2014-01-06 09:23:03
Revenons à Alpha Condé, ce renard politique pris dans son propre collimateur au sein de la mouvance présidentielle et par les pièges de l’opposition
Nul n’ignore aujourd’hui que les résultats des élections législatives 2013 ne sont autres que l’expression de la confiscation du verdict des urnes par le pouvoir au profit du R.P.G, obtenu suite à des tranchées de guerres politiques ouvertes entre la mouvance et l’opposition mais aussi entre la C.E.N.I et l’opposition.
Il faut rappeler que l’opposition avait pu piéger le pouvoir, non sans le vouloir ainsi, en déclarant en Mai 2013, qu’elle n’aurait sous aucune forme, accepté de prendre part aux élections législatives si les conditions d’équité et de transparence n’étaient pas réunies et au nombre desquelles il faut citer : le départ de SABARI TECHNOLOGIE et son partenaire technique WAYMARK puis le vote des Guinéens de l’étranger. A ces conditions préalables, s’ajoutaient la reprise du recensement et l’assainissement du fichier électoral.
Avec un pouvoir qui n’acceptait aucune de ces conditions et une mouvance pressée d’occuper les fauteuils de l’assemblée avec ses avantages sans l’opposition tout en s’inspirant du cas ivoirien, la date des élections a été fixée d’abord pour le 28 Mai 2013 puis reportée au 30 Juin 2013. Ainsi, avec ces élections sans enjeux majeurs programmés, le R.P.G a déposé à la C.E.N.I, une liste au sein de laquelle les compétences technocratiques et politiques faisaient totalement défaut. C’était un réel piège.
C’est avec les accords du 3 juillet 2013, fixant les élections au 24 Septembre 2013, que l’opposition a finalement décidé d’aller aux élections. Cette nouvelle situation a immédiatement créé beaucoup de supputations autour de la liste du R.P.G qui était déjà enregistrée à la C.E.N.I.
Le pouvoir a été pris dans son propre collimateur car aujourd’hui, Mamadou SYLLA qui fut battu aux élections Présidentielles de 2010 dans son propre quartier malgré sa richesse, est tributaire de trois (3) députés à l’assemblée nationale sans coup férir et sans fusionner son parti. Il n’avait profité que de la rumeur selon laquelle, les militants de l’U.F.D.G recevraient des consignes de vote en sa faveur de son ami Dalain pour lui permettre d’obtenir la majorité dans cette assemblée monocolore qui était envisagée par le pouvoir.
Il s’en est suivi sans calcul une liste nationale commune des candidatures entre le parti de Mamadou SYLLA et le R.P.G. Ce dernier a accepté les offres de position avantageuse après bien sûr qu’une cour assidue lui est été faite. C’est bien cela Alpha CONDE et le R.P.G : tant pis pour le reste et rien que la majorité absolue à l’issue de cette compétition politique quelle que soit la qualité de la représentativité. Cela n’est-il pas devenu un horizon lointain ?
Cet homme d’affaires quoi qu’analphabète, crée en ce moment le doute et la panique dans la mouvance en mettant la barre haut : Pour Mamadou SYLLA dans la future assemblée nationale, c’est la première vice-présidence sinon rien ou cap sur l’opposition. Il semble s’être rétracté sous la pression, mais attendons de voir la suite ! Parce que dans ce mariage RGP/UDG comme dans la plupart des cas au sein de l’arc-en-ciel, il n’y a ni amour ni conviction. D’ailleurs, à ce cas spécifique, il faut ajouter la situation des autres partis de la mouvance qui ont aussi obtenu des sièges sans la fusion et qui, au même titre que l’opposition, dénoncent les fraudes qui les ont empêchés d’avoir dans certaines circonscriptions électorales plus de voix. C’est le cas du P.T.S de Mamadi DIAWARA par exemple qui est le ténor de ce courant d’esprit.
Alors, qu’est ce qui pourrait se passer dans le débat parlementaire avec ces partis non fusionnés et qui pourraient éventuellement réclamer leur souveraineté dans l’analyse de dossiers importants ?
Dans la même mouvance, une autre guerre est déclenchée entre les caciques du R.P.G original qui tiennent à s’approprier de la présidence et les nouveaux RPGISTES qui ont les mêmes intentions. On cite d’un côté le Dr Saloum CISSE et Nantou CHERIF et de l’autre, Michel KAMANO, le Dr Ousmane KABA et Kori KONDIANO.
Le Dr Ousmane KABA quant à lui est actif pour obtenir la Présidence de l’Assemblée. Beaucoup de cadres influents du parti RPG et certaines notabilités soutiennent cette option. Il n’est pas exclu qu’Alpha Condé cède à leur pression en laissant tomber son candidat Kori KONDIANO sans le dire officiellement.
Cette guerre interne autour de l’occupation du perchoir de l’assemblée nationale et des Présidences de ses démembrements fonctionnels rien que par la mouvance, a été l’une des causes de la prise tardive du décret de convocation de la nouvelle rentrée parlementaire. Le pouvoir prend ainsi les conséquences de l’organisation d’élections précipitées (malgré un retard de près de 3 ans !) sans la maitrise des contours de son propre camp. Elle en fait en ce moment les frais et cela n’est qu’un retour de l’ascenseur à son envoyeur. C’est malheureux qu’Alpha Condé ne gère la Guinée qu’à des fins personnelles et non dans l’intérêt national ! Tout tourne autour des élections et comment garder le pouvoir sans partage. Jusqu’à quand cela peut-il marcher ?
Cette situation d’hibernation politique pour des causes inavouées pourrait prendre d’autres envergures suite à la convocation de la rentrée parlementaire parce que tout simplement, le pouvoir ne veut rien partager tandis qu’il est rattrapé par sa propre crise postélectorale.
C’est le temps d’attirer l’attention dès maintenant de la communauté internationale sur cette autre dérive en perspective, celle de violer les votes secrets au sein du parlement pour que le pouvoir s’attribue seul toutes les fonctions fondamentales de l’assemblée nationale. Celle-ci pourrait avoir pour effet immédiat la paralysie de la nouvelle assemblée dont les conséquences néfastes se répercuteront sur toute la vie de la nation.
Encore une fois, notre pays risque de ne pas sortir de l’ornière avec cette mouvance.
M. Diabaté,
Conakry
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