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Sy Savané : « Il y a encore d’autres prisonniers politiques en Guinée »


2014-01-07 21:56:28 

Compte rendu de la conférence de presse de  Mamadou Billo Sy Savané après son emprisonnement par Condé Alpha en Guinée

Par Alpha Sidoux Barry

Victime, le 8 octobre 2013, d’une arrestation arbitraire et d’un emprisonnement illégal par les services de Condé Alpha, Mamadou Billo Sy Savané a vécu le calvaire des sinistres geôles guinéennes.

A la suite de la mobilisation internationale des militants des droits de l’homme, des médias audiovisuels et de la presse écrite à l’intérieur de la Guinée, de la diplomatie française et américaine, ainsi que de la forte pression exercée par les autorités françaises sur le tyran Condé Alpha, qui a instauré une dictature sanguinaire depuis qu’il s’est emparé du pouvoir à Conakry par un hold-up électoral sans précédent en décembre 2010, Sy Savané a été libéré, le 13 novembre 2013, et a regagné la France où il réside habituellement.

Sy Savané a tenu une conférence de presse le dimanche 22 décembre 2013 à la Maison d’Afrique à Paris pour faire le récit des circonstances et des conditions de son incarcération arbitraire à la prison civile de Conakry, qui fait l’objet du présent compte rendu.

La conférence de presse à été présidée par l’écrivain et dramaturge guinéen Saïdou Nour Bokoum, assisté de votre serviteur, qui a été chargé du rôle de modérateur. Au praesidium de la conférence, il y avait également Mme Sanaba Coné Camara, assesseur. Précisons que toutes ces personnes, ainsi que d’autres, étaient membres du Comité de soutien à Sy Savané(1), qui a été constitué à Paris le dimanche, 12 octobre 2013, quelques jours seulement après l’arrestation de celui-ci.

Avant de passer la parole à l’orateur, le président de séance Saïdou Nour Bokoum a remercié chaleureusement le Comité de soutien à Sy Savané, ainsi que toutes les personnes et organisations qui ont aidé à la libération de notre compatriote. Fort malheureusement, la tâche de celles-ci est loin d’être terminée, a-t-il souligné, car il y a encore beaucoup d’autres prisonniers politiques en Guinée, victimes de la folie et de la paranoïa du nouveau tyran guinéen, Condé Alpha.

Chahuteur, Saïdou Nour Bokoum a lancé à l’assistance très nombreuse : « Je ne sais pas s’il faut appeler Sy Savané, Voltaire ou Sartre [allusion à un fameux article de presse publié par l’écrivain guinéen Thierno Monénembo après l’arrestation de Sy Savané] ou encore Poullo Torodo [Peul toucouleur] ». « Mo Linsan », s’empresse d’ajouter, sur le même ton, Sy Savané (pour préciser son village d’origine, situé entre Kindia et Mamou, à la frontière de la Basse Guinée et de la Moyenne Guinée).

Votre serviteur, chargé de jouer le rôle de modérateur, n’a pas manqué de souligner la stupéfaction avec laquelle la diaspora guinéenne a accueilli la nouvelle de l’arrestation illégale de Sy Savané. Il a rappelé la tournure d’esprit foncièrement sectaire du dictateur guinéen. Il a lui-même maintes fois rencontré Condé Alpha lorsqu’il était journaliste professionnel, notamment lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan en Côte d’Ivoire dans les années 1990, où il représentait l’hebdomadaire Jeune Afrique et le mensuel Jeune Afrique Economie et où Condé Alpha était invité en tant qu’ami du Guinéen Babacar N’Diaye, alors Président de la BAD. « Jamais Condé Alpha n’a daigné m’adresser la parole », a rappelé votre serviteur. Pourquoi ? Parce que tout simplement, ce personnage, imbu de lui-même, considère que toute personne qui n’est pas derrière lui, qui n’est pas à sa dévotion ni à son service est un ennemi, non pas à combattre loyalement, mais à abattre par la force. Il ne souffre pas la moindre contradiction et il doit avoir toujours le dernier mot. Cela résulte de son enfance malheureuse à Toulouse en France où son père - un cuisinier voltaïque au service d’un administrateur colonial français muté en Guinée (où il est arrivé avec son enfant Condé Alpha) -, l’avait exilé à l’âge de 15 ans. Tous les tourments que les Guinéens subissent aujourd’hui viennent de l’enfance malheureuse de Condé Alpha qui n’a jamais connu de vie de famille.

Nous reviendrons plus longuement sur les origines de cet usurpateur, le plus grand ennemi que la Guinée ait jamais connu, car il n’a aucune attache avec la Guinée profonde, et son seul but est d’assouvir sa volonté de puissance et de s’enrichir, sur les innombrables ressources minières guinéennes. Après trois ans au pouvoir, il a déjà capté près de 2 milliards de dollars, avec son fils unique Mohamed Condé. C’est la kleptocratie au pouvoir.

Venons-en, à présent, à l’exposé de Mamadou Billo Sy Savané, qui nous a conté par le menu les affres des geôles de Condé Alpha et du climat atroce que la dictature sanguinaire du nouveau tyran guinéen fait subir au peuple martyr de Guinée, arrivé au pouvoir avec la complicité de l’Américain Obama et de l’ancien président français Sarkozy, représentants des deux puissances qui ont placé Condé Alpha à la tête de la Guinée. Croyant peut-être bien faire, signe de leur méconnaissance de la réalité des Etats africains. Lorsqu’on voit aujourd’hui Hollande continuer dans le même sens, c’est à se demander si nous devons toujours soutenir la gauche caviar au pouvoir en France depuis 2012. Je ne le crois pas.

Comme chaque année, depuis la mort de Sékou Touré en 1984, Mamadou Billo Sy Savané, professeur de sciences économiques à Rouen en France, où il vit depuis une quarantaine d’années, actuellement à la retraite, passe l’hivernage en vacances en Guinée. Lors de ses séjours au pays natal, il est très souvent sollicité par les étudiants, les cadres et les journalistes pour s’entretenir avec lui de la situation de l’économie guinéenne. Les journalistes ne manquent pas d’interroger sur tous les sujets d’actualité cet intellectuel, considéré comme l’un des meilleurs économistes guinéens, de plus politiquement engagé contre la dictature qui sévit en Guinée.

Cette année, Mamadou Billo Sy Savané arrive à Conakry, la capitale guinéenne, le 19 septembre 2013. Il ne manque pas sa rencontre habituelle avec les jeunes. Le 30 septembre, il est invité par deux journalistes à participer à une émission radiophonique sur les antennes de la radio privée Lynx FM. L’entretien se déroule à bâtons rompus. Passent les questions économiques toujours ennuyeuses. On en arrive ensuite aux questions politiques, qui passionnent l’auditoire.

L’entretien porte alors, bien entendu, sur les législatives qui venaient de se dérouler deux jours plus tôt, le 28 septembre. Sy Savané déplore les retards et les nombreux reports de ces élections dus à la volonté de Condé Alpha de tout mettre en œuvre pour les gagner coûte que coûte. Il indique, tout compte fait, que dans la mesure où les principaux partis politiques ont accepté d’y participer, il ne pouvait que se ranger à leur avis, même s’il n’approuvait pas les conditions dans lesquelles ces élections étaient organisées.

Sy Savané est ensuite invité à une deuxième émission de Lynx FM. Cette fois, le dimanche 6 octobre 2013 (qui sera une date fatidique), il doit commenter l’actualité politique face à un journaliste. Il rappelle les nombreuses manifestations de l’opposition républicaine qui s’expliquent par le refus systématique de Condé Alpha de respecter les accords qui lui ont permis pourtant de se hisser à la magistrature suprême. « Alpha Condé a créé les conditions du désordre et porte la responsabilité des massacres perpétrés par les forces de sécurité contre les populations civiles », souligne Sy Savané.

L’entretien se poursuit et aborde la question de l’attaque de la résidence de Condé Alpha le 18 juillet 2011, que celui-ci présente comme un complot pour le renverser (c’est la deuxième question). A ce sujet, Sy Savané l’accuse d’avoir laissé prospérer le tribalisme,  alors qu’il aurait pu calmer les tensions et tempérer l’atmosphère politique. A titre d’exemple, il aurait pu réparer les dégâts matériels causés à sa résidence et revenir y habiter. En n’y revenant pas et en se barricadant à Kaloum, il a laissé se répandre l’esprit tribaliste, pointant du doigt les habitants du quartier de son ancienne résidence, majoritairement peuls. S’il n’avait pas manifesté de l’hostilité à l’égard de ceux-ci, s’il leur avait dit, par exemple : « Je vais revenir habiter parmi vous, car je n’ai pas peur de vous », en instaurant avec eux des rapports de bon voisinage, on n’aurait pas vu le tribalisme prendre les proportions qu’il a en Guinée à l’heure actuelle. Sy Savané découvrira lors de son arrestation que c’est cette question qui « a hérissé Alpha Condé et ses acolytes ».

Troisième question : l’Etat de droit. Sy Savané affirme que « M. Alpha Condé est en train d’instituer, de manière insidieuse mais certaine, un Etat policier ». Il a trouvé une certaine forme de légalité qui encadre la vie politique en Guinée : se taire et ne jamais protester. « La moindre critique est judiciarisée, criminalisée. Tous les Guinéens devraient porter plainte collectivement contre Alpha Condé pour forfaiture, en ayant institué un Etat policier », martèle Sy Savané.

Quatrième question : la gestion minière. C’est alors que Sy Savané rapporte une conversation qu’il a surprise à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle au milieu d’un groupe de Chinois en partance pour Conakry. L’un d’eux dit avoir obtenu l’attribution d’un bloc du gisement de minerai de fer de Simandou pour avoir donné 500 millions de dollars à une personnalité de la Présidence de la République. Un terrible aveu.

Après cette émission radiophonique, Sy Savané continue, comme d’habitude, de rencontrer des jeunes et des étudiants.

Un jour, il reçoit un appel téléphonique. Son interlocuteur se présente sous le nom de « Oumar Cissé », qui se dit étudiant. Le nom de ce mystérieux personnage est-il un nom générique utilisé par les services de police et dans ce cas pourquoi précisément ce nom ? Cet interlocuteur dit vouloir rencontrer Sy Savané pour avoir des échanges entre lui et un groupe d’étudiants. Ayant l’habitude de rencontrer des étudiants, Sy Savané ne se méfie pas. Il donne son accord pour une entrevue le surlendemain.

Le jour venu, le mardi 8 octobre 2013, Sy Savané demande à un jeune de ses amis, Oury Diallo, qui a une voiture, de l’accompagner à son rendez-vous, fixé devant le Lycée français à Kipé. Le mystérieux Oumar Cissé précise que ses compagnons et lui attendent l’économiste guinéen devant la station Shell, près du Lycée français. A l’arrivée de Sy Savané et de Oury Diallo, un jeune homme s’avance vers le premier et lui demande s’il est bien Sy Savané.

Tout d’un coup, il sort de toutes parts trois, quatre ou cinq personnes, qui s’emparent de Sy Savané. Dans ce mouvement de panique, il ne peut pas savoir combien de personnes sont intervenues. L’une d’elles brandit sa carte professionnelle et déclare être membre de la Brigade de recherche de Kipé. Tout le monde est amené au Bureau du commandant. L’officier signifie à Sy Savané que le Président de la République, Condé Alpha, a porté plainte contre lui pour diffamation, outrage et insulte au chef de l’Etat. Il lui notifie quatre chefs d’inculpation :

1° - L’inculpé a accusé le chef de l’Etat d’avoir délibérément retardé les élections législatives.

2° - Il lui est également reproché d’avoir accusé le chef de l’Etat de laisser prospérer le tribalisme en Guinée.

3° - Il a aussi accusé le chef de l’Etat d’instaurer un Etat policier en Guinée.

4° - Il a accusé le chef de l’Etat d’avoir octroyé abusivement un contrat minier à une société chinoise.

L’officier signifie à Sy Savané qu’il est placé en garde à vue. Il en est de même de son accompagnateur Oury Diallo. Celui-ci sera libéré 24 heures plus tard.

Le lendemain, Sy Savané est conduit au Tribunal de Dixinn. Un procureur le met en état d’arrestation  sur plainte du chef de l’Etat, lui dit-on. Il comparait devant un groupe de juges, plutôt jeunes. Ceux-ci estiment qu’il n’y a pas matière à le poursuivre. Sacrilège dans un régime de dictature !

Le doyen des juges d’instruction, Niakoro Camara, n’est pas de l’avis de ses jeunes collègues. Lui est un véritable commissaire politique, certainement membre du RPG, le parti au pouvoir. Il délivre à Sy Savané un sermon digne de ceux qu’on entendait du temps du régime de Sékou Touré durant la Ière République (1958-1984), un temps que l’on croyait définitivement révolu. Malheureusement, les Guinéens n’en ont pas fini avec la dictature. Dans ce laïus, pas un seul terme juridique.

Le juge Niakoro Camara demande à Sy Savané s’il est français. Celui-ci a effectivement la double nationalité. Cela va changer du tout au tout le cours des événements. On voit aussitôt arriver le ministre chargé des Droits de l’homme, Gassama Diaby. Le juge change de ton, devient obséquieux, s’abrite derrière le cousinage de plaisanterie en disant qu’il est originaire de Kissidougou où il y a des Sy Savané, qui sont ses « sanakous », et qu’il n’aurait tenu son sermon que par plaisanterie. Ce ne sont là bien sûr que des paroles. Car le juge Niakoro Camara ne se prive pas de délivrer à Sy Savané un mandat de dépôt, le 9 octobre. Ce qui signifie un transfert immédiat à la prison centrale de Conakry.

Sy Savané est conduit dans un hangar, à l’intérieur de la prison. Une cinquantaine de détenus s’y entassent. On couche sur des matelas en mousse à même le sol. La nuit, personne ne sort. On doit se soulager dans des bouteilles en plastique. C’est l’univers concentrationnaire du Goulag et des camps nazis.

 Il y a là le commandant AOB, compagnon de l’ancien président de la Transition en 2010, le général Sékouba Konaté, l’homme qui a fait de Condé Alpha le président de la Guinée. Comme toujours après ce genre de turpitudes qui conduisent au pouvoir, il y a des règlements de comptes. Le nouveau tyran guinéen s’est débarrassé des hommes qui l’ont fait roi par le faux complot de l’attaque de sa résidence privée. Le commandant AOB est en prison avec un grand nombre de jeunes, considérés au même titre que lui comme les comploteurs du 18 juillet 2011. Ils ont pour la plupart entre 25 et 30 ans. Ce sont des laissés pour compte qui, malheureusement, disparaîtront un jour sans laisser de trace, ces oubliés de l’histoire qui jonchent les annales des dictatures des rois nègres depuis l’ère des indépendances africaines. Un sort auquel Sy Savané a échappé en raison principalement de sa notoriété.

Le dimanche 13 octobre 2013, au cinquième jour de son arrestation, Sy Savané est ramené devant le Tribunal de Dixinn. Le juge lui signifie sa mise sous contrôle judiciaire. Désormais, il devra se présenter deux fois par semaine, le lundi et le vendredi, devant la justice. Une semaine plus tard, ce régime est assoupli. Il ne comparaît plus que le vendredi.

Le 13 novembre 2013, un mois jour pour jour après sa libération conditionnelle, Sy Savané reçoit un appel téléphonique pour lui demander de venir signer son ordonnance de non-lieu. Le procureur a abandonné toutes les charges retenues contre lui. Il n’y a plus lieu de le poursuivre. De fait, c’est une ordonnance de règlement et pas de non-lieu qu’il reçoit. Il appartient aux juristes d’en discuter.

L’affaire Sy Savané en Guinée est-elle terminée ? « Ce n’est pas terminé, car j’y retournerai », répond-il, avec détermination.

Son exposé ne s’arrête pas là. Pour poursuivre son intervention, Sy Savané remercie chaleureusement les personnes, responsables politiques, organisations et institutions internationales qui se sont battus pour obtenir sa libération. Il attribue celle-ci à la conjonction de trois facteurs :

1° - Une signature n’est jamais petite, si elle s’associe à d’autres, résume en substance Sy Savané, pour remercier les signataires de la pétition lancée sur le Net par les membres du « Comité de soutien à Sy Savané », à l’initiative Rachel Sy Savané, sa fille, de Baki Youssoufa, responsable de l’organisme de communication « We Sign It », d’Ibrahima Sory Makanéra, de Saïdou Nour Bokoum, de Sanaba Coné Camara et d’Alpha Sidoux Barry, votre serviteur.

2° - Les personnalités françaises qui ont exercé sur le dictateur guinéen Condé Alpha d’énormes pressions auxquelles celui-ci ne pouvait pas échapper.

3° - La mobilisation à l’intérieur de la Guinée des médias audiovisuels et de la presse écrite.

La conjonction de ces trois éléments a causé un véritable affolement du gouvernement guinéen. Car Sy Savané a été victime d’un guet-apens, suivi d’un kidnapping. C’est un crime d’Etat. S’il était agi d’une personne anonyme, celle-ci aurait disparu sans laisser la moindre trace. Cela est arrivé à des centaines de Guinéens depuis l’arrivée au pouvoir du sanguinaire Condé Alpha, il y a trois ans.

Après le récit des péripéties qui ont marqué son arrestation et son incarcération, Mamadou Billo Sy Savané décrit la violation quotidienne des droits de l’homme sous le régime du nouveau tyran de Guinée Condé Alpha.

Durant son emprisonnement, Sy Savané a connu le cas d’un homme d’affaires originaire de la Côte d’Ivoire qui a été arrêté et emprisonné simplement pour avoir placé sur son véhicule 4x4 l’insigne diplomatique CD de son pays. Il est arrêté au niveau du cinéma « Le 8 Novembre ». On le conduit à la gendarmerie (l’un des nombreux services criminels de Condé Alpha). Un juge stipendié par le régime dictatorial délivre contre lui un mandat de dépôt. Ce qui signifie assignation à la prison centrale de Conakry. Il y passe 18 mois sans avoir jamais été entendu par quelqu’un d’autre que ce juge véreux. L’ambassade de Côte d’Ivoire n’a jamais su où se trouvait son ressortissant. Après l’avoir dépouillé de son véhicule 4x4, de sa maison et de tous ses biens, la mafia au service de Condé Alpha libère l’Ivoirien. Entre-temps, la femme guinéenne de celui-ci était partie trouver refuge auprès de ses beaux-parents en Côte d’Ivoire.

Un ingénieur palestinien, du nom de Hassan Niary, spécialisé dans le froid industriel, à la tête de sa propre entreprise travaillant dans ce secteur, fait une intervention dans la résidence en construction d’une haute personnalité du régime alpha-condéen. Coût des travaux : 400 millions de FG. Au lieu de régler la facture, ce haut-fonctionnaire fait emprisonner Hassan Niary. L’entreprise de celui-ci réalisait un chiffre d’affaires annuel de 20 milliards de FG. Il avait en cours des contrats avec les pays du Golfe arabo-persique de plusieurs millions de dollars. Des hommes d’affaires libanais l’avaient sollicité pour travailler avec lui. En réalité, pour s’emparer de son entreprise avec la complicité des services de Condé Alpha, qui a établi en Guinée une véritable République mafieuse.

Quand Sy Savané quittait la prison, Hassan Niary en était à son 6ème mois de détention illégale et à sa 17ème convocation devant le juge véreux. On le présente régulièrement devant ce juge. On ne lui dit rien. On le reconduit en prison. Les mafieux guinéens continueront ce scénario absurde jusqu’à ce que le malheureux palestinien cède à la demande des commerçants libanais de leur livrer son entreprise industrielle (au profit bien sûr de la mafia guinéenne). C’est dire que tout dépendra de la ténacité de Hassan Niary. Mais, qui peut résister indéfiniment à un tel traitement ?

Mamadou Billo Sy Savané évoque tous ces exemples pour illustrer le climat d’angoisse généralisée qui règne aujourd’hui en Guinée. « Chacun a peur de son voisin, exactement comme sous le régime de Sékou Touré », affirme Sy Savané. Nous voilà revenus plus de trente ans en arrière, « Là où Sékou Touré avait laissé la Guinée », la seule de toutes les promesses électorales que Condé Alpha a tenue. Comme quoi, celles-ci n’engagent que ceux qui y croient.

La Guinée ploie aujourd’hui sous le poids d’une corruption généralisée, qui va de la Présidence de la République jusqu’au planton dans les ministères. On arrête quelqu’un qui occupe un poste important. On le retient dans les geôles jusqu’à ce qu’il perde son emploi, qu’on attribue à un proche du régime mafieux. On peut y perdre tout ce qu’on possède, y compris la vie.

Il faut se débrouiller par tous les moyens. Pour cela, il faut racketter le voisin. Ceux qui ne sont pas dans les bureaux - c’est-à-dire les fonctionnaires qui rackettent -, trouvent des armes et s’en prennent aux hommes d’affaires.

En outre, beaucoup d’assassinats ou de hold-ups sont présentés comme des crimes crapuleux, alors qu’il s’agit d’assassinats et de crimes politiques.

Parmi les prédateurs, ceux qui, pris de remords, veulent en sortir, deviennent des dangers pour ceux qui restent dans le système. Ils sont alors assassinés. On ne retrouve jamais les auteurs de ces crimes. On comprend pourquoi on n’a jamais retrouvé les auteurs de l’assassinat de Mme Aïssatou Boiro, Directrice générale du Budget, exécutée en novembre 2012,  qui avait voulu s’en prendre aux criminels en col blanc. Et dire que son mari a accepté l’infâme récompense du poste de ministre.

Le trafic de drogue est devenu la grande plaie de la société guinéenne. Mais, pour y participer, il faut être inséré dans les réseaux du pouvoir d’Etat. Comment expliquer que des fonctionnaires, du jour au lendemain, construisent un, deux ou trois immeubles, sortis de terre comme poussent les champignons ? Or, ces gens n’exercent aucune activité de production de biens réels.

Le système étatique est devenu l’acteur principal de l’insécurité en Guinée.

C’est alors que Mamadou Billo Savané aborde l’épineuse question du risque de guerre ethnique en Guinée. « Je suis de père peul de Linsan et de mère soussou de Moriah, et j’ai des neveux malinkès de Kankan », prévient-il, avant de développer son argumentation contre « le soi-disant risque de guerre civile en Guinée ». Au grand étonnement de certains membres de la nombreuse assistance, Sy Savané nie totalement le risque de guerre civile en Guinée. « Que le Très-Haut l’entende », prie en son for intérieur votre serviteur, qui est persuadé du contraire. Pour Sy Savané, ceux qui écrivent qu’il y a un risque de guerre ethnique ou tribale font de l’autodénigrement.

Pour lui, il n’y a aucun risque de guerre civile, ethnique ou tribale en Guinée. « Dire que la préoccupation des Guinéens est l’appartenance ethnique est infondé », assène-t-il. Il n’y a pas d’hostilité ethnique. Le problème, selon Sy Savané, c’est entre riches et pauvres. Mettre en avant l’appartenance ethnique, c’est laisser entendre que les gens ne peuvent pas se révolter pour des raisons économiques ou sociales.

« Mes enfants sont métis. Malheureusement, nous ne disons pas à nos enfants la vérité sur la Guinée. Car, pour leur faire aimer notre pays, nous leur cachons la réalité. » C’est pour empêcher que nos enfants, en rentrant en Guinée, risquent d’y être arrêtés que Mamadou Billo Sy Savané a raffermi son engagement politique.

Cette péroraison de Sy Savané est saluée par une longue salve d’applaudissements, concluant la première partie de la conférence de presse.

Les débats

Les débats sont ouverts par Mme Sanaba Coné Camara, membre du Praesidium de la conférence de presse.

Avant d’interroger le conférencier, Sanaba, une militante bien connue des droits de l’homme, félicite chaleureusement Rachel Sy Savané, la fille de Sy Savané, qui a pris la tête de la croisade pour la libération de son père. Sanaba demande ensuite à la diaspora guinéenne de garder l’esprit de solidarité, de continuer à se tenir debout comme un seul homme dans ce combat pour libérer les nombreux autres Sy Savané encore dans les geôles de Condé Alpha. Ensuite, elle pose les trois questions suivantes :

« 1° - Tu aurais accusé Alpha Condé de ne pas être guinéen. Qu’en est-il réellement ?

2° - Est-ce que tu vas porter plainte contre l’Etat guinéen ?

3° - Des jeunes ont été déportés nuitamment à Kankan. As-tu des informations sur ce sujet ? »

Pour y répondre, Sy Savané maintient que Condé Alpha n’est pas guinéen au sens où il ne peut pas assumer la charge de chef de l’Etat parce qu’il n’a pas d’attache avec la Guinée profonde. On peut le considérer comme adopté. L’acte de naissance le faisant naître à Boké en Basse Guinée est un document falsifié. Son père est burkinabé et sa mère malienne. Il a été à tort candidat à l’élection présidentielle. D’ailleurs, s’il était né à Boké, il n’aurait pas eu à recourir à l’aide de Mohamed Sampil pour lui établir un acte de naissance, en 1983.

Au sujet de la plainte contre l’Etat guinéen, Sy Savané estime que, dans un pays normal, il aurait été fondé à le faire. En Guinée, les juges sont à la solde du pouvoir. Cependant, la porte n’est pas fermée.

Les jeunes qui ont été kidnappés et transférés nuitamment à Kankan, étaient en réalité en train de jouer au ballon sur la route. L’un d’entre eux est mort à la suite des tortures qu’ils ont subies. L’ambassade des Etats-Unis a estimé qu’un tel déni de justice était intolérable. Ce qui a permis la libération des survivants.

Mamadi Dioubaté estime que le vol est organisé en Guinée. La criminalité ravitaille toute la sous-région ouest-africaine. Pour sortir de cette situation, ce n’est pas sur l’ethnocentrisme qu’il faut se battre. Condé Alpha a cantonné Cellou au Fouta Djallon. Il a donné deux députés au président du PEDN, Lansana Kouyaté. Par-dessus le marché, Rabiatou Sérah Diallo, présidente du CNT, a tout ratifié.

Pour ordonner les débats, il est proposé de donner la parole d’abord aux représentants des sites Internet d’information.

Korka Bah, chef du bureau de presse de Guineenews.org en France interroge Sy Savané sur le soutien dont il a bénéficié de la part des autorités françaises. Aurait-il été expulsé à l’issue de son incarcération ? A-t-il été victime de violence physique ?

Sy savané répond qu’il n’a pas été rapatrié. Pour bien montrer qu’il n’a pas été expulsé, il a refusé de voyager dès le lendemain de sa libération. Il n’a pas été violenté physiquement, mais l’a été moralement. Il réaffirme qu’il a été victime d’un guet-apens. Même si son traitement a été quelque peu bienveillant, la procédure judiciaire normale n’a pas été respectée. Le ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, est intervenu parce qu’un ressortissant français a été illégalement arrêté.

Mamadou Saliou Diallo, rédacteur en chef du site Leguepard.net, affirme qu’ « à quelque chose malheur est bon ». Certes, il ne se réjouit pas de l’arrestation de Sy Savané, mais du fait qu’il n’y a passé que cinq jours. Et l’aventure de Sy Savané peut servir de leçon. Il y a beaucoup d’autres personnes qui croupissent en prison. Que fait Sy Savané pour les sortir des geôles ?

« J’use de mes relations pour les aider. Mais je n’en dirai pas plus, car cela peut nuire à ces personnes », répond laconiquement Sy Savané. On comprend qu’il ne faille pas insister sur ce sujet tellement sensible.

Mouctar Sall adresse ses remerciements à tous ceux qui ont contribué à la libération de Sy Savané. Selon lui, celle-ci est due principalement à deux facteurs :

1° - Le fait d’être citoyen français.

2° - Celui d’être d’une certaine notoriété.

Si l’intéressé avait été un citoyen ordinaire, sa libération aurait été plus longue, voire impossible. Mais, si Sy Savané considère que sa plainte contre l’Etat guinéen n’aboutira à rien, alors ce serait laisser la porte ouverte à tous les abus. C’est ainsi que dans le cas de la mort de l’étudiant Zakariaou Diallo, on a laissé faire et les tueries contre les populations civiles ont continué.

Pour répondre à cette nouvelle interpellation, Sy Savané répète ce qu’il a dit précédemment, à savoir que « La porte d’une plainte reste ouverte. J’y réfléchis ». Alors, votre serviteur intervient en engageant Sy Savané à saisir les juridictions guinéennes, même si elles sont à la solde du pouvoir, de même que les juridictions sous-régionales (la Cour de justice de la CEDEAO, par exemple) et même les juridictions françaises.

Ghandi Haroun Barry intervient pour, dit-il, faire des commentaires rapides. Sur l’appartenance de Condé Alpha à la nationalité guinéenne, cela ouvre des controverses. Que dire de lui-même Ghandi ou de Rachel Sy Savané (la fille de Mamadou Billo Sy Savané), qui sont des métis et n’ont pas plus d’attache guinéenne que Condé Alpha, qui, lui, a obtenu 18% des voix à l’élection présidentielle, alors que de vrais candidats n’ont pas pu réunir plus de 1% ?

A propos de l’arrestation de Sy Savané, Ghandi rappelle que la diffamation est un simple délit qui conduit à une contravention mais à aucune peine de prison. En revanche, le guet-apens avec enlèvement, dont Sy Savané a été victime, est un crime puni de peine de prison.

L’intervention du consul français pour secourir un compatriote en difficulté n’a généralement aucun effet. Voir au Rwanda le cas des 3 000 Français dont 2 000 binationaux lors du génocide de 1994. Un consul français ne peut pas grand-chose, estime Ghandi.

A propos de la mort de Zakariaou, rien n’a été fait, ce qui a ouvert la voie aux 58 morts que l’opposition républicaine a à déplorer aujourd’hui en Guinée. De même, on n’a jamais pu dénombrer les morts en Guinée Forestière, déplore Ghandi. On peut saisir les juridictions françaises en ce qui concerne les ressortissants français, conclut-il.

Sy Savané se voit ainsi obligé de revenir sur l’appartenance de Condé Alpha à la Guinée.

Selon lui, on est d’un quartier, d’un village ou d’un pays, si l’un de vos parents y est né. Mais, on peut acquérir la nationalité d’un pays si l’on fait la démarche administrative y afférente. Pour Sy Savané, Condé Alpha est né de parents étrangers. Il n’a pas d’attache familiale en Guinée. Il ne peut pas nous indiquer le village d’un au moins de ses parents où le cordon ombilical de celui-ci est enterré. Mais, c’est Condé Alpha qui a porté le problème des origines dans le débat politique. « Il est le premier à déclarer que moi, Sy Savané, suis d’origine sénégalaise. Je suis, certes, descendant de Thierno Saïdou de Bhoundou, mais je suis né en Guinée ».

Pendant la campagne électorale présidentielle de 2010, Condé Alpha a déclaré à Dubréka que Cellou ne parle pas soussou. Sy Savané s’est alors intéressé aux origines de Condé Alpha. Il a parcouru la région de Boké où Condé Alpha dit être né et avoir des oncles soussous. Il découvre que la mère de Condé Alpha est originaire de Kati dans l’ancien Soudan, devenu Mali. « Nous ne connaissons aucun de ses oncles ici », confie-t-on à Sy Savané dans le Kakandé. Idem dans tous les villages bagas, nalous ou landoumas, authentiques terroirs de la Basse Guinée. Personne ne connaissait Saran Camara, la mère de Condé Alpha. A Mafanco, dans la banlieue de Conakry, où réside sa famille, même son de cloche. Seul son demi-frère Malick est de mère soussou.

On a entendu parler de Condé Alpha pour la première fois quand Sékou Touré a cité son nom lors des événements du 22 novembre1970. Il s’est alors emparé du quotidien national Horoya, qui relatait cette affaire, pour le présenter à Bernard Kouchner, alors fondateur de Médecins sans frontières, et s’introduire dans les milieux socialistes français. Encore une fois, Sy Savané affirme que Condé Alpha n’est pas guinéen et ne doit pas être à la tête de la Guinée.

Pour clore ce chapitre introduit par Ghandi, Sy Savané reconnaît que le ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, est bel et bien intervenu pour sa libération.

Aliou Bah ramène les débats sur le terrain des perspectives ouvertes par l’arrestation de Sy Savané : « Quelle est la conséquence de votre arrestation sur votre engagement politique ? Allez-vous vous investir davantage dans la lutte contre Alpha Condé ? Comment allez-vous vous y prendre ? Quelle stratégie préconisez-vous ? », lui demande-t-il.

« J’ai l’intention d’aller sur place », répond Sy Savané. « Je me battrai sur le terrain. Certes, je ne suis pas un boy-scout. Je veux vivre, et longtemps. Mais pas vivre couché. Je serai debout dans mon pays », assène Sy Savané.

Cécé Roger Haba fait les remarques suivantes :

  1. D’après certaines sources, Le père de Condé Alpha serait originaire de Baro en Haute Guinée.
  2. A N’Zérékoré, on ne parle plus que de la Présidence de l’Assemblée nationale. Est-ce la démocratie version Condé Alpha ?
  3. Le projet de budget de l’Etat 2014 a été déposé au CNT, alors que l’Assemblée nationale a été élue. A quoi vise cette manœuvre ?
  4. Il y a eu quelques morts à Kankan. Des sanctions sont immédiatement tombées. A Zogota, on n’a sanctionné personne.

Mamadi Dioubaté apporte quelques précisions sur les origines de Condé Alpha. On lui a fabriqué un village d’origine de toutes pièces. Des notables, dont Dioula Mori, sont allés l’établir à Baro. Tout le monde sait qu’il ne vient pas de là. Il a dit que ses oncles sont soussous. En vérité, il faut qu’il fasse son coming out (à la fois sur ses origines et sur son orientation sexuelle). Il n’y a pas de honte à être d’origine étrangère.

Le Dr Abdoul Baldé de Rouen prend alors la parole. Il rappelle que de nombreux étrangers ont eu à exercer de hautes fonctions étatiques en Guinée. Il y a eu, par exemple le Sénégalais Diop Alhassane, ancien ministre des Postes et Télécommunications ou encore le Béninois Louis Béhanzin, ancien directeur général de l’Education nationale (qui a détruit l’Enseignement en Guinée) puis ministre de l’Idéologie. A la suite du coup d’Etat de Lansana Conté en 1984, ce dernier a été libéré et est rentré tranquillement dans son pays d’origine. Tout récemment, c’est encore un étranger, le général Toumani Sangaré, qui a été nommé président de la Céni et qui a veillé à l’accession au pouvoir de Condé Alpha. Ensuite, un général sénégalais, Lamine Cissé, a été appelé pour réformer l’Armée guinéenne, ce qui a permis à Condé Alpha de renforcer sa mainmise sur cette institution. Est-ce une malédiction qui amène les Guinéens à toujours subir la loi des étrangers ? « Nous sommes Guinéens, nous pouvons nous-mêmes gérer notre pays. La Guinée est aux Guinéens », proclame le Dr Abdoul Baldé avec véhémence. Il confirme ensuite l’opinion de Sy Savané selon laquelle l’appartenance ethnique n’est pas une primauté : « Je suis Peul de Camayenne, un quartier de Conakry. Je suis plus à l’aise en milieu soussou qu’en milieu peul », conclut-il.

Boubacar Sadio Baldé intervient pour rappeler qu’il faut se méfier de la question tribale. « Je crois que le risque d’affrontement ethnique existe », dit-il. « Il est vrai que les Guinéens ont beaucoup fait pour l’éviter, mais n’oublions pas l’affaire de l’eau empoisonnée entre les deux tours de l’élection présidentielle et ses conséquences ». Cette affaire, créée de toutes pièces par les services de Condé Alpha, avait déchaîné les passions ethniques, causé des pogroms contre les Peuls en Haute Guinée et avait failli dégénérer en guerre tribale. Il y avait eu beaucoup de morts. « C’est un danger permanent qu’il ne faut pas minimiser », insiste Boubacar Sadio.

C’est précisément sur ce terrain que Sy Savané est intransigeant. « Le risque de conflit ethnique existe si le pouvoir d’Etat décide de l’instrumentaliser », affirme-t-il. Il faut tordre l’idée d’une guerre ethnique en Guinée. Le problème de Zogota, par exemple, dépasse la question ethnique, car il s’agit du problème de l’appropriation de la terre. En Guinée Forestière, il y a le fait d’une antériorité de l’occupation du sol. Si les autochtones se sentent lésés, s’ils ne peuvent plus construire une case sur la terre où ils sont nés, si on continue de les mépriser, alors se crée un vrai problème. C’est, de fait, le problème de la terre qui a causé la guerre civile en Côte d’Ivoire.

Mme Malignouma Camara, toujours présente sur le front de la lutte pour la défense des droits de l’homme et l’instauration de la démocratie en Guinée, intervient pour apporter un témoignage saisissant. « M. Sy Savané, vous avez eu beaucoup de chance », dit-elle, « car vos jours n’étaient pas comptés ». Sous-entendu, si Sy Savané n’avait pas bénéficié du soutien de la communauté internationale, il aurait, sans nul doute, disparu pour toujours. Elle rappelle l’énorme déception causée par Condé Alpha, qui a vécu plus de cinquante ans en France et qui, aujourd’hui, instaure une dictature en Guinée. Et pourtant, ceux qui connaissent bien Condé Alpha, comme Sékou Kouyaté, avaient tiré la sonnette d’alarme dès les années 1980. Celui-ci avait prévenu : « Si vous portez Alpha Condé au pouvoir, vous allez vous mordre le doigt ».

Et Malignouma d’évoquer un fait révélateur de l’état des tensions ethniques en Guinée. Elle et des proches sont dans un véhicule qui tombe en panne dans le quartier à majorité malinké de Madina-SIG à Conakry. Des jeunes accourent pour leur porter secours. Et ils disent : « Nous allons vous dépanner parce que vous êtes des Malinkés ». Malignouma en était saisie d’effroi. On en est arrivé à cette polarisation ethnique en Guinée à cause de la politique menée par Condé Alpha.

Malignouma estime que les origines de Condé Alpha n’ont pas tellement d’importance. L’essentiel est que le chef de l’Etat aime le pays qu’il dirige. Ce n’est pas le cas de l’actuel Président de la Guinée.

C’est à Ibrahima Sory Makanéra, animateur du site Leguepard.net, qu’il revient de conclure les débats. Cet éminent juriste ramène ceux-ci sur le terrain du droit. Pour lui, le problème guinéen est un problème de justice. De fait, l’oppression, ce n’est pas seulement le fait de massacrer les populations civiles, c’est quand les dirigeants se mettent au-dessus de la loi et soumettent le peuple à leur propre volonté. Il y a tous les ans 20 000 à 30 000 morts par balles et armes à feu aux Etats-Unis. Ce n’est pas pour autant que ceux ne sont pas un pays démocratique.

Il faut en Guinée mettre la Cour Suprême à l’épreuve. D’abord la saisir. Ensuite, à défaut, saisir les juridictions sous-régionales. La Cour de Justice de la CEDEAO a été jusqu’à Conakry pour dire aux Guinéens qu’ils peuvent la saisir. Si la justice guinéenne est défaillante, on se pourvoit devant la juridiction sous-régionale. C’est ce qui aurait dû être fait pour l’étudiant Zakariaou et même pour le cas de Sy Savané qui nous occupe aujourd’hui.

Sur ce, la conférence de presse de Sy Savané s’achève à 19 heures.

Alpha Sidoux Barry

Rapporteur du Comité de soutien à Sy Savané

– Composition du Comité de soutien à Sy Savané :

Saïdou Nour Bokoum

Alpha Sidoux Barry

Sanaba Coné Camara

Ibrahima Sory Makanéra

Baki Youssoufa

Rachel Sy Savané

Ibrahima Kylé Diallo

Aboubacar Fofana

Mamadi Dioubaté

Boubacar Sadio Baldé

Cécé Roger Haba

Jean-Jacques Laho

Jodeou Diakhaby


 

6 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Djikoro Kaba08/01/2014 06:33:13
Dans tous ces brouhahas, qu'est ce qui concerne la Guinée comme programme de développement ? On nous parle des origines des uns et des autres, qui a une origine propre parmi tous ces gens et on ne parle aussi d'injustice de l'état guinéen, dans tous les pays du monde, il existe l'injustice de la justice, même dans les pays les plus avancés démocratiquement. Tout accusé ou prisonnier, ni toujours les faits, donc ceci n'est pas propre qu'à Mr Sy Savané. Au lieu de nous gaver de littératures stériles, bidons, vous êtes des intellectuels, technocrates comme vous aimez vous identifier à ces considérations nulles, songez maintenant à soulager ce peuple de Guinée, si vous êtes magiciens. Maintenant, j'estime que les médiocres chez les autres sont les têtes pensantes de chez nous, raisons pour lesquelles ce pays patauge dans une marre d’ignominies et d'incompétents qui s'accusent mutuellement sans arrêt à longueur d'années. Comme disent les ivoiriens, ''si tu peux, il faut peux maintenant''. Alors si vous pouvez quelque choses pour mon pays, allez y, nationaux, binationaux ou autochtones. Depuis 1958, c'est la même musique, le même refrain des mêmes musiciens jouant sur des mêmes vieux instruments. Vous avez été dans ces écoles et universités prestigieuses pour être seulement ce que vous êtes aujourd'hui ? Pitié pour ma pauvre Guinée.
SADIO BARRY08/01/2014 10:46:39
Et toi Djikoro Kaba, qu'est-ce que tu es devenu avec votre tonton Alpha? C'est dommage qu'un intellectuel de ton rang se transforme simplement en Donso du Net contre les intellectuels et démocrates guinéens ! Allez, rejoins la raison et libérons notre pays des mafias qui la pillent et assassinent ses enfants !
Sahaaba Nafowo08/01/2014 17:01:47
M. Djikoro vous grand intello c'est ça votre argumentaire: " il existe l'injustice de la justice, même dans les pays les plus avancés démocratiquement" ?
Saïdou Nour Bokoum08/01/2014 17:51:16
M. Djikoro Kaba, je loue la façon fidèle dont vous vous reflétez dans le miroir. Vous donnez l’exemple parfait (parangon) de « l’intellectuel guinéen », au volant du magbana, ce corbillard qui n’est toujours pas sorti du cimetière où il conduit la Guinée depuis 55ans. Vous dites «..comme dit l’Ivoirien : « tu n’as pas dit que tu peux, il faut peux maintenant ». Si vous avez séjourné en CI, vous n’avez jamais entendu dire cela ou vous avez laissé cela à la frontière où beaucoup, de retour d’exil, ne reviennent qu’avec l’amnésie en bandoulière; vous n’avez jamais entendu quelqu’un qui y a vraiment séjourné ou encore vous tripatouillez le propos ; vous ne savez même pas que vous ne savez pas et vous vous mêlez de donner des leçons : ça c’est « le Guinéen », vous-même. Donc l’Ivoirien et ceux qui savent écouter sans se boucher les oreilles, disent ou entendent : « puisque tu as dit que tu moyens, il faut peux maintenant ! ». Wa Salam
Ibrahima-Kankalabé08/01/2014 18:03:31
Ce Kaba n'a rien dit d'intelligible pour moi. Il n'a rien apporté au débat. Il devrait se reconnaitre parmi les "intellectuels" qu'il décrit. Il serait plus utile dans le débat en apportant des faits et défendant une position avec des points de vue raisonnés. Dans ce cas son commentaire deviendrait contributif. Autrement,c'est en effet un brouhaha de plus. Opportuniste et réactionnaire?? Mr Sadio qui semble vous connaitre tend plutot vers cette possibilité. En effet encore, pauvre Guinée!
Sahaaba Nafowo09/01/2014 13:04:33
"il existe l'injustice de la justice, même dans les pays les plus avancés démocratiquement" Djikoro Kaba.

Errata!!!
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