2018-03-30 14:49:58
Au début février, on a vu le Ministre guinéen des sports, de la culture et du patrimoine historique, Sanoussi Bantama Sow, inciter des militants du RPG à faire des listes de cibles et aller « déchirer les derrières » des partisans de l’opposition après les communales du 4 février 2018.
Au moment de haute tension où on reproche au régime d’Alpha Condé, de racisme et de favoritisme ethnique, deux de ses Ministres se livrent à des actes anticonstitutionnels constituant la pire des incitations à la haine et à la division ethnique en Guinée : le ministre de la fonction publique Billy Nankouma Doumbouya et celui de l’administration du territoire, le général Boureima Condé.
Pour le Recrutement dans la fonction publique, ces deux individus enrôlent 92 nouveaux fonctionnaires au Ministère de l’Administration (MATAP) dans les proportions suivantes :
75 Malinkés, 9 Peuhls, 5 Forestiers et 3 Soussous. Soit plus de 81% une seule ethnie (Lire) ! Une véritable "apartheisation" de la Guinée qui n’est ni dans l’intérêt national ni dans l’intérêt du Président en exercice Alpha Condé. Rappelons-nous que c'est la même pratique qui a conduit au drame de Womey en septembre 2014 et aux soulèvements de Boké en avril et en septembre 2017 où les populations locales ont été victimes de racisme au profit des "personnes importées" de la Haute Guinée.
Alpha Condé doit faire attention : certains de ses collaborateurs ou Ministres, pensant que son régime tend vers sa fin, cherchent à tirer des profits personnels en commercialisant les postes administratifs et les services de l’Etat. D’autres utilisent leurs positions pour régler des comptes et éliminer des futurs adversaires. Ce sont ces gens qui monteront demain au créneau pour accuser Alpha Condé de tous les crimes enregistrés sous sa Présidence.
En garantissant l’impunité aux criminels et en maintenant de tels personnes aux postes de responsabilité nationale, le Président Condé se rend détestable par la majorité des Guinéens aujourd’hui et difficile à défendre demain.
Le Messager de Dieu a déclaré plus d'une fois que : « Dieu ne bénit pas une nation où il n'est pas donné au faible ses droits sur le fort ».
Après le chaos et la mascarade électorale du 11 octobre 2015, Alpha Condé a déclaré qu’en 2010, il a été obligé de faire des alliances qui l’ont conduit à une politique de récompense. Et que pour son second mandat, grâce à sa victoire au premier tour, il ne doit rien à personne et que c’est le peuple qui l’a directement élu. Il a juré de faire changer les choses pendant les 5 années de son second mandat (2015-2020) afin de laisser un nom positif derrière lui en Guinée.
J’ai alors formulé, dans un article publié le 16 décembre 2015, à l’intention du Président Alpha Condé que j’ai connu dans les années 90, les conseils que l’Imam Ali, le quatrième et dernier calife, successeur du Prophète Muhammad (saw), a adressés au nouveau gouverneur de l’Egypte en l’an 659 :
« Tu ne peux gagner l’estime et le respect de ceux que tu gouvernes que si tu leur sers d’exemple dans l’équité, dans le respect et l’application de la loi. »
« Les choses les plus agréables et les plus précieuses pour un administrateur sont l'épanouissement de la justice dans le pays et les manifestations d'amitié entre les administrés. »
« Libère les hommes de la rancune que nourrissent les uns pour les autres, par la pratique de la justice et le traitement équitable des gouvernés ! ».
« Le pire de tes collaborateurs est celui qui fut d'abord partisan et complice des criminels. Qu'il ne fasse pas partie de ton conseil. Considère-le comme collaborateur des malfaiteurs et des oppresseurs. Tu trouveras, à leurs places, d'autres collaborateurs aussi clairvoyants et jouissant d'aussi grande audience qu'eux, mais n'ayant pas commis de crimes aussi ignobles, ni assisté un tyran dans son action d'oppression. »
« Observe bien le comportement de tes collaborateurs, ne les nomme pas par favoritisme ou par égoïsme. … Contrôle leurs activités, fais- les inspecter par des gens loyaux et sincères. Tu les inciteras ainsi au respect de la confiance mise en eux et les rendra bienveillants envers les administrés. »
Aucune ethnie, aucun groupe d'intérêt particulier n'a le droit d'utiliser les ressources du pays et l'Etat guinéen à ses fins personnelles. Il revient au Président de la République, Premier Magistrat du pays qui a prêté Serment dans ce sens, d'empêcher ou de réprimer ce genre de pratiques qui sèment la haine et la division en Guinée en compromettant l’unité et le développement du pays.
SADIO BARRY,
L'article de Guineenews, auteur : Abdoulaye Bah !
Scandale : deux ministres recrutent 92 cadres sans concours sur la base du népotisme et du favoritisme
Alors que le gouvernement ne s’est pas totalement remis de la claque du syndicat de l’éducation, le ministre de la fonction publique, Billy Nankouma Doumbouya et celui de l’administration du territoire, le général Boureima Condé, sont au cœur d’un gros scandale.
Il s’agit du recrutement de « 92 nouveaux cadres » sur la base du népotisme, du favoritisme et de l’illégalité, qui pourraient mettre à rude épreuve l’unité nationale, estiment les observateurs. Pour corroborer ce que nous dénonçons, nous publions deux documents authentiques, dont votre quotidien électronique, Guinéenews, détient une copie. Cliquez ici : Recrutement douteux à la fonction publique par deux ministres
De quoi s’agit-il au juste ?
Selon nos investigations, il s’agit du recrutement, on ne sait sur la base de quel concours ou de quelle nécessité, de 92 nouveaux fonctionnaires, alors que l’État vient de se saigner pour faire face, le couteau à la gorge, aux réclamations des enseignants.
Dans un courrier N° 2018/1087 portant « engagement de 92 fonctionnaires », le ministre de la fonction publique, Billy Nankouma Doumbouya, a arrêté ceci. Article premier :
« Les personnes désignées ci-après, ayant satisfait aux conditions de recrutement, sont engagées dans les effectifs de la fonction publique, divers cadres uniques et corps de la hiérarchie ‘’H/A1’’, en qualité de fonctionnaires titulaires et mises à la disposition du ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation », a-t-il signé et cacheté dans son arrêté, à la date du 9 mars 2018.
Pour sa part, dans sa décision N° 0010 du 23 mars 2018, Boureima Condé a décidé : vu les nécessités de service et de tous les postes budgétaires autorisés, les 92 nouveaux fonctionnaires sont nommés secrétaires généraux de mairies rurales.
Question donc : quand est-ce un tel concours de recrutement a été organisé à la fonction publique ? Qui a procédé aux corrections des épreuves ? Peut-on voir l’appel à candidatures ayant précédé ce concours ? Peut-on accéder aux copies puisque la loi exige une compétition loyale pour tout recrutement à la fonction publique ?
Autres questions : quel est l’acte de la présidence ou de la Primature ayant ordonné l’engagement dans l’urgence de ces nouveaux cadres ? Aujourd’hui, la fonction publique compte plus de 100 000 fonctionnaires. Comment expliquer que des cadres fraîchement engagés, alors qu’ils n’ont aucune expérience, ni une formation adéquate dans une école d’administration, soient parachutés dans des postes sensibles de secrétaire général des mairies ? Pourquoi a-t-on préféré ces recrues au lieu des cadres expérimentés de la fonction publique aptes à faire le travail ?
Si nous posons toutes ces questions, c’est parce qu’en se fiant aux neuf « Vu », alignés par le ministre de la fonction publique pour justifier « l’engagement des 92 fonctionnaires », et les onze « Vu », alignés par le ministre du territoire pour justifier la « nomination des secrétaires généraux de communes rurales », nulle part, il n’est mentionné la tenue d’un concours ayant abouti au recrutement des 92 cadres.
Le ministre de la fonction publique ne fait nullement allusion aux résultats d’un quelconque concours de recrutement dans sa décision. Il fait plutôt allusion à des lettres, mais lesquelles ?
Quant au ministère de l’administration du territoire, il renvoie au recrutement des nouveaux fonctionnaires, publié par son homologue de la fonction publique, pour annoncer la nomination des recrues au poste de Secrétaire général (SG) des communes.
Où est le scandale donc ?
Il y a scandale alors puisque selon la loi, tout recrutement à la fonction publique doit se faire sur la base d’un concours régulier. En agissant de la sorte, cet exemple viole toutes les règles d’intégration à la fonction publique, laissant court au népotisme et au favoritisme, dit-on.
Pour preuve, ce sont ces recrues, sans aucune expérience, et parfois sans référence, qui devraient appuyer les nouveaux élus dans la gestion de leurs collectivités.
Contacté, le ministre de la fonction publique, Billy Doumbouya, de retour d’une mission à Mamou, balaie ces accusations du revers de la main. « Laissez ça, ce sont des balivernes. Les gens n’ont rien à dire, je ne rentre pas dans ça », a-t-il martelé.
« Quand un ministère m’écrit pour indiquer de prendre les gens, qui assurent l’intérim depuis plusieurs années, qui va regarder à la loupe qui est Malinké, qui est Soussou ? Moi, je ne rentre pas dans ça. Je n’ai pas bu de ce biberon », a-t-il enchaîné.
« Je suis un guinéen tout court. Je suis de Dinguiraye, de N’zérékoré, et de partout. Je n’ai jamais bu de ce biberon-là. Ça ne me ressemble pas, ça ne me ressemblera jamais. Je suis un professionnel du pied jusqu’à la tête. Il faut laisser ça », s’est-il défendu.
Joint au téléphone, le second incriminé, Boureima Condé, n’a pas décroché nos appels.
Il y a scandale puisque les auteurs de ces nominations obligent tout le monde à faire des arithmétiques, qui pourraient fragiliser l’unité nationale. Pour preuve, le Chef de l’Etat aime marteler souvent une métaphore pleine de sens. « La Guinée est un véhicule à quatre roues, quand une seule roue est absente, il ne peut rouler ».
Il y a scandale encore puisque l’école d’administration de Sérédou n’aurait aucune importance.
Il y a scandale enfin puisque le secrétaire général de la commune est le maitre d’orchestre du développement local. C’est en tout cas l’avis du candidat indépendant de Ratoma aux élections locales, Bella Barry, contacté pour la circonstance.
« Le secrétaire général d’une mairie, à l’image d’un ministère, est la cheville ouvrière de la commune, la personne clé, le maître d’orchestre. Les élus ne sont pas parfois des spécialistes. C’est pourquoi, l’un donne les orientations et l’autre coordonne tout. Donc, le secrétaire général fait le développement local », a-t-il expliqué.
Dans la nouvelle nomenclature, poursuit-il, les gros ouvrages sont effectués par l’Etat. « Mais toutes les infrastructures de proximité sont confiées à la commune. Comme la santé primaire, l’école secondaire, l’assainissement, les parcelles, les maisons de jeunes. C’est pourquoi, il faut une équipe managériale, un maire visionnaire et un secrétaire général compétent parce que tout repose sur lui », a-t-il affirmé.
En tout état de cause, autant l’administration publique est politisée, le développement local risque d’être également sacrifié pour des générations encore, à cause du parachutage dans les mairies des secrétaires généraux sans aucune expérience ou choisis sur des bases opaques.
Ci-joint : les décisions des deux ministres. Cliquez : Engagement SG CR fonction publique
Lien :
https://www.guineenews.org/scandale-deux-ministres-recrutent-92-cadres-sans-concours-sur-la-base-du-nepotisme-et-du-favoritisme/

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