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60ième anniversaire de Guinée : incohérence de l’opposition, Dady show, décret de Condé validant le putsch de la Cour Constitutionnelle.


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AC, le lézard de sékoutouréya

2018-10-08 00:19:41

Avant de lire cet article, veuillez écouter d’abord le contenu de la lettre ouverte que le jeune chanteur Caporal Donkhody a adressée aux Opposants guinéens en août 2017 :

 

Traitrise et incohérence de l’opposition
Suite au putsch organisé à la Cour Constitutionnelle par l’équipe de Mohamed Lamine Bangoura qui est au service du dictateur Alpha Condé, l’opposition se joint au Balai Citoyen pour appeler à une manifestation de protestation le lundi 01 octobre. C’était la réaction à chaud. Du coup, beaucoup se sont inquiétés si l’initiative du Balai Citoyen ne va pas échouer avec l’implication du leader de l’opposition Cellou Dalein Diallo qui, comme le Président de la République Alpha Condé, n’a pas de parole et est connu pour son manque de stratégie et de cohérence. Ces personnes avaient raison. Car, dans la même nuit, l’opposition passe par des médias pour annoncer l’annulation du programme de la marche, pour dit-elle, à cause des festivités du 60tenaire. Ainsi, comme à son habitude, soit l’opposition avait décidé et informé le public avant de réfléchir soit elle a infiltré le mouvement du Balai Citoyen dans le but de le faire échouer. S’ensuivra une démobilisation des populations, déçues encore une fois par la classe politique dirigée par des anciens ministres bidon du régime Conté.

Dady show
Avec le CNDD, le monde se ragalait des Dadis Shows en 2009, émission au cours desquelles le capitaine président Moussa Dadis Camara se livrait à des insolences verbales et à l’humiliation publique des personnalités importantes du pays et de l’étranger (diplomates et hommes d’affaires).

A l’occasion du 60tenaire de notre indépendance, la Guinée et le monde ont eu droit à un véritable Dady show avec le vieux président Alpha Condé qui a excellé dans les contradictions, l’incohérence et l’agressivité envers les journalistes dont les questions ne lui convenaient pas. Des questions auxquelles il fallait pourtant s’attendre dans cette interview :

- le niveau d’évolution de la Guinée, après 60 ans de souveraineté.

- l’environnement sale et la misère extrême dans laquelle gît aujourd’hui la population guinéenne.

- la question du 28 septembre 2009 et l’impunité entretenue par le régime condé en Guinée.

- le bradage des mines aux Chinois qui est contraire aux promesses de créer des industries locales de transformation sur place. Alpha Condé avait surtout préconisé cela aux pays africains quand il était Président de l’Union Africaine.

Visiblement, le toto Président guinéen, entouré de médiocres, n’a pas été préparé à affronter ces questions. Il s’est énervé, il a débordé en offensant les journalistes.

Alpha Condé, remonté contre des journalistes qui viennent lui poser des questions embarrassantes, s’en prend au pays de ces derniers :"La France a tout fait pour que la Guinée ne puisse pas se développer, quand notre pays a voté NON pour prendre son indépendance", déclare-t-il. En oubliant ou en taisant le fait important que lui Alpha Condé fait partie des acteurs de sabotage et de déstabilisation que la France avait formés contre la Guinée. C’est pour servir l’impérialisme contre la Guinée qu’il a obtenu son diplôme en France, un diplôme plutôt politique qu’académique comme tout le monde s’en aperçoit aujourd’hui. Nous rappelons ici d’ailleurs qu’Alpha Condé, Jean Marie Doré et Siradio Diallo faisaient tous partie de ceux qui ont préparé l’agression 70 contre la Guinée.

A la question du journaliste s’il attend des excuses de la part du Président français Macron, le dictateur répond :

« Pour des excuses, il faut des crimes ! La France n’a pas commis de crimes contre la Guinée ».

Quelques minutes plus tard, le même Alpha Condé explique que les Français, dans leur volonté d’anéantir les Guinéens, sont allés jusqu’à lâcher des serpents venimeux contre la population, tuant plusieurs guinéens. 

Sur la question des crimes contre l’humanité du 28 septembre 2009, Alpha renvoie à la justice, en prétendant qu’il y a séparation des pouvoirs en Guinée. Il ment sans sourciller à la face du monde entier !

Lors de sa visite le samedi 25 octobre 2014, à l’ile de Kassa, Alpha Condé a déclaré en langue Soussou :

« J’ai demandé aux blancs de laisser l’affaire du 28 septembre parce qu’il y a eu celles de 1985, de 2006 et de 2007 et ils n’ont pas fait l’objet de poursuites » (Lire).

Même dans cette dernière interview, il déclarera clairement que la justice et l’affaire du 28 septembre 2009 ne sont pas sa priorité et qu’il ne veut pas d’un procès dans ce cadre. Des déclarations et une attitude que l’opposition pouvait évoquer pour demander à la Cour Pénale Internationale (CPI) de se saisir enfin du dossier si Cellou Dalein n’était pas lui-même contre ce procès, faisant la cour à Dadis et à Sékouba Konaté.

Malgré son âge avancé et l’exercice du pouvoir, Alpha Condé n’a pas eu la sagesse de comprendre que la justice aide les ennemis à faire la paix, alors que l’impunité ou l'injustice engendre la colère qui se nourrit de haine et se transmet aux enfants. C’est cet homme qui voudrait rester plus longtemps au pouvoir dans notre pays au-delà de ses mandats légaux ? Le plus tôt qu’Alpha Condé va partir de la présidence guinéenne, le mieux sera pour notre pays fragilisé par 60 ans de violences politiques.

Cour Constitutionnelle
Alors que l’opposition se revêtait d’une camisole de force au profit du bon déroulement des festivités du 2 octobre, s’auto-restreignant l’expression de sa propre nature, à l’image d’un loup-garou qui se veut docile au clair de lune, sans ambages, le président Alpha Condé valide par décret le  putsch commis à la Cour Constitutionnelle, sachant que la plainte déposée devant la Cour Suprême à cet effet, par le Balai Citoyen, est toujours pendante et non tranchée. Par son geste, Alpha Condé démontre qu’il n’en a que faire des actes démagogiques de l’opposition et de la société civile; se moquant éperdument tant des entités qu’elles représentent que de leurs velléités!

Réaction de Kélèfa SALL :

« Je serai là en 2020 pour recevoir le serment du successeur du président Alpha Condé qui ne peut faire plus de deux mandats »

Espérons que Kélèfa SALL garde son courage et se batte auprès du Balai Citoyen pour faire échouer cet arbitraire !

Il y a lieu de préciser une chose ici aux Guinéens : ces difficultés que nous traversons maintenant avec la volonté d’Alpha Condé d’installer durablement une dictature en Guinée, nous les aurions vécues avec Sidya Touré comme avec Cellou Dalein Diallo. Aucune de ces personnes n’avait l’intention d’instaurer la démocratie en Guinée. En effet, en 2010, il était prévu d’organiser les élections législatives avant la Présidentielle, mettre en place les institutions républicaines indépendantes avant d’élire le Président de la République. Quand le chronogramme a été modifié pour commencer par l’élection du Président, nous IBCG (Initiative de Bruxelles pour le Changement démocratique en Guinée), sommes allés faire savoir notre inquiétude à la Commission européenne impliquée dans le processus de financement. Nous avons dit aux responsables européens que si le Président est élu avant le Parlement et les Institutions républicaines en Guinée, ces institutions risquent de ne plus être indépendantes, vu que le chef de l’Etat chercherait à en avoir à tout prix le contrôle. Nous apprendrons là-bas que tous les trois principaux leaders politiques, à savoir Alpha Condé, Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo, ont demandé ce changement du chronogramme pour élire d’abord le Président qui va terminer le processus de transition en installant les institutions républicaines après. Chacun d’eux croyant être ce président qui pourrait ainsi installer sa dictature en meublant ces institutions par ses proches et fidèles.

Dans l’affaire de la Cour Constitutionnelle, l’opposition a une fois encore manqué de vision et de prévision : si elle avait réagit concrètement à l’acte illégal des 7 rebelles (Lire 1 et 2), le Président Alpha Condé n’aurait pas pris ce décret qui aggrave la situation et rend inévitable, une confrontation violente qui pourrait faire de nombreuses victimes à nouveau dans notre pays.

D’autre part, on verra Cellou Dalein Diallo, président du parti UFDG qui a fait appel aux populations de ne pas répondre à l’appel du pouvoir pour les festivités du 2 octobre, répondre à l’invitation de ce même pouvoir pour le dîner offert le soir dans ce cadre. Cellou partagera cordialement la table avec la plus vilaine du parti au pouvoir, Nantou Chérif.

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L’attitude incohérente et les arrangements illégaux auxquels se livre le chef de file de l’opposition pourraient conduire à une démobilisation et à des découragements des populations qui vont bénéficier au régime criminel d’Alpha Condé. La débâcle de l’UFDG à Dinguiraye est d’ailleurs indicatrice de ce qui se profile à l’horizon :

- Le candidat indépendant Tidiane Bah gagne contre celui de l’UFDG avec 17 voix contre 11.
- Bakary Traoré du Rpg Arc-en-ciel devient 1er maire-adjoint de la commune en battant Madame Djibril Barry de l’UFDG.
- Mamadou Fofana du RPG Arc-en-ciel devient deuxième maire-adjoint de la commune  avec 17 voix contre 12 pour Hamidou Barry de l’UFDG.
- Baila Bocoum du Rpg Arc-en-ciel est élu 3è maire-adjoint et Oumar Bah du PTS de Mamadou Diawara devient 4è maire-adjoint (Lire).

Commentaire de Sadio Barry :

« Par ses agissements, Cellou a à la fois banalisé les crimes du pouvoir, l'a rendu fréquentable et a découragé les populations. Tout cela va encourager le machiavélique Alpha Condé dans son projet de vouloir obtenir un 3ième mandat. Mais, si Alpha Condé veut, il va descendre SATAN en tenue donzo en Guinée. Il ne fera pas un troisième mandat dans notre pays, même s'il était correct et compétent, à plus forte raison qu'il est la source de toutes les pourritures dans ce pays aujourd’hui. »

Pour finir, nous avons appris que le dictateur guinéen Condé Alpha doit se rendre en Allemagne probablement le 30 de ce mois d’octobre. Les Guinéens devraient lui réserver cette fois-ci un accueil « chaleureux » qui découragerait désormais les gouvernements européens de recevoir, chez eux, les dirigeants primitifs de son genre. Les refugiés menacés de rapatriement doivent surtout savoir que participer démonstrativement à une manifestation contre la présence d’un tel dictateur dans un pays civilisé (Etat de droit), pourrait constituer un obstacle à leur rapatriement voire leur permettre d’obtenir même le droit d’asile.

 

GUINEEPRESSE.INFO


 

6 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

M. Doumbouya08/10/2018 10:41:49
J'ai eu honte ce jour. Alpha Condé ne s'est pas gêné de citer des Hôtels comme developpement qu'il a réalisé en Guinée alors que cela ne relève pas de financement public. Il n'a simplement aucun bilan à citer, car Kaleta ne fait plus recette, soulevant plus de critiques que d'appréciations.
MBemba Soumah08/10/2018 12:58:23
Honnêtement, je ne vois aucun plan sur lequel on peut être fier d'Alpha Condé comme président. Un médiocre, un hors-la-loi et un bradeur du patrimoine public.
Dalanda08/10/2018 14:47:37
Voter UFDG, c'est gaspiller sa voix électorale. Tout le monde finira par comprendre cela en guinée.
Bangaly Traore09/10/2018 00:38:17
ALPHA CONDE et son petit frere cellou dalein Diallo les deux satans de la Republique de Guinee.
Diallo10/10/2018 03:52:24
Seul un coup d’Etat militaire pourra malheureusement aider à balayer ce régime de merde !
Ly Camara11/10/2018 22:44:01
Le retard de la guinée a pour cause le mensonge et la non reconnaissance du mérite d'autrui
Aujourd'hui, le seul défaut de AC est l'impunité.
Reconnaissons au moins qu'il a fait des choses ce dont les autres ont été incapables.
Il y'a combien d'hôtel construit aujourd'hui ? il y'en avait combien avant ? les étrangers de valeur dormaient dans des hôtels au Mali , en Côte d'Ivoire et au Sénégal puis venaient travailler en guinée sans y passer la nuit par manque d'hébergement confortable.
Il n'y a eu aucune violation de la constitution lorsque Kelefa a été destitué. Nous ne lisons pas nos lois pour les comprendre mieux même si elle sont claires.
L'article 101 est clair,il dispose que les membres de la cour constitutionnel sont renouvelables par tiers tous les trois ans. Dans cet article le président étant membre n'a pas été exempté .Il a été confondu aux autres membres.
L'inconvénient est que c'est les incompétents (CNT) qui ont fait cette loi sans pour autant analysé tous les aspect.