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L'Equation Guinéenne Première Partie: la sortie de crise, un problème complexe à plusieurs inconnues2010-01-11 10:27:19 L’Équation Guinéenne Première partie : La sortie de crise, un problème complexe à plusieurs inconnues La question de l’équilibre des forces s’est toujours posée en politique. Les pays qui ont récusé l’expérience de débats nationaux pour exorciser le passé connaissent actuellement plus de problèmes. S’engager dans la voie du suffrage universel a, en dépit des insuffisances, balisé l’avenir et abouti à certains changements démocratiques. Le plus souvent, le face- à face entre les pouvoirs militaires en place et la nouvelle opposition a généré réconciliation nationale, apaisement social et décollage économique La Guinée fait partie des pays qui ont tout refusé en bloc : pas de conférence nationale ni d’ouverture politique. Les élections qui eurent lieu entre 1993 et 2008 sont tout sauf démocratiques et leur caractère pluraliste était de façade. La situation actuelle de notre pays s’explique en partie par le lourd héritage du Parti Démocratique de Guinée (PDG) et l’autisme du Général Lansana Conté de s’ouvrir à son époque. Il s’est voulu le gardien chef d’une maison dont les portes sont éventrées de tout côté et le patriarche d’un parti politique : le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP) qui s’est montré fermé à toute contradiction. Mais, depuis le jour où Moussa Dadis est devenu le gibier de Toumba Aboubacar Diakité, la donne a changé. Seuls les plus radicaux du CNDD et leurs alliés refusent cette réalité. Ce Moïse- là n’a pas sécher la rivière des larmes que le peuple de Guinée a connue depuis 1958. Il a ouvert de nouvelles digues pour écouler davantage de sang et de larmes ! L’espoir se porte à nouveau vers un autre fils de la Guinée. Un proche de Dadis et un ami dit- on ? Qu’allons- nous faire ? Depuis l’annonce de Konaté, on voit à nouveau fleurir sur le net, encore ce machin de la technique, les propositions les plus réfléchies et les plus déroutantes. Par- ci par là, nous voyons des dénonciations et des attaques personnelles contre les leaders politiques des Forces Vives. Des reproches et des calomnies de toutes sortes fusent de partout et sont revenues de plus bel. Dites- moi si on est à la fois contre le CNDD et les Forces Vives, on est avec qui ? Pourtant, en politique, il faut, plus que dans tous les autres domaines de la cité, un choix. Ce sont les Forces Vives à travers leurs actions politiques et leurs initiatives individuelles et collectives qui nous ont permis d’aboutir à l’appel de Konaté et du CNDD. Pourvu que les leaders politiques, syndicaux et de la société civile ne tombent pas dans le piège et l’appât de poste. Le respect des revendications des Guinéens contenues dans les négociations d’Abuja et les rencontres successives de Ouaga doit être non négociable. L’action des syndicats dont les leaders Rabiatou Sérah Diallo, Ibrahima Fofana et tant d’autres de la société civile doit être reconnue à leur juste valeur et soutenu comme telle. Si, dans le passé, les syndicalistes ont commis des erreurs d’appréciation, il ne faudrait pas que cela occulte leur combat. Ne dit- on pas que ne se heurte que celui qui marche ? Bon Dieu ! Les Guinéens ne se battent pas pour un Premier Ministre. Ils ont donné leur vie pour un changement démocratique effectif et durable. La course, sans préalable, à ce poste relève de l’opportunisme politique. N’est- ce pas les chefs de parti qui ont perdu toute crédibilité aux yeux de nos compatriotes qui se positionnent aujourd’hui comme du temps de Dadis ? Ils firent de même sous le Général Conté. Apparemment, leur pseudo alliance n’a pas retrouvé le sommeil depuis l’annonce de Konaté. Si ce ne sont pas ces pseudo- opposants au CNDD, ce sont les agitateurs qui se prennent pour des leaders politiques qui font des mains et des pieds pour apparaître premier ministrables. Décidément ! La politique ressemble à la femme rêvée et non possédée qui empêche les obsédés de dormir. Je crois fermement que les acteurs politiques qui œuvrent pour le changement prendront le recul nécessaire pour trouver la solution la mieux adaptée pour une sortie de crise. Si celle- ci nécessite la nomination d’un Premier Ministre, les Forces Vives trouveront la personne la mieux indiquée. Pour le moment, nous devrions réfléchir à la manière la mieux adaptée pouvant conduire à la sortie de crise et pour un retour à l’ordre constitutionnel. Avec Konaté, sûrement, mais à quel titre et à quel prix ? D’où la demande des Forces Vives de l’officialisation du statut du Ministre de la Défense comme Président du CNDD ! Qui ignore qu’en l’état actuel des choses que tout est si aléatoire que n’importe qui au sein de la junte pourrait renverser la balance ? Compromettre le cours des événements et remettre en cause la parole dite officielle ? Ne vivons- nous pas quotidiennement entre les propos incendiaires et confusionnistes d’un Idrissa Shérif et les discours ou communiqués qui se veulent rassurant du gouvernement. Je dis attention ! Le sens de la mesure doit, aujourd’hui encore, plus que par le passé prévaloir sur tout. Naturellement, toutes celles et ceux qui ne peuvent se contenter des Forces Vives, à moins de supporter le CNDD comme il ya encore, pourraient créer un nième parti politique. Le centième peut- être ! En tout état de cause, ayons en mémoire cette assertion d’Emmanuel Mounier : « Il y a (...) à la base du comportement humain un problème complexe d'équilibre de forces. L'homme en état de bonne santé psychologique doit à chaque moment rétablir une équation toujours menacée. » Nous devons, nous Guinéens, nous atteler à résoudre de la manière la plus lucide, la plus paisible et la plus consensuelle possible, notre équation commune : sortir notre pays de l’impasse et des risques qui pèsent sur lui. A suivre Deuxième Partie : La guinée post- Dadis : la fin des faucons ou celle des modérés ? Lamarana Petty Diallo
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