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Guinée : après les menaces des opposants, Alpha Condé et la Ceni leur font le doigt !
2015-03-11 11:43:45 On attendait la décision de la Ceni relative au chronogramme électoral. C’est l’option 2 que j’ai évoquée dans mon texte du samedi 7 mars 2015 qu’elle a prise (Lire). Le premier tour du scrutin présidentiel est fixé au 11 octobre 2015, tandis que les élections locales sont annoncées pour le 10 juillet 2016 (visiblement prévu avec la même Ceni et le même pouvoir) ! A noter qu'il n'a pas été question, au cours de la réunion de la Ceni à Kindia, d'une faisabilité technique ou non des communales avant la présidentielle, mais de la préférence du pouvoir et des exigences de l'opposition de respecter l'ordre normal des élections. Ils ont donc voté. Sur les 25 membres de la Ceni (10 de la mouvance, 10 de l'opposition, 3 de ladite société civile et 2 de l'Administration), 7 ont voté pour l'organisation des communales avant la présidentielle, comme le voudrait la loi . Il y avait le consensus pour la date du 11 octobre pour le premier tour de la présidentielle. Un majeur tendu en signe d'hostilité, les Français l’appellent "doigt d'honneur". Il est appelé digitus impudicus (« doigt insolent ») dans des textes de la Rome antique. C'est un signe majeur d'hostilité, un geste insultant son interlocuteur. C’est la réponse qu’Alpha Condé et sa Ceni viennent de donner à l’opposition qui ne cesse de répéter qu’elle représente plus de 70% des Guinéens et de répéter des menaces qu’elle profèrent depuis 2011 mais qui n’ont jamais été suivies d’effet. Commentaire d’un juriste guinéen : « La CENI et le pouvoir viennent de montrer à nouveau qu'ils s'en foutent de nos lois et des "menaces" de notre opposition. Espérons que l'opposition sera ferme cette fois-ci et que ce coup du pouvoir sera le coup de trop qui mettra fin à ses jours... » Fallait-il s’attendre à autre chose ? Nos leaders de l’opposition courent toujours derrière les décisions d’Alpha Condé au lieu d’anticiper et se battre pour le respect de la Constitution et des échéances officielles. Et, toujours, Alpha Condé a eu ce qu’il a voulu forcer illégalement, avec leur consentement. Ce fut le cas quand le pouvoir a décidé de remplacer le fichier électoral de la SAGEM par un fichier spécial de Waymark/Sabari en 2011, ce fut le cas pour la recomposition de la Ceni en 2012, ce fut le cas pour l’organisation des législatives en 2013, ce fut le cas pour les résultats des législatives et la participation à l’Assemblée Nationale (Lire 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8). Ils avaient aussi attendu que le recensement illégal se fasse et que ses résultats soient rendus officiels avant de protester par simple communiqué. Ils ont agi de la même manière pour l’INDH : ils ont su et dénoncé eux-mêmes la falsification de la loi, mais ils ont attendu que les représentants de ladite institution soient convoqués, qu’ils prêtent serment devant la Cour Suprême qui pouvait elle-même constater la non-constitutionnalité de la version falsifiée de la loi et qu’ils prennent fonction pour engager un recours juridique devant cette même cour (Lire 1 et 2) ! Est-il donc étonnant que ni Alpha Condé ni la Ceni ne manifestent le moindre égard à nos opposants actuels ou n'hésitent un peu devant leurs menaces ? Ils devaient exiger la dissolution de la Ceni et la traduction de ses membres devant la justice après l’organisation chaotique des législatives en 2013 avec la violation de la loi électorale pour favoriser le parti au pouvoir (que même l’Union européenne a dénoncée). Ils auraient dû exiger la dissolution de la Ceni quand le chef de l’Etat Alpha Condé a rencontré, le 16 avril 2014, en catimini, une partie de ses membres pour leur donner des instructions (Lire 1 et 2). Ils auraient dû exiger la dissolution de la Ceni quand elle a engagé le recrutement de l’opérateur électoral sans les associer au processus. Les leaders de l’opposition guinéenne n’ont jamais agi comme il le faut ni quand il le faut ! Qui va donc les prendre encore au sérieux, côté pouvoir comme des partenaires étrangers ? Toute la semaine passée, l’opposition qui a eu vent de la décision du pouvoir de faire inverser le chronogramme électoral pour organiser la présidentielle avant les communales, en violation de la Constitution et du code électoral, est montée au créneau chaque jour pour dénoncer la manœuvre et faire des menaces très lourdes de conséquences : - l'opposition suspendra sa participation au Parlement ; Comme toujours, ils ont mis la barre très haut, mais cette opposition dirigée par des anciens Premiers ministres et fonctionnaires fera-t-elle autrement, c'est-à-dire, joindra-t-elle l’acte à la parole cette fois-ci ? Comme cela s’est toujours passé, le pouvoir et les partenaires étrangers vont appeler au dialogue et attendre que les opposants (en particulier Cellou et Sidiya qui décident toujours au nom de toute l’opposition) finissent par se plier en acceptant les faits accomplis. Si l’opposition jouait son rôle, ce n’est pas dans l’année électorale de la présidentielle 2015 que la crise allait éclater autour des élections communales et communautaires qui devaient avoir lieu avant fin mars 2014 selon la loi. Ces mesures annoncées ci-haut devraient être prises dès le limogeage des premiers élus communaux et communautaires pour les remplacer par des militants du parti au pouvoir RPG. Car cela s’est fait en violation de la Constitution. Même après avoir accepté l’acte illégal, ces délégations spéciales ne devraient pas rester en fonction plus de 6 mois selon la loi. En effet, ayant été nommées en mars 2011, des élections communales auraient dû être organisées depuis septembre de la même année (2011) pour les remplacer légalement. Malheureusement, l’opposition a simplement ignoré le dossier en se soumettant à leurs autorités même dans ses propres fiefs. Une chance à saisir ! En croyant que les choses se passeront cette fois-ci encore comme d’habitude, Alpha Condé s’est gravement trompé en Guinée en donnant la chance à l’opposition de corriger ses erreurs du passé qui avaient donné un grand avantage au parti au pouvoir RPG (Contrôle de la Ceni, recensement illégal et discriminatoire, fichier électoral manipulé, opérateur électoral douteux choisi unilatéralement). Tout a été fait sans la participation de l’opposition en violation non seulement de la loi mais aussi des accords politiques du 3 juillet 2013 auxquels les Nations Unies et les partenaires étrangers ont été impliqués. Ainsi, en joignant l’acte à la parole cette fois-ci, les opposants obtiendront une nouvelle Ceni et la reprise de tout le processus électoral dans les normes et sous l’égide des Nations Unies ou bien le départ pur et simple d’Alpha Condé, comme son frère et tuteur Blaise Compaoré du Burkina. Cela est une chance à ne pas rater, même si le pouvoir fait désormais recul par rapport au chronogramme, car le maintien de l’opérateur Gemalto exclurait des élections crédibles en Guinée (Lire). L’opposition ne doit plus accepter un dialogue quelconque avec le pouvoir (qui ne respecte pas la Constitution ni ses engagements) sans l’implication des Nations Unies pour la gestion des élections guinéennes. Sinon, c’est contribuer au maintien d’Alpha Condé au pouvoir et la vente aux enchères de la Guinée les années prochaines. Maintenant que les élections ne peuvent se tenir qu’avec le financement des partenaires étrangers dont l’Union Européenne surtout, l’opposition doit refuser tout compromis qui laisserait le parti au pouvoir être le maitre du processus électoral qu’il veut gagner à tout prix. C’est cette chance que le pouvoir vient de lui offrir. Ce que les leaders politiques guinéens doivent comprendre, c’est que les diplomates et partenaires étrangers sont dans leur rôle quand ils demandent aux opposants de faire preuve de modération et d’accepter le dialogue et un compromis avec le pouvoir. Il revient aux opposants guinéens de rester fermes sur le respect des accords politiques et de la Constitution guinéenne. On ne doit pas accepter un dialogue ou un compromis sur des points qui relèvent de la loi. La loi est à appliquer, point ! Le dialogue et le compromis ne doivent porter que sur des échéances et la faisabilité des programmes nécessaires à la tenue des élections transparentes et crédibles. Ainsi, on peut reculer certaines dates en fonction des marges de manœuvres qu’on a ou trouver un compromis sur un régime transitoire au cas où Alpha Condé n’est plus à mesure d’organiser les élections dans les normes avant l’expiration de son mandat officiel, malgré 5 ans d’exercices au pouvoir, alors qu’il savait qu’il avait le devoir d’organiser ces élections avant même sa prise de fonction. En tant que jeune et nouvelle génération politique guinéenne (un regroupement des jeunes de toutes les régions de la Guinée), nous disons à nos amis de la France où des anciens camarades et collègues des amis d’Alpha Condé sont au pouvoir aujourd’hui que : soit vous suivez la règle et les principes que vous dites défendre, soit vous compromettez vos intérêts après Alpha Condé. Si vous laissez votre gouvernement faire des copinages avec Alpha Condé au détriment de la démocratie en Guinée, vous compromettez la paix et la stabilité en Afrique de l’Ouest et vous compromettez vos intérêts futurs en Guinée. Nous avons certes eu du retard à venir dans l’arène politique, parce que le régime condé refuge, depuis 2012, d’autoriser des partis d’opposition, mais nous serons au rendez-vous cette année. Cette fois-ci, si la vieille classe politique accepte des compromis qui violent la Constitution de notre pays, nous allons nous y opposer, au prix de notre sang si c’est nécessaire. Nous remettrons en cause et annulerons tout ce qu’Alpha Condé est en train de faire en violation des lois et de la Constitution du pays. Nous disons à Alpha Condé, auquel la Guinée a tout donnée, allant jusqu’à modifier la Constitution pour lui permettre d’être candidat à la présidentielle en 2010, bien qu’il soit de parents non-Guinéens, qu’une dette d'honneur déshonore celui (ou celle) qui ne la rembourse pas. Il n’a pas été reconnaissant envers les Guinéens, ses opposants actuels y compris. Selon la Constitution, l’élection présidentielle doit avoir lieu entre septembre et octobre 2015 (Lire). Depuis le début de l’année, l’opposition interpelle le Président sur la question parce que les listes électorales devaient être publiées depuis le 8 janvier. Cette demande de l’opposition n’a jamais eu de suite. La semaine passée, pour rassurer le patronat français, Alpha Condé s’est substitué à la Ceni pour dire, depuis Paris, que la présidentielle guinéenne aura lieu en octobre 2015. Donner la plus importante information de la vie d’un peuple dans un pays étranger. Cette information concerne-t-elle la population française ou bien ce sont les Guinéens qui sont concernés ? Nous prenons ce même patronat français et l’opinion française à témoin : au terme de son mandat actuel, il dégage. Nous ne lui donnerons pas 24 h de plus ! Emissions recommandées :
SADIO BARRY,
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