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Guinée - transition: que vaut la parole de M. Dadis Camara ?
2009-03-28 23:36:16 L’organisation Initiative de Bruxelles pour le Changement démocratique en Guinée (IBCG), fondée par des Guinéens résidents à l’étranger et des partenaires des forces vives en Guinée a répondu à une invitation de l’Union Européenne hier vendredi 27 mars pour discuter de la Guinée et du processus de transition en cours au pays. Il apparaît que les membres du groupe international de contact pour la Guinée (GIC-G) ont trouvé préoccupant les propos tenus par certaines personnes présentées comme portes-paroles de la jeunesse et des opérateurs économiques. Ces derniers ont exhorté le président à ne pas respecter ses engagements devant les forces vives et la communauté internationale, de rendre le pouvoir à un gouvernement élu à la fin de l’année 2009. En effet, les dictateurs qui veulent se maintenir au pouvoir en violant même la constitution utilisent toujours la même formule bien connue désormais en Afrique : donner la parole à des démagogues préparés pour la circonstance et qui parlent au nom du peuple pour inciter le président à ne pas respecter sa parole et à violer ses engagements. Le constat a été fait qu’il y a des gens dans l’entourage du chef de l’Etat et des opportunistes venus de tous les coins du monde pour encourager les militaires à garder plus longtemps le pouvoir. Ce qui, par principe, n’est plus acceptable ni en Guinée ni ailleurs en Afrique. La Guinée a tellement besoin d’aide et de stabilité qu’il faut rendre le pouvoir au peuple maintenant, sans tarder. Aucune institution ou investisseur sérieux ne peut engager ses fonds en Guinée aussi longtemps que le pays restera dans une situation d’incertitude. L’IBCG ne manquera pas de rassurer ses interlocuteurs que dans un régime d’exception comme celui de la Guinée actuellement, seule la volonté de la plus haute autorité de l’Etat compte dans cette situation. En Guinée, cette autorité est le président Moussa Dadis Camara qui, pour le moment, s’est solennellement engagé à organiser les élections en fin 2009. Ce matin, un communiqué officiel lu sur les ondes de la RTG est venu confirmé cette détermination du président Moussa Dadis Camara. Le chronogramme proposé par les forces vives est adopté par le pouvoir de Conakry : - Mars 2009 : mise en place du Conseil National de Transition (CNT). D’ici jeudi donc. Quant à la commission d’enquête sur les massacres des populations depuis 2006, ce travail doit revenir au gouvernement qui sera issu des élections démocratiques. Ce dernier programme satisfait donc les recommandations du groupe de contact qui conseillait un allégement du programme de la transition qui devrait se concentrer sur la préparation des élections législatives et présidentielles. Le président Dadis doit donc comprendre que s’il est sincère dans ce qu’il dit, il doit se méfier de ces opportunistes qui viennent le tenter parce qu’ils sont à la recherche des intérêts personnels. Avant ce communiqué de ce matin, beaucoup de Guinéens et des partenaires de la Guinée commençaient à douter de sa bonne foi. C’est pourquoi, nous l’encourageons à traiter tous les démagogues et opportunistes comme il l’a fait avec le Col. Korka Diallo le mardi 24 mars: les dénoncer et les renvoyer publiquement pour que ces pratiques cessent en Guinée. Nous avons regretté un fait ce jour : certains ministres se sont mis à genoux pour dire au revoir à Dadis après la toilette administrée à Korka ! Nous estimons que ces cadres sont pires que le Col. Korka et ne méritent pas, de même que Korka, à être ministres. C’est honteux pour la Guinée. C’est une attitude déshonorante. On aura également appris que les recensements prendront fin le 16 avril alors que même la moitié des Guinéens n’est pas encore recensée (la CENI parle de 52,5% en Guinée, sans mot sur les Guinéens résidents à l’étranger). Ce chiffre de 52 % est lui-même faux, d’après les acteurs sur le terrain. Pire, ce samedi 28 mars, sur la radio Familia FM, le ministre de l'administration du territoire et des affaires politiques, le Dr Frédérique Kolié, affirme qu’il ne sait pas si les Guinéens de l’étranger vont voter compte tenu des frais que cela va coûter. C’est scandaleux et insultant pour tout le peuple de Guinée. Ces Guinéens sont plus de 3 millions et contribuent largement à la survie de leurs familles en Guinée. A chaque événement, ils se mobilisent pour apporter le soutien qu’il faut à leurs familles et aux populations guinéennes. L’Union Européenne a donné l’aide pour 1000 kits et pour la participation des Guinéens à travers 18 pays dont le Sénégal, la France et l’Allemagne par exemple. Pour les pays européens, l’équipement est envoyé à l’ambassade de Guinée à Paris qui, à son tour, doit envoyer aux autres leurs matériels. Rien donc ne justifie l’exclusion des Guinéens de l’extérieur et nous ne l’accepterons pas. Le droit de vote est un droit citoyen non négociable. Ben Sékou Sylla (CENI) et Frédérique Kolié (ministre de tutelle) ne semblent pas avoir du respect ni pour leurs compatriotes résidents à l’extérieur ni pour le Président Dadis qui a pris l’engagement de ne pas exclure ses compatriotes vivant à l’étranger le 17 février 2009 et lors de la réunion restreinte avec le groupe de contact en mi mars. L’Union Européenne a d’ailleurs fait remarquer hier, vendredi 27 mars, à l’IBCG qu’elle a beaucoup apprécié que le président Dadis ait mis un accent sur la participation des jeunes et des Guinéens de l’étranger. Nous demandons donc au président Dadis de veiller à ce que sa volonté de n’exclure aucun Guinéen à un processus électoral soit respectée. Nous demandons aux forces vives de refondre la CENI qui n’est composée que des mêmes anciens qui ont toujours bâclé les précédentes élections en Guinée. D’ailleurs, même le groupe de contact est étonné que pour ces élections que l’on veut meilleures en Guinée, la CENI travaille sur la base des données de 2005. A l’époque, tout le monde, sauf le PUP, était d’accord que ces données n’étaient pas correctes. Pourquoi alors mêmes les partis politiques restent-ils muets ? Nous demanderons à Dadis d’exiger que les choses se fassent le plus correctement que possible. Sinon, il sera le seul que l’Histoire condamnera en cas d’échec. En attendant, nos félicitations et encouragements au président Dadis ! SADIO BARRY, La Coalition des ONG de la société civile - CODDH en collaboration avec toutes les forces vives de la nation, organise un forum national sur la transition en Guinée du 31 mars au 3 avril 2009.
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