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Cour Constitutionnelle de Guinée : Alpha Condé a engagé le coup de force. Que va faire l’opposition ?


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2018-09-28 22:50:54

Quand les 7 membres de la Cour Constitutionnelle (CC) au service d’Alpha Condé se sont réunis pour « destituer Kéléfa Sall », ils auraient pu élire du même coup le nouveau président qui était déjà choisi. Mais ils ont attendu pour voir d’abord la réaction des forces vives (partis politiques et société civile).

Chaque député à l’Assemblée Nationale, en vertu de son pouvoir de contrôle du gouvernement et de l’action des institutions républicaines, aurait pu saisir la Cour Suprême (CS) afin qu’elle se prononce sur la légalité ou l’illégalité de la décision prise par les membres dissidents de la CC. Mais personne n’a agi, alors qu’ils se sont tous prononcés contre la démarche des 7.

En effet, les membres de la CC n’ont pas le pouvoir de destituer leur président. Cela n’est prévu par aucun texte. En cas de faute disciplinaire commise par un membre de la Cour, c’est une juridiction ad hoc qui réunit le bureau de la CS et celui de la CC qui statue en formation collégiale sur la question.

Quand le Balai Citoyen a engagé des actions sur le terrain pour dissuader les 7 rebelles de la CC à aller jusqu’au bout de leur manœuvre d’éviction du Président légitime et légal, tous les opposants, jusqu’au président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, ont publiquement dit soutenir le mouvement, mais sans rien faire pour mobiliser leurs militants à cet effet. Les rebelles et leur commanditaire ont compris qu’ils peuvent aller à la vitesse supérieure. Ils viennent d’élire leur chef, le Vice-président Mohamed Lamine Bangoura, comme nouveau président de la CC. A l’insu du président Kéléfa Sall et du greffier Daye Kaba. Ce qui rend cette nouvelle action nulle et non avenue si on n’était pas en Guinée.

Autre manquement grave au droit : un appel à candidature avait été fait par le groupe, mais cet appel a été annulé hier avec le report de l’élection du nouveau président pour une date ultérieure. Ils devraient donc faire un nouvel appel à candidature et non se réunir à huit clos et sans le Greffier ni l’autre membre qui est Kéléfa Sall pour « élire » leur chef de gang, Mohamed Lamine Bangoura.

Alpha Condé a prétendu qu’il ne sait rien de ce qui se passe à la Cour Constitutionnelle. A présent, il doit trancher en approuvant ou en refusant ce putsch.

Kéléfa Sall a lui-même la possibilité de saisir la CC et la CS tout en récusant tous les autres membres qui sont partie du conflit. Dans ce cas, les membres de la CS resteront les seuls à statuer sur le dossier.

Seulement, en évinçant Kéléfa Sall pour mettre la main sur la CC, Alpha Condé nomme procureur général près de la CS, non pas un magistrat, mais Maitre Lamine Kamano, son avocat dans le procès AOB. Williams Fernandez aussi y est avocat général. Du coup Alpha met la main sur les deux plus hautes juridictions du pays. Donc toute action juridique non appuyée par la mobilisation du peuple n’aboutirait à rien. Le peuple reste le dernier rempart contre l’arrogance et les agissements anticonstitutionnels d’Alpha Condé en Guinée. L’opposition, qui pouvait le mobiliser pour empêcher que les 7 ne soient conduits à franchir la ligne rouge, a laissé la situation pourrir. Désormais, c’est l’épreuve de force, aucun compromis n’est plus possible. On a plus besoin de discuter ou de négocier avec qui que ce soit. On doit perdre ou gagner avec toutes les conséquences que cela comporte. Nulle besoin de dénoncer encore. La constatation de la nullité de tout ce que ce groupe de délinquants a déjà posé comme acte a été faite. Désormais c’est le rapport de force et le perdant est fini. C’est pourquoi la marche de lundi 01 octobre doit mobiliser en conséquence.

Par ailleurs, sa légitimité et sa crédibilité ayant été irréparablement endommagées, cette Cour Constitutionnelle ne peut plus arbitrer les futures élections. Le départ anticipé d’Alpha Condé et une transition politique, pour la mise en place des institutions républicaines crédibles, deviennent ainsi plus que jamais nécessaire en Guinée.

« La décision que nous prenons maintenant déterminera notre chemin, celui de la libération et de l’édification de l’Etat de droit ou celui de la soumission à une minorité de médiocres et de sans foi ni loi dans notre pays. », SADIO BARRY

 

Opprimés débouts, prédateur proie

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