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Les leçons de l’expérience militaire et civile d’Aliou Barry

Par Alpha Sidoux Barry


2018-06-15 19:09:32

Ancien officier de l’armée française formé à Saint-Cyr, diplômé en droit et en économie, et actuel président de l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH) en Guinée, Aliou Barry, 64 ans, vient de publier un ouvrage intitulé « Revenir » , avec pour sous-titre « L’Afrique au cœur ». C’est le récit de son parcours personnel et les leçons à en tirer pour l’édification d’un nouvel avenir pour notre pays. Un livre de 256 pages captivantes qu’on lit d’une traite.

A peine adolescent, Aliou Barry débarque à la fin de 1972 à Abidjan en Côte d’Ivoire où je l’avais précédé. Je l’accueille au campus universitaire de la Cité rouge à Cocody. Mais aussitôt arrivé, il apprend que son départ a causé à notre mère un épouvantable traumatisme. Tiraillé entre l’attachement à la maman et l’attrait de la Côte d’Ivoire, Aliou décide, tout compte fait, de rebrousser chemin et de rentrer en Guinée.

De retour au pays, il présente le baccalauréat en septembre 1973 et fait son entrée, le mois suivant, à l’Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser (IPGAN) de Conakry. La Révolution sékoutouréenne (ce néologisme a été forgé par le Dr Charles Diané) battait son plein. Dans son livre, Aliou décrit avec précision cette dictature sanguinaire qui fera cinquante mille morts, selon Amnesty International, dans les différentes geôles et aux six frontières avec les pays voisins, dans un style alerte et bien enlevé qui rend compte avec réalisme de l’univers concentrationnaire dans lequel vivait la population guinéenne à l’époque.

Au bout d’une année à Poly, Aliou n’en peut plus. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est l’exécution en public sur le campus de l’IPGAN devant tous ses camarades, en avril 1974, d’un étudiant qui a assassiné sa fiancée, par dépit amoureux, acte qui a causé aussi la mort d’un professeur. Cette justice expéditive est une illustration flagrante de la violation des droits de l’homme sous le régime du Parti-Etat qui a sévi en Guinée jusqu’à la mort du dictateur paranoïaque en mars 1984.

Cela n’est pas sans rappeler que des dizaines de cadres guinéens de haut niveau, des médecins, des professeurs, des ingénieurs et des officiers de l’armée, dont notre frère aîné le lieutenant  Barry Bademba, furent fusillés au pied du mont Gangan à Kindia dans la nuit du 31 juillet 1971.

Aliou décide de reprendre le chemin de l’exil. Arrivé à Abidjan, nous nous organisons pour l’envoyer à Toulouse au sud de la France, en juillet 1975, où il est accueilli par notre sœur aînée feue Mariama Sirée. Au terme de multiples péripéties qu’il raconte par le menu dans son livre, il est l’un des tout premiers Guinéens à être admis au statut de réfugié politique en janvier 1976. Il fera profiter de son expérience  à de nombreux compatriotes qui bénéficieront aussi de la Convention de Genève.

Au mois d’avril suivant, il est engagé comme employé libre-service dans un supermarché Carrefour à Orsay dans la banlieue sud de Paris. Il devient un immigré normal. Mais il n’en oublie pas pour autant sa formation universitaire interrompue. Admis à l’IUT de l’université de Paris-XI-Sceaux, il bénéficie d’une bourse du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), obtient le diplôme universitaire de technologie, option Ressources humaines, puis sa réintégration dans la nationalité française. Il est alors appelé au service militaire. Se rappelant qu’à Poly, il avait suivi une formation militaire et au souvenir de notre frère le lieutenant Bademba, il s’inscrit au concours d’accès direct à l’Ecole d’officiers de Saint-Cyr. Il figure parmi les 7% de candidats français sélectionnés et y fait son entrée le 1er août 1981 dans le Corps technique et administratif (CTA) à Coëtquidan, près de Rennes, où l’institution a été transférée depuis 1944. Il opte pour le service de santé des armées. Au menu de la formation : raids à pied, entraînement commando, brevet de parachutisme et politique de défense de la France. Il faut souligner que Saint-Cyr est à comparer à Sandhurst en Grande Bretagne et à West Point aux Etats-Unis.

Sorti aspirant de Saint-Cyr, il accède rapidement au grade de capitaine et se déplacera tous les trois ans, comme il est de coutume dans l’armée, de caserne en caserne, à Cherbourg, à Toulon, puis à Metz.

Soucieux d’apporter son aide et son soutien à l’Afrique, il sollicite un poste dans la coopération sur le continent. Il fera des pieds et des mains, mais se heurtera à un refus systématique. Motifs non avoués : son statut d’ancien réfugié politique, sa double identité africaine et française, son souci d’équité et de transparence dans la coopération militaire franco-africaine qu’il a exprimé dans de nombreux écrits. De fait, cette coopération repose sur le concept de « Françafrique » que nous verrons plus loin, élaboré par Jacques Foccart, l’homme de l’ombre du général de Gaulle.

Il décide alors de se spécialiser dans la géopolitique pour analyser  et déconstruire le système de la coopération militaire et civile entre la France et l’Afrique. Pour cela, il s’inscrit en 3ème cycle à la Faculté de droit et à la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques de l’université de Toulon où il est en poste. En mars 1995, il en obtient le Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), option « Défense et sécurité ».

Il se lance dans l’écriture et publie en 1997 un ouvrage sur « La prévention des conflits en Afrique de l’Ouest » . De plus, il publie dans la revue Frères d’armes un article qui trace les contours d’un système sous-régional de sécurité collective en Afrique. Il affirme, de vive voix, devant le médecin chef de la Direction centrale des services de santé des armées (DCSSA) que « la coopération militaire franco-africaine est un véritable scandale ». Il dénonce l’opacité de celle-ci, fondée sur la prolifération des réseaux politiques, affairistes et clientélistes. Résultat, il écope d’une mutation disciplinaire qui ne dit pas son nom, en septembre 1998, au régiment médical de Metz.

Coup de théâtre ! Au même moment, son article dans la revue Frères d’armes est couronné par le prix du Maréchal Lyautey.

Nonobstant cela, il fait observer que la coopération militaire franco-africaine reste pilotée par les militaires des troupes de marine dont la vision de l’Afrique date de l’époque coloniale. Cette coopération n’a jamais permis à aucun pays africain, quarante ans après les indépendances, d’assurer sa propre défense sans l’intervention du pays protecteur, la France.

Aliou Barry finit par réaliser qu’il ne pourra pas modifier ni améliorer cette coopération militaire et civile. Le plus logique est de ne plus continuer à la cautionner par sa présence dans l’armée française. Il met à profit la loi 70-2 qui permet aux officiers de quitter l’armée et de poursuivre leur carrière en tant que civils dans la fonction publique.

Au terme d’un véritable parcours d’obstacles, il est en fin de compte retenu au ministère de la Justice au regard de son cursus universitaire. Avantage et non des moindres, là il peut écrire librement et remplir la tâche qu’il s’est assignée, à savoir dévoiler les insuffisances de la coopération militaire franco-africaine et ce, d’autant plus qu’étant basé à Paris, il peut garder un contact étroit avec l’Afrique.

Après un stage d’un an, il est titularisé dans la catégorie A du corps des fonctionnaires en 2000. Affecté au cabinet de Rachida Dati, ministre de la Justice, il va ensuite de service en service et finit par atterrir à la mission d’Outre-mer chargé de l’administration pénitentiaire comme directeur administratif et financier. Cela lui permet d’accomplir 3 à 4 voyages par an dans les départements et territoires d’outre-mer.

A partir de 2002, il peut également consacrer ses week-ends et son temps libre à l’élaboration d’une thèse de recherche en droit international public à l’université de Paris-VIII. Thème : « Le commerce moderne des armes et les guerres postcoloniales en Afrique ». C’est ainsi qu’il a pu entrer en contact avec l’un des principaux acteurs de ce commerce illégal impliqué dans l’Angolagate et incarcéré à la prison de la Santé à Paris, Pierre Falcone. Cela lui permet de dévoiler dans son livre « Revenir » les tenants et les aboutissants de cette ténébreuse affaire de 500 millions de dollars et son épilogue en 2009. Celle-ci a mis en cause aussi des personnages comme Jean-Christophe Mitterrand, le marchand d’armes Akadi Gaydamak et le financement de la campagne électorale de Charles Pasqua aux élections européennes de 1999.

On fait également connaissance dans son livre avec le célèbre trafiquant Victor Bout, de même que l’implication dans le trafic d’armes, dont la fameuse Kalachnikov AK 47 que l’on retrouve sur tous les théâtres de guerre en Afrique, des pays de l’ancien bloc de l’Est après la dislocation de celui-ci en 1989. Entre autres, on voit aussi l’implication de la Guinée dans la livraison d’armes à la faction du LURD au Liberia et l’activité d’hommes tels que le commerçant libanais Rodha Fawaz dans les années 2005, ainsi que le rôle de Blaise Compaoré dans la rébellion des Forces nouvelles en Côte d’Ivoire. On voit comment ces guerres se sont propagées du Liberia à la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest et dans la région des Grands lacs du Rwanda à la République Démocratique du Congo et le rôle de l’opération mitterrandienne Turquoise.

Pendant toute la période de 2002 à 2006, Aliou Barry s’est rendu régulièrement en Afrique sur les théâtres de guerre. C’est de cette expérience qu’il a eu la conviction que la lutte pour le respect des droits de l’homme et l’éducation à la paix sont indispensables dans la prévention des crises et des conflits. Dans sa thèse, il a étudié tous les conflits de l’époque sur le continent africain à la lumière du double commerce des matières premières minières (pétrole, or, diamant, cuivre et cobalt) et des armes. Il en a tiré la conclusion que toutes ces guerres sont provoquées par une même réalité politique : la confiscation autoritaire du pouvoir par un dictateur et l’absence de pluralisme démocratique conduisant les populations à se faire entendre par la seule manière qui leur reste, celle de l’insurrection et des armes.

Les conflits naissent du fait que les dictateurs s’approprient les richesses pour leur propre compte et les concèdent aux puissances étrangères. Tant que le régime reste fort, ce pillage est soigneusement dissimulé aux populations. Mais dès que le système totalitaire vacille, les mensonges et la corruption apparaissent au grand jour et suscitent colère et désir de vengeance des laissés pour compte, c’est-à-dire la majorité silencieuse.

Le système Françafrique est l’interpénétration et la liaison organique entre les élites africaines épaulées par le pouvoir dictatorial et les autorités françaises dans le cadre de la coopération militaire et civile. Les deux entités se tiennent par la barbichette. Le pouvoir politique africain protège les intérêts de la France et celle-ci apporte son soutien militaire et civil au premier. Ainsi en a-t-il coûté à Laurent Gbagbo d’avoir voulu s’émanciper de cette dépendance.

Aliou Montre dans son livre « Revenir » que les accords de coopération vont à l’encontre du pluralisme et de l’alternance politique à la tête de l’exécutif en Afrique. Cette coopération a totalement échoué et doit être réformée en profondeur.

En 2004, il propose aux associations et organisations de la société civile en Afrique de l’Ouest de s’unir au sein d’un Forum mondial de la paix afin que leur message porte le plus loin possible. Il fut nommé président de cette fédération et son siège fixé à Bamako sous le haut patronage du président Amadou Toumani Touré. Le Forum devait se réunir en colloque tous les deux ans. La première rencontre eut lieu en 2006 dans la capitale malienne. C’est à cette occasion qu’il fit la connaissance de Lansana Kouyaté alors représentant de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Côte d’Ivoire.

Le colloque suivant devait se tenir à Conakry en 2008 avec pour objectif principal de faire prendre conscience du lien entre paix et développement, de le vulgariser auprès des populations, puis de soutenir les initiatives de la société civile africaine contre la prolifération des armes légères. Mais le colloque de Conakry n’aura pas lieu en raison des conséquences des troubles sociaux survenus en janvier-février 2007 qui firent 887 morts et plus d’un millier de blessés par balles tirées par les forces de l’ordre contre les manifestants.

Lansana Kouyaté est nommé premier ministre du gouvernement dit de consensus qui  en est résulté, en mars 2007. Aliou quitte le cabinet de Rachida Dati, ministre de la Justice de Sarkozy, où il officie, et est proposé au poste de conseiller aux droits de l’homme de Kouyaté. Lorsqu’il arrive à Conakry, il découvre une « Guinée nouvelle » dont il fait un portrait saisissant dans son livre « Revenir ».

On avait cru qu’avec la mort de Sékou Touré, la page tragique de l’histoire de la Guinée était tournée. Oh que non ! Après avoir détruit les racines, les coutumes, les liens familiaux, les valeurs sociales et culturelles des Guinéens jusque dans le moindre village, le tyran avait planté à la place l’inculture, la médiocrité, l’avidité et la corruption : en somme, l’homme nouveau qu’il avait promis de créer. L’incompétence est désormais gratifiée des plus hautes responsabilités. Et le clientélisme qui en découle préserve le système établi de tout risque de contestation et de réforme. Les tenants du pouvoir sont ainsi assurés de le conserver à leur profit et à celui de leurs affidés issus de la même ethnie qu’eux.

La transition entre le régime sékoutouréen et celui de son successeur Lansana Conté n’a pas été organisée et encadrée par des institutions et une administration renouvelées. Le libéralisme sauvage a remplacé l’autoritarisme étatique. Les entreprises d’Etat qui existaient et qui ne fonctionnaient qu’à 10% de leurs capacités ont été bradées à vil prix et totalement ruinées et détruites. Le régime libéral a été entendu comme étant l’anarchie totalement débridée.

Si, en 1984, Aliou avait trouvé la Guinée dans un piteux état, en 2008, il la retrouve après 24 ans du régime militaire de Lansana Conté dans une situation où l’Etat est devenu une « mangeoire » dans laquelle chacun se repaît à la mesure de ses moyens. Désormais, la corruption pénètre dans tous les rouages économiques et administratifs. L’éducation et la santé publique sont les deux secteurs où les lacunes sont le plus profondes. Plus grave encore, s’est installé dans la société le prosélytisme religieux omniprésent, notamment le wahhabisme, nourri aux pétrodollars des pays du Golfe. La décérébration sékoutouréenne des Guinéens a ouvert la voie à l’obscurantisme saoudien.

L’état de l’armée guinéenne est déplorable. On trouve sous l’uniforme des colonels, des capitaines ou des lieutenants pratiquement illettrés car les jeunes déscolarisés ou les délinquants sont poussés à faire une carrière militaire et peuvent accéder aux grades les plus élevés par simple népotisme.

C’est dans cette ambiance délétère qu’Aliou devait prendre ses fonctions de conseiller aux droits de l’homme du premier ministre. Il a pris la précaution de convenir avec lui que son champ d’action serait exclusivement celui de la défense des droits de l’homme dans lequel il avait acquis une réelle expertise. Par son propre parcours, Lansana Kouyaté était convaincu de la primauté de cette question dans un pays comme la Guinée qui venait de sortir d’une terrible période de violence et de répression. Aliou s’est préparé à cette nouvelle tâche en consultant un autre expert en la matière, Stéphane Hessel, l’auteur du manifeste Indignez-vous !  et qui a contribué avec René Cassin (fondateur de la Croix rouge) à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Après des années de pouvoir despotique en Guinée, le défi était immense.

Première action à entreprendre, inscrire le sujet des droits de l’homme dans le cursus scolaire et éducatif pour former les citoyens de demain. Deuxième action, former l’armée et la police. Troisième action, sensibiliser les chefs coutumiers, religieux et de quartier aux droits fondamentaux, tels que l’accès des enfants à l’éducation. Pour couronner le tout, créer l’Observatoire national indépendant des droits de l’homme (ONDH). Pour cela, il a sollicité un financement à la délégation « Paix, démocratie et droits de l’homme » de la Francophonie.

Mais le premier ministre insista sur le fait qu’il préférait qu’Aliou entrât au gouvernement comme ministre de la Justice pour mieux faire avancer le projet d’observatoire. Le président Lansana Conté, à qui le choix de Lansana Kouyaté avait été imposé par l’insurrection populaire de janvier-février 2007, freinait des quatre fers la composition de ce gouvernement. Les syndicats et la société civile n’avaient pas eu la présence d’esprit de saisir l’Assemblée nationale et la Cour suprême afin d’invoquer la maladie du président Conté pour procéder à son empêchement comme le prévoyait la Constitution. De toute façon, ce scénario était improbable car les présidents de ces deux institutions lui étaient entièrement dévolus. A tout le moins, Kouyaté aurait pu profiter de la ferveur populaire qui l’avait porté au pouvoir et s’appuyer sur les syndicats pour obtenir le transfert des pouvoirs présidentiels au premier ministre, laissant à Lansana Conté un pouvoir purement honorifique. Celui-ci a joué la rouerie face à l’inexpérience de Kouyaté.

Les transactions ont duré des semaines et Aliou Barry ne fut pas nommé ministre de la Justice mais au poste de conseiller aux droits de l’homme du premier ministre, ce qui allait tout de même dans le sens de son projet d’ONDH.

Une guérilla sourde s’engagea entre Lansana Conté et Lansana Kouyaté, le président s’opposant à coup de décrets aux actions engagées par le premier ministre. L’immense espérance soulevée par la nomination de Kouyaté rencontra finalement la déception populaire. Cependant, Aliou continua le projet avec le soutien d’Ahowanou Agbessi, conseiller aux droits de l’homme au sein de la représentation du PNUD à Conakry.

Quelle ne fut la surprise de Lansana Kouyaté de voir le peuple applaudir à son limogeage et son remplacement, avec effet immédiat, par Ahmed Tidiane Souaré ! Celui-ci prit la responsabilité de poursuivre le projet d’Aliou. Et signa l’arrêté ministériel de création de l’ONDH (un décret aurait sans doute été annulé par le président Conté), qui vit le jour le 8 juillet 2009.

Malheureusement, l’Observatoire sera handicapé par l’instabilité politique. Entre 2008 et 2010, pas moins de quatre premiers ministres vont se succéder à la tête du gouvernement, soit une longévité moyenne d’un an. C’est pourquoi, Aliou décida d’accorder la priorité à la sensibilisation de l’armée aux droits de l’homme, au détriment des secteurs de la vie civile, d’autant plus qu’à partir de juin 2008, les casernes commençaient à s’agiter, pressentant la fin prochaine du régime de Lansana Conté.

Ce fut l’occasion pour Aliou d’observer de l’intérieur le fonctionnement de l’armée, ce qui va donner lieu à un nouvel ouvrage intitulé « L’armée guinéenne - Comment et pourquoi faire ? » Il propose alors des axes de réforme et de réorganisation pour amener les forces militaires à devenir une véritable armée républicaine.

L’axe principal de la réforme des armées guinéennes que propose Aliou est de les supprimer purement et simplement dans leur format actuel, et de mettre à la place une « nouvelle force de protection de l’Etat et des citoyens », une FOPEC qui serait issue de la fusion de la Gendarmerie et de la Police nationale. Une véritable révolution ! Pour les missions de protection de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité du territoire, il recommande de créer des Unités militaires professionnalisées (UMP), composées de militaires professionnels, bien formés et entraînés aux techniques de combat en zone sahélienne et tropicale humide. Leurs bases principales seraient à Kankan et Koundara pour s’acclimater aux conditions de combat en savane, à N’Zérékoré et Beyla pour le combat en zone humide.

En attendant ces réformes, Aliou lance une campagne de sensibilisation aux droits de l’homme auprès des officiers, puis des soldats du rang. Mais il apparut très vite qu’ils n’étaient pas réceptifs à ce langage en raison de la culture de la violence  dans laquelle ils avaient été formés et du manque de soutien politique du gouvernement, notamment du président Conté lui-même. Autre axe d’intervention, inscrire la question des droits de l’homme dans le cursus de formation des soldats. Mais la vague d’agitation qui secoua les casernes modifia les priorités de l’armée.

Les signes avant-coureurs de la succession du président Conté (malade au point de ne plus pouvoir exercer le pouvoir) commencent à se manifester. Des jeunes militaires lancent une grève en invoquant le « bulletin rouge », une liste de leurs revendications : revalorisation des salaires, paiement des arriérés de leurs soldes promis depuis belle lurette, mise à la retraite des généraux accusés d’avoir détourné l’argent des salaires. Nous sommes en juillet 2008.

L’agitation grandit. Se sachant en fin de vie, mais ne souhaitant pas passer la main à un civil, le président orchestre en sous-main cette effervescence. Les généraux s’opposent au projet de Conté de voir son fils, le commandant Ousmane Conté, lui succéder, sachant que celui-ci est impliqué dans le trafic de stupéfiants qui fait rage dans le pays. Conté choisit de les limoger et de céder le pouvoir à une junte de jeunes officiers menés par le capitaine Moussa Dadis Camara.

Ce mois de décembre 2008, le premier ministre Ahmed Tidiane Souaré dépêche Aliou Barry à Ouagadougou au Burkina auprès de Blaise Compaoré, président en exercice de la CEDEAO et interlocuteur privilégié de la communauté internationale depuis le décès d’Houphouët-Boigny en 1993, pour solliciter son soutien dans la perspective de l’élection présidentielle qui allait suivre l’éventuel décès de Conté. Le premier ministre Souaré excluait alors totalement tout coup d’Etat militaire.

Aliou obtient la promesse du soutien de Compaoré à Souaré. Sur ces entrefaites, il apprend à Ouagadougou, de source sûre confirmée par Compaoré, le décès du président Conté. Il en informe le premier ministre Souaré qui, bien qu’étant à Conakry, n’en a rien cru et affirme même que le président de l’Assemblée nationale, le chef d’état-major de l’armée et lui-même tiennent la situation en main. Pendant ce temps, le destin de la Guinée se jouait sans eux.

L’annonce du décès du président Conté le 23 décembre 2008 est aussitôt suivie de la prise du pouvoir par la junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara (le scénario préparé par Conté lui-même peu avant sa mort).

Aliou a été un témoin privilégié situé aux avant-postes des événements qui ont marqué la transition entre le régime de Lansana Conté et l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé.

Dès la prise du pouvoir par Dadis Camara, les putschistes prennent l’engagement solennel d’organiser des élections libres, crédibles et transparentes pour transmettre le pouvoir à un civil. Mais, le nouveau régime est aussitôt placé sous embargo par la communauté internationale conformément aux recommandations de l’Union africaine. Blaise Compaoré est nommé facilitateur par la CEDEAO pour assurer la transition vers le retour à l’ordre constitutionnel. Le Conseil national pour le redressement et le développement (CNDD) au pouvoir est contraint de s’engager à céder celui-ci au plus tard en décembre 2009.

Après avoir fait illusion durant les premiers mois, il s’avère très vite que Dadis Camara cherche à confisquer le pouvoir. Il laisse même entendre, en août 2009, qu’il pourrait être candidat à l’élection présidentielle. Le Forum des forces vives (partis, syndicats et société civile) décide d’organiser une grande manifestation populaire de protestation le 28 septembre 2009 au stade éponyme, date commémorative du non historique au référendum du général de Gaulle en 1958. La junte militaire décide de l’interdire, mais les Forces vives passent outre et forcent l’entrée du stade du 28 septembre le jour dit.

La junte a prémédité la tuerie qui allait s’ensuivre. Elle a introduit  parmi la foule des manifestants des mercenaires et des soldats en civil armés de machettes, de couteaux et de fusils dissimulés. Alors que le meeting bat son plein, l’armée encercle le stade et les Bérets rouges y entrent, bloquent toutes les issues et se mettent à tirer des coups de feu, donnant ainsi le signal du carnage.

Mercenaires et soldats tirent sur la foule et massacrent pelle mêle, y compris à l’arme blanche, hommes, femmes et enfants. L’horreur dura jusqu’au coucher du  soleil. Et la chasse à l’homme s’est poursuivie toute la nuit jusqu’au lendemain. La commission internationale d’enquête mise sur pied par l’ONU dresse un bilan accablant : 157 morts, 109 femmes violées en public et en plein jour au stade, 1 500 blessés. Le nombre réel de morts ne sera jamais connu car les forces militaires ont enterré certaines victimes dans des fosses communes et jeté d’autres en haute mer. Des femmes ont été emmenées en esclavage sexuel des jours durant. C’est le summum de l’horreur.

Accusé de crime contre l’humanité, le chef de la junte a tenté de décharger sa responsabilité sur son aide de camp, Toumba Diakité. Celui-ci a riposté en tirant sur Dadis Camara, le 3 décembre 2009, le blessant gravement surtout à la tête. Evacué au Maroc, il a ensuite été assigné en « convalescence » à Ouagadougou. L’un des vice-présidents de la junte et ministre de la Défense, Sékouba Konaté, est nommé président de la République par intérim.

En janvier 2010, un premier ministre de transition est désigné en la personne de Jean-Marie Doré, un Conseil national de transition (CNT) mis sur pied pour servir d’organe législatif et une Constitution adoptée par décret présidentiel.

A l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, le 27 juin 2010, les deux candidats qualifiés pour le deuxième tour ont réalisé les scores suivants : 44% pour Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, contre 18% pour le challenger Alpha Condé, leader du RPG. Comment expliquer que ce soit le second qui l’emporte finalement ? C’est le plus grand hold-up électoral jamais réalisé en Afrique.

Alpha Condé, 72 ans officiellement mais beaucoup plus en réalité, opposant de toujours, estime qu’il est inenvisageable pour lui de perdre car c’est son élection de la dernière chance. La Constitution prévoit que le second tour doit se tenir dans les 15 jours qui suivent le premier. Alpha Condé réagit dès le lendemain de celui-ci, en contestant l’indépendance de la CENI et en fournissant une liste de 27 points dont le scrutin aurait été entaché, exigeant que ces anomalies soient corrigées sous réserve de sa non participation au second tour. Alors que tous les observateurs de l’Union européenne et de l’ONU ont rapporté unanimement que l’élection s’est déroulée dans les règles.

Il s’agissait de gagner du temps pour organiser sa riposte. Effectivement, le second tour n’aura lieu que plus de 4 mois plus tard, le 7 novembre 2010, en raison des atermoiements et des exigences répétées d’Alpha Condé.

Le premier ministre Jean-Marie Doré prend fait et cause pour lui, ainsi que le président de la Transition Sékouba Konaté. Le challenger exige la réforme de la CENI. D’abord, il obtient le remplacement du président de celle-ci, parti pour se soigner, par un membre de son parti, le RPG, déguisé en membre de la société civile (la loi impose que le président de cette institution soit issu de la société civile). Alpha Condé exige ensuite le changement de l’opérateur informatique, ainsi que la modification du fichier électoral.

Le système Françafrique déploie tout son arsenal en faveur d’Alpha Condé. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, condisciple de celui-ci, met en branle tout son réseau. C’est ainsi que Vincent Bolloré engage sa société de communication Havas au service de Condé (un livre écrit par un agent de Bolloré est publié à la veille de l’élection sous la signature d’Alpha Condé). Kouchner mobilise également le milliardaire américain George Soros et son ami l’ancien premier ministre britannique Tony Blair au service de leur protégé Alpha Condé. La société Sagem, qui a réalisé les opérations informatiques du premier tour, est chassée et remplacée par l’opérateur sud-africain Waymark, spécialisé dans le trucage de fichiers électoraux et déjà  disqualifié au  Cameroun.

Les militants de l’UFDG protestent contre cette machination par de vigoureuses manifestations que le pouvoir de Sékouba Konaté réprime violemment, faisant 77 victimes par balles. Waymark est maintenu ; il supprime le fichier électoral existant et en crée un nouveau selon des critères favorables à Alpha Condé. Ce dernier fomente un faux complot peul - le favori de l’élection Cellou Dalein Diallo est Peul -, pour accréditer la thèse de l’empoisonnement de ses militants lors d’un de ses meetings, ce qui déclenche la chasse contre les Peuls dans son fief, la Haute Guinée, faisant de nombreuses victimes. Beaucoup de ressortissants de cette communauté seront ainsi empêchés de voter. Résultat, Alpha Condé, contre toute attente, remporte finalement l’élection présidentielle. Pour services rendus, la gestion du port de Conakry est concédée à Bolloré. La Françafrique n’a pas fini de sévir en Afrique.

Entre les deux tours, Aliou Barry reçoit de plus en plus de menaces, en réponse à ses interventions publiques. Il paiera un lourd tribut comme activiste des droits de l’homme. Le 23 octobre 2010, il est pris à partie par les Bérets rouges qui servent de garde présidentielle à Sékouba Konaté, lorsqu’il intervient pour tenter de sauver un groupe de jeunes tabassés par ces soudards. Ces derniers se retournent contre lui, « Monsieur Droits de l’homme ».  Il reçoit de violents coups qui le blessent à la tête et lui fracturent l’un des bras sous les vociférations d’injures racistes. Il réussit à s’enfuir et à se réfugier dans une boutique. Les voilà qui le poursuivent. L’un d’eux tire une rafale de mitraillette derrière la porte et menace de l’exécuter s’il ne se rend pas. Terrorisé, il ne sent pas la balle qui lui a traversé le pied. Un pick-up le conduit avec d’autres personnes dans une gendarmerie. Ils se retrouvent à plusieurs centaines à être entassés dans la cour pour être fouettés. C’est un colonel de gendarmerie qui va le sauver. Il est conduit à la clinique Ambroise Paré, puis évacué à Paris par Amnesty International. Il sera immobilisé quatre mois durant. Les voies de la Providence sont impénétrables.

Il n’empêche. De retour à Conakry, le nouveau ministre de la Justice, Cheick Sako, fait appel à lui, en mars 2011, pour prendre la direction de l’administration pénitentiaire, en raison de son expérience en France à la mission d’Outre-mer, en vue de mettre en œuvre les réformes recommandées dans le rapport de la commission « Prisons » dont il est l’un des rédacteurs. Grâce au budget du programme d’appui à la réforme de la justice mis au point par l’Union européenne, il applique les règles minima pour le traitement des détenus dites « Règles Nelson Mandela » définies par les Nations unies : fourniture de deux repas par jour à chaque prisonnier, distribution de biscuits protéinés B 100, travaux d’adduction d’eau dans les prisons, salles de détention spécifiques pour les mineurs et les femmes, alors que celles-ci étaient détenues auparavant dans la promiscuité avec les hommes, visites familiales sans passer par le système de corruption et de passe-droits. Grâce à l’intervention d’Aliou, les prisonniers guinéens poussent un ouf de soulagement.

Après la transition militaire chaotique de 2008-2010, la Guinée est entrée sous la IIIème République qui refuse de dire son nom. Celle-ci est issue d’une Constitution créée par le CNT, un organe d’exception, et validée par le décret d’un président par intérim, issu lui-même d’un coup d’Etat militaire. Tels sont les paradoxes du régime politique actuellement en vigueur en Guinée.

Ce régime semi-présidentiel qui a été instauré a permis au président Alpha Condé de nommer à la tête des institutions républicaines des hommes à sa dévotion qui ne peuvent donc pas servir de contre-pouvoir face à un exécutif tout puissant. Lorsque l’Institution nationale des droits de l’homme (INDH) fut créée en 2015, elle remplaça l’ONDH et Aliou Barry en fut désigné membre de droit. Mais, Alpha Condé en modifia illégalement la loi organique pour la faire passer du statut consultatif au statut délibératif. Cela signifie que les fonctionnaires qui en sont membres et qui sont ses affidés ont désormais une voix décisive. De plus, ils sont plus nombreux que les membres issus de la société civile (20 sur 32). Et le président de l’INDH n’est plus élu mais coopté. Tous comptes faits, son indépendance n’est plus que de façade. Tirant les conséquences de cette manipulation, Aliou démissionne peu après sa nomination.

Avec les nouvelles générations, Aliou souhaite que soit menée une réflexion collective pour une nouvelle Constitution qui puisse nous prémunir contre les dérives du régime semi-présidentiel actuellement en vigueur, garantir l’indépendance de la justice et éviter les antagonismes ethniques. Pour cela, il faut relire l’histoire de la Guinée, notamment la page des régimes  totalitaires qui a été tournée trop vite sans passer par l’étape de la « Réconciliation nationale ». La Guinée est l’un des rares pays où le passé n’a pas été purgé, moyennant quoi les vieux démons sont toujours prêts à resurgir avec la même violence et les mêmes abus. Nous ne ferons pas l’économie du Dialogue de réconciliation nationale, à l’image de la Commission Vérité et Réconciliation en Afrique du Sud.

Même au risque de prêcher dans le désert, Aliou redit aux jeunes Guinéens que l’exil n’est pas la solution. Il apporte à l’appui de cette thèse des arguments solides et convaincants dans la dernière partie de son livre « Revenir ». Mieux vaut rester, se battre d’arrache-pied pour édifier l’Etat de droit visant au redressement national et à un nouvel avenir.

Alpha Sidoux Barry

Président de Conseil & Communication International (C&CI)



Mamadou Aliou Barry : Revenir -  L’Afrique au cœur, Editions Descartes & Cie, Paris, 2018.

La prévention des conflits en Afrique de  l’Ouest, Editions Karthala, Paris, 1997.

Mamadou Aliou Barry : L’armée guinéenne - Comment et pourquoi faire ?, Editions L’Harmattan, Paris, 2009.


 

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VOS COMMENTAIRES

AOT Diallo16/06/2018 20:08:47
Kotto Sidoux, merci pour cette rétrospective et ce rappel parfait mais il décrit avec tellement de détails et de précision le livre de mon frère Aliou que cela risque de décourager nos trop nombreux "paresseux" a le lire maintenant...
Amara Lamine Bangoura19/06/2018 19:50:26
Un parcours distinctif et hautement enviable qui a valu de multiples acharnements contre l'officier activiste ardent défenseur des droits de l'homme et du citoyen.A titre de rappel, la soldatesque de la transition version Konaté avait estampillée fortuitement Mr Barry, pour avoir plaidé pour la libération d'un groupe de jeunes sympathisants de l'Ufdg que les agents de la gendarmerie de Hamdalaye passaient magistralement à tabac.J'abonde dans le même ordre d'idées que koto AOT ,au regard de ce résumé exhaustif de koto Sidoux, je crains que les yette Sow et Soumah ne renoncent à acquérir ce chef d'œuvre.
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Gaetan Mootoo d'Amnesty international, sur les massacre et viols du 28 septembre en Guinée

Par Christophe Boisbouvier

« Les tortionnaires ont franchi une étape inimaginable. Des militaires déchiraient les vêtements des femmes avec une telle violence, parfois avec des couteaux ou la baïonnette, les violant en public. C'était la barbarie dans toute son horreur ».
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