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DE L’ESPOIR À LA DÉSILLUSION


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Nabbie Baby Soumah

2018-09-29 10:28:28

« L’espoir est la chose la plus importante de la vie. Elle procure aux êtres humains le sentiment d’avoir un but et leur donne l’énergie d’aller de l’avant » clamait Norman COUSINS (1915-1990), le célèbre journaliste américain.

Le 28 septembre 1958, l’espoir était de mise lors d’un processus référendaire, le peuple guinéen rejetant la tutelle française pour accéder à l’indépendance le 02 octobre suivant.

Ce « non » a marqué les esprits et suscité des vocations : ce fut le moment charnière de la décolonisation en Afrique.

Peuple précurseur, mais peuple martyr depuis lors, notamment avec un déficit démocratique récurrent, les viols massifs en plein air et les meurtres du 28 septembre 2009 au stade du même nom et non encore élucidés. Malgré le rapport nominatif et accablant de MOHAMED BOUDJAOUI, rendu au nom des Nations-Unis le 16 décembre 2009.

Le peuple guinéen a toujours étonné et émerveillé le monde, mais il a été en revanche spolié de ses victoires sociales et politiques obtenues le plus souvent par le prix fort du sang.

Par exemple, il a adopté le multipartisme avant la « prime conditionnelle à la démocratie » proposée par le Président français François MITTERRAND (1916-1996) aux chefs d’Etat africains, lors du Sommet France-Afrique de La Baule du 20 juin 1990.

Mais c’est une descente aux enfers qui dure depuis des décennies.
« Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage » clamait  Ahmet Sékou TOURÉ (1922-1984).

La liberté fut cependant confisquée mais l’opulence, la prospérité sont toujours aux abonnés absents malgré les potentialités humaines et naturelles que regorge notre chère et meurtrie Guinée ; la liberté demeure l’arlésienne, une vue de l’esprit.

Par ailleurs, le devoir de mémoire et la justice sont sacrifiés à ce jour en Guinée, en attendant la mise en exécution de la promesse d’un procès sous l’égide du ministre actuel de la justice Maître MOHAMED SAKO.

« Le bourreau tue deux fois : d’abord par la mort, ensuite par l’oubli » selon un axiome, un vieil adage. Il mise ainsi toujours sur l’oubli et l’impunité pour ne pas répondre de ses actes devant la justice.

Soixante ans après par le « Non » du 28 septembre 1958, l’espoir suscité, l’enthousiasme a fait place à une profonde frustration.
L’espoir d’une justice réparatrice et réconciliatrice est pour les Guinéens une soif inextinguible, inassouvie, insatisfaite.

Nabbie Ibrahim Baby Soumah
Juriste et anthropologue guinéen


 

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