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Canonnade de Kipé : Le baptême de feu du nouveau régime sékoutouréen !2011-07-23 16:19:31 Quelques heures après la canonnade de Kipé – c’est ainsi qu’il convient de nommer l’évènement du 19 juillet 2011– Alpha Condé affirmait sur les ondes de rfi que l’objectif des prétendus assaillants était non pas de prendre le pouvoir mais de lui faire passer l’arme à gauche. Outre l’étonnement que l’on a pu avoir en entendant de telles conclusions avant même l’ouverture d’une enquête, les propos d’Alpha Condé comportent des sous-entendus qui en disent suffisamment assez sur ce qui se trame à Conakry. L’un de ces sous-entendus est celui de l’identité du bénéficiaire de la vacance du pouvoir. Selon la constitution, en cas de décès ou d’empêchement définitif du président de la république, l’intérim est assuré par le président de l’assemblée nationale. Il se trouve que nous n’avons pas d’assemblée nationale et que c’est le conseil national de transition qui joue présentement le rôle du parlement. Il se trouve également que la présidente du conseil national de transition est une certaine Rabiatou Diallo. Il se trouve enfin que cette Rabiatou Diallo est, contre la volonté d’Alpha Condé, le dauphin constitutionnel. Si donc, le but de l’opération « Grimpe qui peut » n’avait pas pour but de porter au pouvoir un des chefs militaires « déviants », c’est parce que, toujours selon Alpha Condé, son assassinat aurait permis et facilité la réalisation du « vrai » coup d’Etat. Autrement dit, et c’est cela le sous-entendu, Rabiatou Diallo devait être la bénéficiaire de l’assassinat d’Alpha Condé. Mais, pour aller au bout de la logique d’Alpha Condé, Rabiatou Diallo allait être la bénéficiaire directe mais provisoire du « vrai coup d’Etat » ; le réel bénéficiaire étant CellouDalein Diallo que Rabiatou aurait aidé à accéder à la présidence quelques mois plus tard, en usant des mêmes méthodes que celles utilisées par Sékouba Konaté pour aider Alpha Condé a accédé au pouvoir contre la volonté de la majorité des guinéens, il y a un peu plus de sept mois. Alors, la question qu’on est en droit de se poser,en face de ce dangereux cirque, est celle de savoir si Rabiatou Diallo fait partie ou pas des suspects à arrêter, puisqu’en toute logique c’est donc à elle, à entendre Alpha Condé, que le pouvoir devait échoir dans la mesure où les militaires n’en veulent pas pour eux-mêmes. Le fait est que, heureusement d’ailleurs pour Rabiatou Diallo, elle ne sera ni arrêtée, ni même inquiétée parce que tout simplement il n’y a jamais eu tentative de coup d’Etat ou même de tentative d’assassinat d’Alpha Condé. Donc, rien à reprocher à l’inoffensive et encore accommodante Rabiatou. En excluant la possibilité d’une des pratiques fétichistes auxquelles se livrent quotidiennement Alpha Condé et qui consisterait à neutraliser les démons qui hantent sa demeure et l’empêchent de dormir et d’agir en homme sensé, Alpha Condé ne vise en réalité que trois objectifs essentiels, en mettant en scène la canonnade de sa propre maison. Le premier objectif est celui de neutraliser par la mort ou par la prison tous les militaires qui ne lui inspirent pas confiance et que son état-major malinké craint. Il est un secret de polichinelle qu’Alpha Condé, il l’a d’ailleurs dit lui-même, ne dort pas. Il voudrait désormais dormir à poings fermés et pour cela il faudrait mettre le grappin sur tous les militaires qui lui font peur. Par la même occasion, les tenants de la manikacratie qui l’entoure, conscient de ce que leur mentor a déjà un pied dans la tombe au regard de son âge et de la maladie, en profiteront pour sécuriser le fauteuil présidentiel et faire en sorte qu’il reste au chaud pour le plus grand bien des fesses d’un autre malinké. Le deuxième objectif est celui de semer la terreur au sein de l’opposition et d’une partie de la population. Alpha Condé, professeur en manip et non en droit, a clairement dit surrfi que ses prétendus agresseurs appartiennent à une certaine communauté. Les heures qui ont suivi auront permis à ceux qui étaient encore dubitatifs, de se rassurer que la communauté en question est bien celle des peulhs. En effet, même si la liste des militaires arrêtés comporte des noms de presque toute la Guinée, les rares officiers peulhs semblent être la principale cible d’Alpha Condé et de son staff malinké. Par ailleurs, le vent de terreur qui souffle actuellement sur Conakry vise à créer la panique et la déroute au sein de la classe politique. Bah Oury, principal opposant au régime, est déjà porté disparu et son domicile a été vandalisé par les nervis d’Alpha Condé. Quant à FayaMillimono, Mouctar Diallo et d’autres, ils seraient la cible d’un commando de la mort. La violation du domicile du beau-fils de CellouDalein ainsi que les violences exercées sur tous les hommes et le garçon qui s’y trouvaient participent de la même perversité politique et morale. Alpha Condé veut effrayer, voire tétaniser tous ceux qu’ils considèrent comme étant ses ennemis. Le troisième objectif enfin de cette dangereuse et dégoutante comédie est celui de distraire la ‘’bonne partie’’ de la population, celle des adorateurs qui boivent les paroles d’Alpha Condé mais qu’on ne peut satisfaire que par la diversion et la distraction. Se sachant parfaitement incapable de régler les problèmes des guinéens, Alpha Condé a décidé de les distraire. Pour cela, quoi de mieux que le complot permanent dont son entourage sékoutouéiste en a la démoniaque expertise ? L’arme majeure des dictatures est celle de la diversion. Pour ses tenants et ses stratèges, il faut que l’attention du peuple soit constamment captée par les gouvernants. Intelligemment ou brutalement. La canonnade de Kipé participe de cette volonté de prendre en otage les cerveaux de la masse incrédule et ignorante. En conclusion, Alpha Condé a décidé de passer à la vitesse supérieure et de prendre ses marques d’autocrate. Le fameux discours de conciliation qu’il a tenu dans la nuit du 18 juillet 2011 constitue en réalité l’acte de résurrection du régime de terreur et de perversion que Lansana Conté et ses compagnons avait balayé un certain 3 avril 1984. Toute la question est maintenant de savoir si les guinéens sont prêts à revivre les affres d’un passé pas si lointain.
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