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2016 : un début d’année agité et plein d’enseignements en Guinée (Partie 4)

Le général Sékouba Konaté et Sadou Keita gouverneur de Labé : deux opportunistes à garder en mémoire.

Inquiété aux USA et menacé de perdre son emploi à Addis-Abeba, notre médiocre général d’armée, Sékouba Konaté, tente de se préparer un point de chute en Guinée auprès d’Alpha Condé.


  2016-01-15 09:48:34

L’ancien Président par intérim de la transition guinéenne, le soi-disant général  d’armée, Sékouba Konaté, a été reconnu coupable de Contrebande de monnaie, de  faux et usage de faux par la justice américaine. Cela s’est passé le mardi 1.er  décembre 2015 en Virginie. Inculpé par un  grand jury fédéral américain le 7 mai 2015, il pourrait être condamné à une  peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison le 19 février 2016 (Lire 1 & 2).

De quoi inquiéter un homme habitué au luxe et travaillant pour un organisme international. Car, même s’il est simplement condamné avec sursis et à juste payer une amande, sans aller en prison, Sékouba pourrait perdre son poste actuel à Addis-Abeba, en Ethiopie. Or, notre général est un médiocre qui ne peut pas obtenir un emploi en dehors de la Guinée, sauf sur arrangement diplomatique. Sékouba Konaté tente alors de se préparer un point de chute en Guinée auprès d’Alpha Condé. Il se fait donc passer pour un partisan zélé du dictateur guinéen. Il propose la modification de la constitution pour le maintien durable au pouvoir du "profosseur qui a besoin de beaucoup de temps pour réaliser ses programmes".

Sékouba Konaté, le vendredi 25 décembre 2015 à Manhattan :

« Je remercie le Président Alpha Condé. Je remercie ma femme, mes amis, le peuple de Guinée. … Pour son deuxième mandat, le Président Alpha Condé a posé les bases, il nous appartient à présent de nous battre pour consolider ces acquis. Je vais vous dire une vérité. Tout le monde sait que cinq ans, ce n’est pas grand-chose. La constitution guinéenne a été signée par des Hommes, il n’y a pas eu de référendum. Vous devez encore vous battre pour qu’il y ait un référendum sur la constitution afin qu’on obtienne un mandat de sept ans. J’ai rencontré des grands chefs d’Etat africains qui m’ont dit qu’en cinq ans on ne peut pas faire tout le travail. Donc c’est le bon moment (…). Cinq ans ça passe vite »

En juin 2009, c’est le même homme qui soutenait l’idée que Dadis avait besoin de 25 ans pour accomplir sa mission en Guinée !

Sékouba Konaté était-il dans un état lucide quand il tenait ce discours ?

Premièrement, Sékouba a été choisi en qualité de général d’armée pour diriger la transition démocratique en Guinée. Il avait la possibilité et le devoir d’influencer le processus et de faire adopter par le CNT ce qui est meilleur pour la Guinée. Ce n’est pas "des hommes", mais lui-même qui a signé et promulgué la Constitution, sans référendum. De ce discours, on relève qu’il ne trouve pas cela normal. Il a donc trompé et trahi le peuple de Guinée auquel il n’a pas été loyal pendant la transition. Sinon, il aurait refusé de signer et démissionner s’il le faut si la Constitution n’est pas soumise au Référendum, s’il croit que c’est ce qui était normal et devait se faire.

Deuxièmement, Alpha Condé n’aurait pas 5 ans dans ce mandat, mais 10 ans, largement suffisant pour le projet politique d’un homme ou d’un parti. Quant au développement effectif d’un pays comme la Guinée, même 25 ans ne sont pas suffisants. On le réussit par des projets à long terme, des projets qui s’étalent sur plusieurs décennies. C’est pourquoi il n’est pas bien de gouverner en excluant ses adversaires et l’opposition qui seront appelés un jour à assurer la continuité de l’Etat. Un homme politique patriote et visionnaire qui veut développer son pays ou assurer son avenir gouverne dans la justice et le dialogue permanent avec ses adversaires politiques, en associant l’opposition à la prise des décisions d’intérêt national. De nos jours, cela passe par le respect de la Constitution, l’élection d’un Parlement crédible et représentatif du peuple, lequel Parlement on laisse jouer correctement son rôle.

Troisièmement, vu la cartographie politique actuelle du pays, les circonstances dans lesquelles Alpha Condé est arrivé au pouvoir et a eu son second mandat, la proposition de Sékouba Konaté, tenue dans un milieu partisan et ethnique, n’est ni plus ni moins qu’une incitation à la provocation, à la division ethnique et régionale et un appel au désordre et à la guerre civile en Guinée. En effet, toute option de modification des articles de la Constitution relatifs au mandat d’un président en exercice a été sciemment verrouillée sur la base d’un consensus de toutes les Forces Vives guinéennes en 2010 :

Article 27 de la Constitution guinéenne en vigueur:

« Le Président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non ».

Une prescription verrouillée au TITRE XVIII - DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION, rendant impossible la modification de l’article 27 et ceux relatifs à la forme républicaine, laïque et unitaire de l’Etat guinéen (notamment les articles 1 et 2), même en cas de révision de ladite Constitution:

Article 154: « La forme républicaine de l'Etat, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’État, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l'objet d'une révision ».

Que Dieu bénisse ceux qui s’étaient battus à l’époque pour obtenir ce verrouillage !!!

Après Sékouba Konaté, le gouverneur de Labé, Sadou Keita, a aussi préconisé la modification de la Constitution pour Alpha Condé et les opportunistes du RPG ont commencé à en parler aux réunions du parti. Ainsi, il devenait impératif que le Président rappelle les uns à l’ordre et rassure les autres qu’il est bien à son dernier mandat tel que prescrit par la Constitution. C’est ce qu’ont fait tous les Présidents démocrates qui ont tenu leur engagement et placé leurs pays sur l’orbite de la vraie démocratie en refusant toute modification de la Constitution. Eux, ils ont vite rappelé à l’ordre les premiers démagogues qui ont commencé à réclamer la modification de la Constitution, en faisant connaitre eux-mêmes leur opposition personnelle à toute modification de la Constitution relative au mandat du Président. Du coup, ils ont joui du respect et du soutien du peuple, y compris de leur opposition, jusqu’à la fin de leur mandat, sans aucune entrave à leur action gouvernementale.

Curieux et inquiétant donc qu’Alpha Condé n’ait pas saisit l’occasion de sa dernière adresse à la Nation, à l’occasion du nouvel an, pour mettre fin aux spéculations qui vont nuire à la paix sociale et à ses projets au cours de ce dernier mandat (Lire le prochain n°.,  Partie 5).

Quatrièmement, que Sékouba Konaté ne pense pas qu’Alpha Condé est idiot au point de ne pas savoir qu’il ne compte pas parmi ses amis ! C’est le général Sékouba Konaté, assisté du colonel Moussa Keita, qui avait aussi incité Dadis à violer ses engagements pour rester au pouvoir. Il tiendra un tel discours au camp Alpha Yaya, il le tiendra au Gabon et il ira faire campagne à l’intérieur du pays dans ce sens en distribuant de l’argent aux notables.

Ce sont les démarches dans lesquelles Sékouba a poussé Dadis qui ont conduit aux crimes contre l’humanité le 28 septembre 2009 et à sa chute tragique dont il continue encore de subir les conséquences aujourd’hui en exil.

Par ailleurs, c’est en mars 2013 que remontent les dernières menaces sérieuses de Sékouba Konaté contre Alpha Condé qu’il n’excluait pas de faire tomber:

« Je m’occuperais de Alpha Condé et décortiquerais la transition pour dire comment elle s’est déroulée. Je ferais une grande interview sur RFI et France 24 bientôt » (Lire). 

Lire la partie 3 ! 

Lire la partie 5 

 

SADIO BARRY,
Depuis l’Allemagne


 

4 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

baldewin15/01/2016 18:53:40
Merci pour cet article très édifiant
Almamy Sylla15/01/2016 19:34:15
C'est bien qu'il y ait quelqu'un qui nous rafraichisse la mémoire. Je me pose encore la question, comment ce soulard qui est le vrai instigateur des événements du 28 septembre 2009 en poussant Dadis à trahir ses engagements et à vouloir garder le pouvoir. Alors qu'en réalité il n'aimait pas Dadis. Sékouba ne pensait qu'à ses intérêts personnels et a poussé son ami dans l'enfer. Encore tout récemment quand le soulard s'est brûlé par ses propres maladresses, il a fait croire que c'est Alpha qui a voulu l'assassiner. C'est le même type qui demande une modification de la constitution pour maintenir Alpha Condé plus longtemps au pouvoir. A cause de ces minables créatures le guinéen a perdu tout espoir chez lui et toute crédibilité dans ce monde.
Almamy Sylla15/01/2016 19:43:23
Pardon, j'ai omis un passage dans mon texte.
Je voulais dire:

Je me pose encore la question, comment ce soulard qui est le vrai instigateur des événements du 28 septembre 2009 en poussant Dadis à trahir ses engagements et à vouloir garder le pouvoir, a pu être choisi par les Cellou comme président de la transition? Je l'ai toujours préféré à Alpha Condé mais rien que pour ce péché, Dalein ne va jamais plus accéder à la présidence en Guinée.
Rachid16/01/2016 12:24:53
Excellent Mr Barry.