flatté. »
« Un bon leader est celui qui sait s’entourer des meilleures compétences. »
2)- Sa priorité politique
« Nous avons un Etat mais pas une Nation en Guinée. Mon objectif immédiat est de provoquer un choc salutaire en instaurant un climat de confiance entre les Guinéens. La confiance est le moteur du développement. C’est cette confiance qui n’existe pas en Guinée, c’est pourquoi les choses ne marchent pas. Je vais réunir des Guinéens sans discrimination et les inciter au travail. C’est le seul moyen de sortir le pays de la misère. »
3)- A propos de ses critiques envers l’opposition collaboratrice
« Je ne m’engage pas en politique pour être à n’importe quelle place. Mon combat consiste à participer à l’instauration d’un Etat de droit, mais j’aime la clarté. On ne peut pas se dire opposant et accompagner le prof. Alpha Condé dans sa politique de destruction. Je préfère marcher seul ou avec des vrais opposants, mais pas accompagner des accompagnateurs, ceux qui l’aident toujours à se relever, quand Alpha Condé glisse pour tomber. »
4)- A propos du PPTE (pays pauvres très endettés) et du fait qu’Alpha Condé et chaque ancien Premier ministre en revendique la paternité
« Le cigle PPTE me fait mal quand il s’applique à un pays comme la Guinée. La Guinée n’est pas un pays pauvre. Un pays comme la Guinée ne doit pas être parmi les pays mendiants. Si la Guinée est pauvre, c’est parce que ses recettes ne sont pas gérées correctement. Je vous ai dit tout à l’heure que c’est la confiance qui est le moteur de l’économie. En payant sa dette, on peut en prendre le double ou le triple (en cas de besoin). Un pays qui ne paye pas ses dettes est un pays insolvable. On ne peut pas dire des dirigeants de ce pays qu’ils ont fait quoi que ce soit (qu’ils ont un mérite quelconque). Moi je trouve que c’est une honte de revendiquer cette paternité. »
En privé, j’ai demandé plus de clarté à Diallo Sadakaadji sur la question. Il m’a expliqué que si notre parti arrive au pouvoir, on sortira la Guinée du PPTE. Parce que, selon lui, le PPTE est un piège pour les pays qui en ont bénéficié. Cela les condamne à se contenter de l’existence minimum et ne plus pouvoir se développer. Car, dit-il, pour se développer, tout Etat est obligé de mobiliser de grands fonds pour le financement de grands projets. Les pays déclarés insolvables ne peuvent plus mobiliser un tel financement nécessaire.
A- Avant de publier notre synthèse, nous avons consulté un économiste des Nations Unies, un certain M. Camara avec plus de 30 ans de service dans le domaine, pour avoir son appréciation de cette analyse de Diallo Sadakaadji. Tant nous-mêmes, tous diplômés, on était dans le flou.
Je lui ai juste lu le passage entre guillemets ci-dessus ! Sa réponse :
« Celui qui a fait cette déclaration a parfaitement raison. On ne peut pas se glorifier en se reconnaissant pauvre et très endettés ! L’explication est terre à terre mais c’est la réalité qui s’applique tant aux individus qu’aux Etats. C’est étonnant tout ça, avec tous les Docteurs qu’on a en Guinée !
Alpha Condé s’est même permis de dire aux femmes de serrer la ceinture jusqu’à l’obtention du PPTE, oubliant que cela veut dire respecter les règles et exigences du FMI et de la Banque Mondiale. D’ailleurs, après le PPTE, rien n’a changé. Alors Alpha revient dire aux mêmes femmes d’attendre l’obtention du dixième FED ! Prenez l’exemple du Benin ! Ce pays a plus de problèmes aujourd’hui qu’avant l’obtention du PPTE. »
Alors je l’informe que cette déclaration est faite par quelqu’un que certains Guinéens qualifient de non-intellectuel, Diallo Sadakaadji. Il réagit promptement :
« C’est quoi un intellectuel ? L’intellectuel, c’est celui qui a la capacité d’analyser une situation et d’y proposer des solutions. L'Afrique ne s'est jamais plus mal portée que lorsqu'on a mis des diplômés aux pouvoirs. »
Dans le dictionnaire français, je trouve une définition du mot Intellectuel : ce qui est relatif à l’intellect, c’est à dire : Intelligence, entendement (Faculté de connaître, de comprendre).
B- Commentaire d’une personnalité politique allemande que j’avais invitée à suivre cette interview :
« Cet homme, j’en suis sûr, pourrait apporter le salut à votre peuple et mettre la Guinée sur le chemin du développement. Avec un minimum de patriotisme, les intellectuels Guinéens de tous les bords pourraient reconnaitre cela en lui, afin que votre pays puisse enfin sortir de sa crise et situation pénible ! »
Ecoutez l’interview de Sadakaadji du samedi 8 février 2014 avec la radio Hafianews !
(N’oubliez pas, les commentaires des auditeurs viennent après l’interview)
Nos remerciements à Hafianews, aux auditeurs, aux compatriotes Guinéens et aux amis de la Guinée !
GUINEEPRESSE.INFO

Revenir en haut de la page