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2008-10-18 22:00:46
Bonjour à tous !
Chers compatriotes, nous avons créé la base d'une concertation pour des actions qui doivent nécessairement être communes si nous voulons réussir dans le combat d'instauration d'un Etat de droit en Guinée.
Pour toute entreprise humaine, le début est toujours difficile, les risques d'échec énormes. Mais le résultat dépendra toujours de notre volonté de réussir. Pour cela, nous devons faire des sacrifices et accepter de nous imposer des principes. Sans quoi toute entreprise est condamnée à échouer.
Quand l'appel a été lancé pour cette initiative, il y a eu des réactions très positives dans l'ensemble. Tous nos compatriotes qui se sont prononcés là-dessus, épousaient l'idée en reconnaissant la nécessité de faire ce pas. Mais, tous ne pouvaient malheureusement participer à la rencontre. Pour des raisons diverses. Celles qui me paraissent dignes d’intérêts d’être évoquées ici, sont des problèmes personnels: pour certains compatriotes, leur participation est conditionnée par l'absence d'autres qu'ils ne peuvent plus sentir ou auxquels ils ne font pas confiance. Ne condamnons personne: certains en ont assez de se déplacer pour rencontrer des frères et sœurs et devoir s'y faire insulter ou assister à des bagarres d'adultes. D'autres ont simplement perdu tout espoir de voir un regroupement guinéen aboutir à quelque chose de positif. Ils sont convaincus que partout où apparaissent certaines têtes, l'échec est programmé.
A mon avis, cela est dû au manque de respect des règles établies. Nous reprochons à Conté de ne pas respecter la loi et d'avoir par exemple bafoué la justice en sortant son ami Mamadou Sylla de la prison. Pourtant nous constatons, qu’en Allemagne, en France et partout ailleurs, le Guinéen peut renier la vérité et la parole donnée, juste pour marquer sa solidarité à un ami ou à un frère. Même si la personne a visiblement tort. Ce n'est ni plus ni moins que le comportement du Président guinéen Lansana Conté. Et c'est bien cela qui mine notre Etat et l'empêche de devenir une société moderne profitable à tous.
Nous devons commencer à nous imposer une discipline et respecter les règles qui doivent valoir pour tout le monde. Nous devons tirer une leçon des échecs politiques de nos aînés Alpha Condé, Bah Mamadou et Siradio Diallo. Ces grands intellectuels n'ont jamais pu surmonter leurs querelles personnelles de l'époque d'exil. <<Si monsieur tel est là, moi je ne participe pas !>>, a été le mot d'ordre dans leurs milieux. Leaders politiques, ils ne pouvaient surmonter ces haines et querelles personnelles. Ils ont essayé, obligés par la base, de se retrouver et agir ensemble. Mais sans conviction ni volonté réelle. Résultat: ils ont tous échoué et la Guinée est plus que jamais en mal aujourd'hui.
Nous devons accepter l'évidence: ce pays nous appartient à nous tous et aucun groupe ne pourrait y exclure l'autre définitivement. Nous allons composer ensemble pour sauver notre patrie ou sombrer ensemble. Comprenons qu'une initiative de rassemblement n'a pas de sens s'il est question de réunir seulement des amis ou des gens qui ont les mêmes idées.
On ne peut jamais réveiller un mort. Mais en Guinée, des excuses verbales suffisent pour calmer une famille victime et l’avoir même parmi ses amis. Chercher à justifier un crime ne peut que renforcer des rancœurs et créer des haines.
Ce mouvement (IBCG) ne voudrait pas s’occuper des questions du PDG, du CMRN ou des victimes du passé. Il se préoccupe exclusivement de ce qu’il faut faire maintenant pour mettre notre pays sur la voie d’une transition démocratique pouvant nous mettre à l’abri d’un déchirement du tissu national. La demeure est en péril. Nous devons d’abord la sauver ensemble avant de discuter sur des coupables. Un tel débat sous l’arbitrage d’un Etat démocratique se ferait dans la fraternité et la justice, sans risque de débordement. Ceux qui réclament la justice, doivent se battre pour qu’il y ait un Etat de droit. Seul un tel Etat peut nous la garantir sans frustration ni risque d’aucune sorte.
En Guinée, chez des Malinkés, chez des Peuhls, chez des Soussous comme en Forêt, il n’y a rien qui ne soit pas pardonnable, même les crimes volontaires. Il suffit que les familles se rencontrent et se parlent. Je le dis par expérience vécue :
En 1985, il y avait un enseignant (surveillant) au collège Morifindian Djoubaté de Kankan, appelé monsieur Condé dit MC. Il s’occupait de l’ordre et de la punition des élèves venus en retard. Un matin, il appela quatre gaillards pour tendre un élève retardataire. Il leur dit : « Tirez-le jusqu’à ce que sa colonne vertébrale se coupe ! Je veux l’entendre avant de commencer à le fouetter ». Les gaillards tirent et l’enfant hurle de toutes ses forces. Mais l’enseignant exige plus, jusqu’à ce qu’effectivement, on entendit un craquement dans le dos de l’élève. L’enfant cesse de crier et de se débattre. Les tendeurs s’inquiètent et le posent à terre. L’enseignant qui croit à une farce somme l’élève de se relever. Comme ce dernier ne réagissait pas, il se met à le bastonner avec un gros fil. Mais le petit reste immobile. Alors on comprend que c’est sérieux et on appelle un taxi pour le conduire à l’hôpital. C’était trop tard : l’élève, Kabinè Diakité, était décédé. La nouvelle se propage et tous les jeunes élèves de la ville se mobilisent pour aller lyncher monsieur Condé. Mais il était entre les mains de la police déjà. Dans la même semaine, tout était résolu : la famille de MC est allée demander pardon à la famille de la victime au quartier « Château d’eau » (Dyibondon koro) de Kankan. Ces derniers, la famille de Kabinè, firent même des démarches pour que MC retrouve sa liberté et son travail. « Dieu avait voulu que notre enfant meure ainsi. C’est la volonté de Dieu ! », ont-il dit en réponse à ceux qui sont venus demander pardon.
C’est là aussi, heureusement, une particularité guinéenne. Rappelons-nous de cela !
Pour la Guinée, je suis prêt et disposé à m'asseoir, parler et agir avec tout compatriote, dans le respect des règles et de nos engagements, pour l'intérêt du pays.
Lire également l’article Appel à la jeunesse guinéenne
Je vous remercie !
SADIO BARRY
VOS COMMENTAIRES | |
| BAH Oumar de fria | 19/10/2008 01:19:15 |
| Mr Sadio Barry, j'ai lu avec attention votre brillante adresse à la nation guinéenne. Mais excusez moi de vous demander la reponse à quelques inquiètudes: Selon Vous Qui doit demander excuse ou pardont en guinée? Et pourquoi cette excuse car il n'ya jamais de fumée sans feu, les fautifs n'ont-ils pas réussi leur correction? Ou pensez-vous que ces responsables agissaient par plaisir?ou par degout d'une ethnie ou personne? J'attends ces reponses Mon cher Barry Sadio que je felicite souvent pour certaines verités fraîches. Oumar National BAH | |
| Sadio Barry | 19/10/2008 11:06:07 |
| Bonjour monsieur Bah et merci pour votre réaction ! En Guinée, nous savons tous qu'il y a eu des morts, humiliations publiques et des tortures très cruelles (diète noire, injures contre les Kaba Laye, Djedoua Kourouma, Barry 3, Diallo Telli, Kaman Diaby etc. dans les écoles et theatres publiques, électrodes sur des parties sensibles du corps, pendaisons etc.). Souvent, les vitimes n'ont eu aucun jugement ou droit à un avocat. Le PDG, pour contourner les procédures juridiques légales, remplace la cour de justice par ce qu'il appelle "Tribunaux populaires". Sékou ou son representant tient un discours accusateur et plein de haine. Puis il demande à l'assistance apeurée "ces traitres méritent-ils la mort ou telle peine oui ou non?", les gens répondent naturellement ce qu'il attend d'eux. Dire le contraire, c'est de traiter le responsable de menteur ou faire comprendre que tu crois pas à ce qu'il dit. Cela peut te conduire aux cotés de l'accusé. Vous comprenez? Que les gens aient été innocents ou coupables, personne ne peut nier qu'il n'y avait pas de justice au temps de la révolution en Guinée, comme c'est toujours le cas encore sous Conté également. Et rien n'explique que l'on pend publiquement sur des ponts, sur des arbres, aux terrains de foot (les preuves existent) tout en obligeant des écoles primaires à y conduire les enfants pour y assister (j'ai été personnellement victime de cela. Ce qui m'a tourmenté pendant toute mon enfance: dès que je vois un char ou un véhicule de couleur militaire, je prenais panique, croyant qu'ils vont me prendre comme Amara Touré l'a été devant moi: on l'a porté sur un char, la corde au cou pour le pendre devant toutes les écoles primaires de Kankan). Alors il y avait des innocents et des coupables parmi les morts. Mais même les coupables ne méritaient pas la forme de mourir (tortures et pendaison publiques) devant leurs enfants et des camarades de ces derniers. Et le pire, c'est de refuser que les familles enterrent leurs morts. Cela a empêché les gens de faire le deuil et oublier. Finalement, ce n'était plus l'"ennemi de la révolution" qui devenait puni mais toute sa famille, y compris les enfants qui n'étaient pas nés. En 1985, à cause d'un petit groupe, Lansana Conté incite à des réprésailles destructrices contre tous ceux qui parlent la même langue que Diarra et fait exécuter les accusés comme ils en ont l'habitude sous le régime sékou. Alors, il y a eu des morts en Guinée et tous n'étaient pas coupables. Donc leurs meurtriers sont des criminels, l'acte relevant de la volonté de tuer (exécutions). Il ne s'agit pas d'accidents ici: on arrêtait des personnes et les conduisait à leurs lieux d'exécution ou on venait les attaquer à domicile de façon planifiée. Les donneurs d'ordre et des exécuteurs de ces crimes sont ceux qui devraient reconnaitre leurs forfaitures et s'excuser. Les institutions de l'Etat qui a été instrumentalisé pour ces tueries devraient dire la vérité et rendre aux familles les restes de leurs parents et s'excuser. Cela allait mettre fin à toute polémique et à ces rancunes et haines qui en résultent. Conté et Diarra pouvaient le faire dès 84. La Guinée aurait d'autre chose à débattre aujourd'hui. Ils ne l'ont pas fait. Conté seul pouvait le faire en 90 quand il voulait instaurer le multipartisme en Guinée qui devrait forcément signifier regroupement ethnique au début. Mais il ne l'a pas fait parce que ceux qui pensaient pour lui étaient des ambitieux comme Aboubacar Somparé qui voulaient tirer leur profit du jeu et des divisions etnhiques. C'est d'ailleurs Somparé qui a rallumer le débat entre peuhls et malinkés lors de son discours d'ouverture en 2007, en tant que Président de l'Assemblée Nationale. Il a lié le cinquantenaire à la glorification du PDG et de Sékou Touré sachant bien que cela allait raviver des tensions entre les communautés qui vont être pro et contre. Pourquoi? Son mandat arrivait à sa fin et il devrait céder la tête du PUP à Sékou Konaté, malinké, selon le principe qu'il avait évoqué pour succeder à Biro. Comme le PUP est plein de tout (fonctionnaires peuhls et malinkés comme soussous), il aurait la chance que les peuhls ne soutiennent plus le malinké. D'ailleurs il a de bons rapports fratrenels avec les peuls auxquels il ne parle qu'en poular. Ils les appelle (minyan ou modi). La maman de Somparé est peule et lui-même a grandi a Labé. Il a une femme peule également. Il se dit clairement peuhl dans les milieux peuhls. Quand il assiste aux réunions de l'Union Mandingue, il se dit Mandenka. C'est le pire des opportunistes manipulateurs et intellectuels tordus que l'on a en Guinée. D'ailleurs, malgré son âge et du fait qu'il est séropositif (SIDA), il continue à draguer des petites filles de l'âge de ses petits-enfants. Je sais que ce passage va choquer certains. Mais je ne compte plus menager les tordus qui jouent un rôle destructeur au sommet de l'Etat. Mariama Djelo vient de nous apprendre que c'est des intellectuels qui sont les principaux propagateurs du VIH en Guinée. Et Somparé est une personnalité publique qui doit se sentir responsable et protéger nos enfants et nos soeurs. Comme il reste un risque lui-même, il faut le dire et que les filles qui le fréquentent ou qu'il fréquente se protègent désormais vis-à-vis de lui même. L'année passée, la soeur d'un ami est passée chez moi pour prendre mes lettres lors qu'elle se rendait en Guinée. Elle connait Somparé depuis qu'elle est petite. Sa maman étant une bonne amie de promotion à Somparé qui venait souvent chez eux. Elle est allée dire bonjour à "Tonton" à son bureau. Le vieux ne s'est pas empêché de la draguer. Face au recul de la fille, Somparé lui pose la question pourquoi? Elle répond qu'il est comme un oncle pour elle. Il dit clairement que lui et la maman de la fille ne sont que des amis et non frère et soeur. Alors elle lui dit qu'en plus, elle est mariée. Le vieux se montre étonné et demande: "Ah bon, c'est madame comment?". Quand elle dit le nom de son mari, notre Président de l'Assemblée Nationale réagit en ces mots: "Comment une fille comme toi, tu as pu épouser un malinké?". Je vous épargne le reste. Tout de même, je précise que notre initiative de Bruxelles ne s'occupera pas des débats sur le passé. Notre but, le seul combat que nous allons mener, c'est le départ immediat de Conté et de tous ses serviteurs en faveur d'une transition démocratique comme cela a été le cas au Libéria. Après la lutte, on comptera les victimes et la justice cherchera les coupables. Alors plus de débat qui sert à paralyser le peuple et maintenir le parlement actuel et le régime de Conté. Avant qu'il n'y ait un Etat de droit, rien n'est possible en Guinée. Je vous remercie ! | |
| Thierno A DIALLO | 19/10/2008 11:14:48 |
| Vous posez une question légitime. Pardonner à un fautif, à titre personnel, n'annule en aucune façon le devoir d'un Etat de droit de faire justice à travers une institution légale,sur la base de sa législation. M. Sadio a probablement voulu mettre en lumière dans son exemple notre tendance au pardon. C'est notre tradition, mais encore une fois,n'éteint aucune poursuite judiciaire, obligatoire,reflet de la défense de tous les citoyens,quelque soit l'ancienneté de la faute. Demander pardon n'est pas équivalent à faire justice. Je rappelle que les criminels,chez nous,ont été et sont toujours recrutés dans toutes nos régions. Si l'ethnocentrisme est un faux en perte de vitesse (prouvé par la science et nos coutumes), s'attaquer à la politique de l'amnésie n'est dirigé contre aucune ethnie en particulier,mais contre les assassins. | |
| cheik oumar camara | 19/10/2008 12:44:34 |
| Mr Sadio,il est lieu de vous encourager dans votre initiative de rassembler les guineens pour un lendemain meilleur.Ces gens(au pouvoir)et d'autres se servent de nous pour opposer les ethnies les unes contre les autes.Pour revenir a Mr Sompare,je l'avais vu recemment pendant la reunion de l'union mandingue dire qu'il est mandenka.Toutes ses agitations ont pour but qu'il nyait pas d'election,sinon comment vous pouvez immaginer qu'il soit en desaccord avec l'ex PM kouyaté?d'abord ils sont tous des pro AST,il a combattu à l'epoque le vieux Biro et aujourdhui Sekou Konaté. Il faut un esprit rassembleur de ce genre pour barrer la route a tous ces ethnos,puisque si tout va en Guinee cest tout le monde qui en beneficie. Bravo Mr Sadio pour cette initiative. | |
| Balde MS | 21/10/2008 16:56:43 |
| Mon frere Sadio, C'est bien l'initiative, j'encourage le ICBG. J'avais fait le meme appelle dans un de mes posting " Il faudrait les guineens victimes ou boureaux aient le courage de s'assoire sur meme table, pas pour justifier, ou prouver quoi que ce soit, mais pour enterrer la hache de guerre, et lancer un regard sur le futur...." Parce que une chose reste cetaine, cette mesentente, ou cette division au sein des guineens extrier/interieurs, fait la force du mal ( C A D les differentes mafia qui gravitent au toure de L conte) en guinee. Ces clans feront tout pour maintenir cette division entre nous, il est temps que nous comprenions cela....la seulle idee que je ne partage pas avec l'initiative de Bruxlle, c'est d'avoir laisser une etape tres importante dans notre voyage pour le futur: Guerrir les plaies du PDG, du CMRN,et du PUP, JE PENSE QUE CELA EST INCOURTOURNABLE... | |