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Prix international Charlemagne 2011: une occasion de rencontres politiques !
2011-06-03 16:48:37 A ce jour de l'Ascension, jeudi 2 juin 2011, le Président de la banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a reçu le prestigieux prix International Charlemagne 2011 à Aachen pour le rôle qu’il a joué dans la réalisation de l’union monétaire européenne et la stabilité de l’euro (Lire). Comme on pouvait s’y attendre, beaucoup de responsables politiques, parlementaires européens et d’anciens bénéficiaires du prix étaient présents à cette cérémonie. La délégation du gouvernement allemand était dirigée par le ministre des finances Wolfgang Schäuble. Arrivé à 10:30 dans le périmètre interdit au public, je croise plusieurs personnalités politiques allemandes et européennes faisant une petite promenade dans les ruelles du centre-ville d’Aachen. Parmi eux, l’ancien ex-président allemand Horst Köhler qui me sourit devant un magasin. J’arrive alors avec ce dernier devant la sale de couronnement entourée par un nouveau cordon de sécurité. Tous les regards, tant du public tenu à distance que des forces de l’ordre, se portèrent sur moi. Bizarre ! Deux hommes et une femme en uniforme m’approchent poliment. « S’il vous plait ? », dit l’un, comme pour me demander ce que je viens faire là ou comment j’ai pu arriver jusque-là ? Je sors ma carte. De part la simple vue de cette carte, le ton change et on me guide gentiment vers les escaliers qui mènent à la salle. Chères compatriotes, je vous décris cette scène pour une simple raison: quand on est en ordre ou quand on occupe une fonction dans une démocratie européenne, on est bien respecté, mieux respecté que dans notre pays d’origine. Je me rappelle que GuineePresse avait publié un article parlant de la façon malpropre dont la Présidente du CNT Rabiatou Diallo est officiellement traitée en Guinée depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir: on lui coupe les vivres, on coupe l’électricité au CNT. A l’aéroport, on la rejette derrière et elle n’a plus le droit à la classe affaire lors de ses déplacements. Une fois, ce sont des députés maliens qui devaient prendre le même avion qu’elle qui se sont gênés de la laisser voyager en économie pour convertir son billet afin qu’elle puisse se retrouver dans la même classe qu’eux. Les consignes de ne plus accorder de respect à Rabiatou auraient été donnés par le Président Alpha Condé lui-même dès son investiture. Malgré tous ces faits, le CNT devient le mouton qui cautionne toutes les dérives du pouvoir. Il est devenu plus nuisible et décevant que l’Assemblée Nationale sous Aboubacar Somparé. Est-ce la faiblesse de Rabiatou ou bien le manque de solidarité des conseillers nationaux à son égard ? Si elle ne peut pas jouer son rôle, elle aurait mieux fait de démissionner que de rester complice de ce qui est entrain de provoquer une frustration collective en Guinée. J’ai retenu deux phrases des discours de José Manuel Barroso et de Jean-Claude Trichet : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles. » C’est exactement notre problème en Guinée. Chaque fois qu’on a osé, on a fait reculer ou tomber le club de bandits dictateurs au sommet de l’Etat. Les plus grands malfrats de l’Afrique s’étaient emparés de la Guinée en décembre 2008. Quand le peuple s’est levé pour leur dire "Ouss", sonna la fin de leur règne et naquit un espoir en Guinée, espoir qui fut trahi par les Forces Vives elles-mêmes. « Rien n’est possible sans les Hommes mais rien n’est durable sans les Institutions que chacun doit respecter, citoyens et chefs d’Etats. » Malheureusement, nous n’avons ni d’Hommes ni d’Institutions crédibles en Guinée. Tous, mêmes les soi-disant leaders politiques, se prostituent au pouvoir en place ou attendent la providence, personne ne fait son travail ni ne pense à la Loi mais tous exécutent des ordres du Président et de son entourage ou s’y soumettent volontiers. La classe politique guinéenne n’est même pas capable de défendre ses droits politiques garantis par la Constitution ! Comment peut-on avoir un Etat fonctionnel avec ça ? C’est pourquoi nous tombons toujours dans un recommencement perpétuel en Guinée. Cette fois-ci la faute revient à Rabiatou Dialo, Sidiya Touré et Cellou Dalein Diallo qui n’auraient pas dû laisser leur collègue Alpha Condé devenir un monstre en Guinée. S’ils s’étaient montré à la hauteur de la valeur qu’on leur accorde, on n’allait pas se retrouver aujourd’hui, sur le plan politique, plus en arrière que sous Lansana Conté en Guinée. Après la remise du Prix, nous sommes allés à la salle à manger (débout) sans place réservée ni siège. On doit circuler, s’arrêter autour d’une table, prendre contact et s’entretenir sans protocole ni garde du corps. C’est l’avantage d’une vraie démocratie: vous n’avez pas besoin de toujours avoir peur et même vos adversaires vous respectent. C’est la qu’un homme politique auquel me présenta une responsable du parti écologique allemand m’approcha et sollicita un entretien à deux avec moi. Le monsieur m’informe que les enfants des familles d’immigrés sont exclus du nouveau paquet d’éducation (Bildungspaket) que le gouvernement allemand a accordé aux enfants des familles à faible revenu. Je trouve cela cruel, injuste et discriminatoire envers des enfants qui peuvent en être traumatisés à long terme. En effet, ce programme est destiné à garantir le droit élémentaire des enfants fréquentant la même école de participer tous aux programmes offerts par l’établissement (cantine, sports, culture, excursions etc.). Une telle discrimination dans les écoles publiques n’est pas acceptable, dans la mesure où la Loi oblige que tous les enfants aillent à l’école. L’Etat qui en a les moyens doit donc se sentir obligé d’assurer l’équité et la même qualité de formation, les mêmes programmes, à tous les enfants fréquentant le même établissement public. A la prochaine assise du Conseil d’Intégration, le 29 juin 2011, nous attirerons l’attention des autorités là-dessus. Je reste convaincu qu’on aura gain de cause parce que les autorités écouteront nos arguments. C’est ça l’avantage de la démocratie ! Déjà, sans en débattre au Conseil, j’ai obtenu par négociation personnelle avec les autorités, l’accord de principe de trois choses pour lesquelles mes prédécesseurs se sont battus depuis plus de 25 ans à Aachen sans succès. Les membres du Conseil et mes collègues n’en étant pas encore informés, je préfère ne pas les révéler ici. J’ai également pu obtenir un rendez-vous urgent pour qu’une délégation de l’Organisation Guinéenne des Droits de l’Homme puisse rencontrer certains hommes politique et la Presse allemande cette semaine. Il sera question de la situation actuelle du pays, du crime contre l’humanité de 2009, de l’impunité et de la promotion ministérielle accordée aux criminels guinéens par le nouveau soi-disant président démocratiquement élu en Guinée.
SADIO BARRY
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