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Guinée : déclaration de l’UFD sur le calendrier électoral en Guinée et sur la CENI


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2015-03-15 09:57:21

REPUBLIQUE DE GUINEE

UNION DES FORCES DEMOCRATIQUES (UFD)

DECLARATION SUR LE CALENDRIER ELECTORAL EN GUINEE ET SUR LA CENI

Nous apprenons que la CENI a décidé de fixer la date de la prochaine élection présidentielle au 11 octobre 2015, tandis que les élections communales sont renvoyées au 1er  trimestre 2016.

Ce dernier développement a le mérite de lever définitivement le doute que certains pouvaient avoir sur la vraie nature de cette institution en charge de l’organisation des élections en Guinée, en lieu et place du Ministère de l’Administration territoriale. 

Le constat

Le mandat des élus communaux a expiré depuis décembre 2009. En inversant l’ordre des consultations pour mettre les élections communales après les présidentielles, la CENI s’est alignée sur le pouvoir dont la constance est de violer en permanence les dispositions constitutionnelles, en particulier la fixité des mandats électifs.

Plus grave, cette décision en forme de coup de force, intervient alors que la CENI est restée totalement sourde aux appels que nous avons lancés avec d’autres pour la reprise du fichier électoral, levier principal de la fraude massive qui se prépare.

De WAYMARCK à GEMALTO, le système très sophistiqué permettant de fabriquer des résultats électoraux pour le pouvoir est resté le même et s’est même perfectionné. Ce système fait de manipulation des listes électorales, de bureaux de vote fictifs, de bourrage des urnes, de brouillage des bureaux de vote et de diktat de l’Administration, a prouvé sa redoutable efficacité lors des dernières élections présidentielles de 2010 et aux législatives du 28 septembre 2013.   
  
La CENI a montré ainsi sa soumission totale au pouvoir du RPG-Arc-en Ciel. Son caractère non indépendant est adroitement masqué par la présence en son sein de représentants de l’opposition dont le seul mérite est de percevoir des salaires confortables et de servir de faire-valoir.

La CENI renouvelée en 2012 est restée sur la même lancée que la précédente, sinon pire : elle est chargée de mettre en œuvre les volontés du pouvoir en place, en violant la souveraineté du peuple. En contrepartie, le pouvoir ferme les yeux sur les graves allégations d’enrichissement illicite qui pèsent sur elle.

La question reste posée de savoir si le pouvoir lui-même ne corrompt pas la CENI aux frais du contribuable guinéen, pourvu que ses volontés soient exécutées. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi, en toute illégalité, le système de bipolarisme politico-ethnique qui règne sur notre pays avait empêché l’UFD de siéger à la CENI.

Il incombe à l’opposition de prendre l’ultime décision de maintenir ou non ses représentants à la CENI en sachant que cette CENI est incompatible avec l’exigence d’élections libres et équitables. 

Nos propositions

Face à une telle situation pleine de dangers: l’opposition, doit mettre au point une stratégie cohérente et rester solidaire au delà des intérêts partisans, pour privilégier l’intérêt national.

Il ne doit plus être question de « recomposer » la CENI. Celle-ci doit être immédiatement dissoute et remplacée par une véritable CENI indépendante composée d’hommes et de femmes compétents, crédibles et consensuels dont le rôle est d’organiser d’élections crédibles, transparentes et équitables.

La nouvelle CENI doit reprendre le recensement des électrices et des électeurs de Guinée et de l’extérieur afin de produire un fichier fiable, n’excluant pas sciemment certains citoyens en âge de voter.

Aucune élection ne doit se tenir avant ces préalables.

Tout retard dans la mise en œuvre de ce dispositif, s’il aboutit à la prorogation du mandat de l’actuel président, doit entraîner la mise en place d’une nouvelle transition et la tenue d’une Conférence nationale – Vérité – Justice et Réconciliation.

Face au blocage politique actuel et le refus catégorique de dialogue sérieux par le pouvoir, nous ne pouvons qu’encourager l’opposition parlementaire à refuser de s’installer dans le  crétinisme parlementaire auquel le pouvoir la destine, avec une assemblée totalement stérile et déconnectée de toutes les graves préoccupations de l’écrasante majorité de la population qui croupit dans la misère et le désespoir. Il faut espérer que l’opposition sera ferme dans sa décision et que les menaces de privation de salaires et autres avantages ne la feront pas reculer. Si elle veut être logique avec elle-même et conséquente, l’opposition guinéenne ne peut pas demander à la population vivant à la limite de la survie, de consentir de lourds sacrifices en observant  la désobéissance civile pour le triomphe de la démocratie, alors qu’elle-même a toutes les raisons de rester en dehors.

A cet égard, c’est le lieu de saluer l’action courageuse et exemplaire des membres du Parlement Burkinabé de transition qui, dans la droite ligne des options novatrices sinon révolutionnaires de Thomas Sankara, a posé comme premier acte, le vote d’une loi complète contre la corruption et l’enrichissement illicite, source de misère pour le plus grand nombre et d’injustice sociale. On ne peut qu’être affligé de la comparaison avec la Guinée : chez nous, un pouvoir qui a prétendu être venu pour le changement, piétine ouvertement et insolemment la constitution, en refusant  de respecter la déclaration des biens des dirigeants, favorisant ainsi la corruption et le pillage à ciel ouvert du bien public auquel nous assistons impuissants, pendant que le peuple, particulièrement la jeunesse, se meurt dans la misère et l’abandon.

Nous appelons le peuple de Guinée à refuser de se prêter à la mascarade électorale qu’on lui prépare, de tirer les dures leçons des graves méfaits de l’idéologie ethniciste et à se mobiliser pour prendre son destin en main et en finir avec la misère, la violence, la dictature, la division et l’injustice et bâtir dans l’unité retrouvée, une véritable démocratie, pour la justice et le progrès au bénéfice de tous. 

Fait à Conakry, le 14 Mars 2015

Pour l’UFD, le Président Mamadou BAH Baadiko


 

8 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

GuineePresse15/03/2015 10:22:55
Grand merci à l'UFD qui réagit ainsi à temps et dans le sens attendu par la majorité des Guinéens, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays ! Nous partageons à 100% votre position. Nous vous remercions et vous félicitons d'être à l'avant-garde de ce combat pour empêcher une nouvelle dictature en Guinée. Visiblement, vous avez une longueur d'avance sur les partis dits leaders de l'opposition. Cette fois-ci, le peuple comprendra et en tiendra certainement compte.
SADIO BARRY15/03/2015 10:50:05
Nous portons à votre attention que renouveler la Ceni en laissant les 4 personnes gérant le serveur central et prenant directement des instructions à la Présidence, constituant ainsi les vrais pivots de la fraude, ne mènera pas à grand-chose. La mise à l'écart doit donc concerner tous les acteurs actuels de la Ceni (commissaires et techniciens):

- Ali Badra Kakoro,
- Yaya Khan
- M. Keita de la villa 33
- Bakary Fofana et toute son équipe actuelle dont les éléments ont prouvé leur manque de moralité et leur incompétence lors des législatives de 2013. Même s'il faudra saluer le courage des commissaires qui ont dénoncé la manœuvre et ont expliqué publiquement que les communales étaient tenables mais que la décision changer le programme est venu d'ailleurs.
A. Tidiane Barry15/03/2015 11:18:04
Merci UFD! On ne peut pas dire mieux. Espérons que vos collègues qui sont complexés de nature vont suivre ces recommandations digne d'une opposition crédible. Toute autre action nous conduira à la victoire du dictateur sanguinaire Condé.
M. Barry15/03/2015 16:13:28
Ce que l'ufd pose ici comme solution de sortie de crise est ce qui constituait les revendications de l'opposition. Bah oury l'a souvent rappelé et guineepresse l'a frequemment rappelé dans ses postings. C'est ça la solution. Mais l'opposition dans ses hesitations et ses contradictions a fait que le debat a été deplacé sur le calendrier et l'ordre des elections. Des innocents vont encore mourir pour des fautes commises par l'opposition, en premier lieu Elhadj cellou. Je me rappelle encore exactement des avertissements qui sortaient des 4 coins du monde pour dire que les changements qu'Alpha Condé et ses associés voulaient faire à la CENI renfermaient des pieges insurmontables. Mais Elhadj Cellou ignorait arrogaments ces avertissements. Où on est aujourdhui? C'est dommage. Dans un pays normal, des bêtises de ce genre auraient mis fin à la carriere politique de celui qui se serait revelé aussi incompetent. Le peuple guineen, en particulier les militants de l'opposition devraient prendre du recul pour voir les decisions qui s'imposent.
Barros Diallo15/03/2015 21:00:04
De sérieuses propositions et tout à fait légitimes de l' UFD. Il faut tirer la conclusion qui s'impose : la CENI est incapable d'organiser des élections transparentes. Elle a eu non pas 7 mois, mais plus de 7 ans pour se préparer organiser ces communales/communautaires. Mais vu que les commissaires désignés par l'opposition s'accrochent à leur fauteuil, ces propositions de l'UFD ne risquent pas de passer.
Par ailleurs, il faut cesser de donner à Alpha Condé et son exécutif un pouvoir que la loi ne leur confère pas en les invitant à des dialogues et accords bidon, concernant le processus électoral. Il faut renforcer et exiger l'application des lois existantes. C'est la CENI qui est responsable de l'organisation des élections. Corrompue ou pas, c'est elle qui doit répondre de cette responsabilité à la fois collectivement et individuellement. Les avancées ou acquis démocratiques ne se traduisent pas des accords de coquins, mais par des lois et institutions responsables. L' irresponsabilité au sein des institutions doit avoir des conséquences pour les fautifs .
Bangaly Traore16/03/2015 02:46:42
Le Rpg c'est la fraude,le mensonge et la violence.Bakary Fofana doit degager il n'a jamais ete credible..L'opposition interet d'ecoute guineepresse.info..Slt mon ami Sadio barry.
Hawa Bah16/03/2015 15:27:37
Merci Mr Bah et UFD pour montrer le chemin à nos leaders d'opposition qui semblent être perdus et paralysés. A une telle allure, la colère baisse et les gens se résignent. C'est la seule tactique que semble avoir le chef de file de l'opposition et son adjoint Sidya.
Diakité Bakary18/03/2015 12:20:14
Est-ce possible de faire des élections transparentes dans le système opaque d’un parti-Etat?
Aucune élection transparente et équitable ne peut se faire dans un système de parti-Etat qui reste corrompu, opaque et incompatible avec la Démocratie
« Avec le temps, on mesure jusqu’à quel point l’héritage spirituel et idéologique du régime du parti-Etat continue à peser négativement sur la société guinéenne, à la façon d’un mur invisible sur lequel viennent se briser tous les efforts généreux du courageux peuple de Guinée pour bâtir une société démocratique de progrès et de justice. » Pr Alfa Ibrahima Sow.
Le PDG-RDA était un parti unique et totalitaire qui a tenu le pays d’une main de fer de 1958 à 1984. Le PDG a été un parti-Etat qui se confondait au pouvoir public et à l’administration. A la mort du chef suprême de la révolution, le PDG s’est mué en un autre parti-Etat : le PUP, avec les mêmes méthodes, les mêmes hommes malgré le multipartisme.
Dans un pays où, pendant bientôt six décennies, on a cultivé l’arbitraire et le conformisme comme vertus cardinales les différents parti-Etats au pouvoir ont toujours fait pression sur les fonctionnaires, licenciant certains, cassant ou déplaçant d’autres, pour obtenir leur docilité et soumission sans état d’âme.
Aujourd’hui , l’idéologie et les pratiques politiques du parti-Etat sont plus que jamais présentes dans la vie du pays. En Guinée le pouvoir politique est considéré comme l’unique moyen d’accomplissement des aspirations de l’individu à une vie décente pour lui-même, sa famille, ses amis, sa région, son ethnie etc.
Pour avoir un avantage quelconque avec le pouvoir public ou l’Administration ou tout simplement pour jouir de ses droits de citoyen, il faut adhérer au parti. La préséance n’est pas fonction des compétences mais du degré d’allégeance au parti et à son cheh suprême. Pour gravir l’ascenseur social, il faut aller dans le sens de la propagande, du clientélisme ambiant.
A bientôt