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Guinée: le nouveau gouvernement condé est là, le pire est à craindre pour 2015 !
Le samedi 28 décembre 2013, Alpha Condé affirmait que désormais c’est la compétence qui sera son critère de nomination et non plus l’origine ethnique ou régionale des personnes (Lire). Voici la composition de son gouvernement de "compétence" :
Suite aux critiques acerbes qu’il a essuyées pour avoir publiquement humilié son premier ministre sortant Saïd Fofana en lui demandant, par voie de presse, de démissionner avant le 13 février 2014 et faute de trouver un autre de la Basse Côte aussi accommodant que l’ancien, Alpha Condé a reconduit M. Saïd Fofana dans son nouveau gouvernement comme le premier nommé de ses ministres. Fondamentalement, rien n’a changé dans l’ancien gouvernement de récompense. Alpha Condé reste le ministre de la défense, Madifin Dianè reste à la sécurité et Alhassane Condé reste à son poste (Administration du territoire et de la décentralisation). Bien qu’il ait publiquement souhaité ne plus être reconduit ou nommé dans le nouveau gouvernement du fait des violations graves des droits de l’homme (qu’il a humblement estimé être son échec personnel), Gassama Diaby est confirmé Ministre des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques. Pourquoi changer une équipe qui apporte à Alpha Condé ce qu’il veut ? Après sa nomination dans l’ancien gouvernement, Madifin Dianè annonce la purge ethnique dans les forces de sécurité en déclarant qu’il y a des traîtres et des saboteurs cachés dans l’appareil sécuritaire. En même temps il met en route le projet de création des milices communales à implanter dans les quartiers. Face au silence de l’opposition, le projet est apprécié par même l’Union européenne qui donne le financement. Il ne fallait surtout pas s’attendre à ce qu’Alhassane Condé (un traître et ethnocentriste angabsanné) qui, depuis les gouvernements de Conté, était au service d’Alpha Condé, même pendant l’agression militaire contre notre pays. Aussi, c’est lui qui gère les partis politiques. Selon des témoignages que nous avons reçus, Alhassane Condé refuse de légaliser les partis qu’il soupçonne vouloir rejoindre l’opposition. Deux cas concrets : 1)- il avait tenté de refuser au Bloc Libéral (BL) son droit de légalisation, sans justification aucune. Il a fallu beaucoup de pression et des actions de Faya Millimouno en direction des missions diplomatiques pour que la BL obtienne sa légalisation (un droit constitutionnel). 2)- Pour un des derniers nouveaux partis légalisés (dont nous taisons le nom), il a fallu qu’une délégation de ressortissants de la Haute Guinée aille rassurer Alhassane Condé que leur parti n’est qu’un mouvement de soutien de plus au RPG d’Alpha Condé dans l’arène politique pour qu’il leur accorde la légalisation. Alhassane Condé est, avec la complicité de l’ancien et de l’actuel présidents de la Ceni (Lounceny Camara et Bakary Fofana), l’auteur des recensements apartheid, du fichier tribal illégal (avec un doublement de la population électorale malinké en un an), des manœuvres qui ont conduit à l’assujettissement de la Ceni au pouvoir et à la victoire frauduleuse du parti des 18% (RPG) aux législatives 2013. Malheureusement, tout s’est fait avec l’accord de l’opposition dirigée par les anciens premiers ministres de Conté. Pour l’Assemblée Nationale, la victoire du RPG a dépassé la dimension que le pouvoir lui-même avait prévue : au sein du Parlement, l’opposition, l’UFDG et l’UFR en tête, ont même accepté de rejoindre la coalition RPG-Arc-en-ciel pour donner les 75% des responsabilités et toutes les commissions importantes au RPG. Commentaire de Guineenews sur la question : « Ainsi, le pouvoir et l'opposition s'accordent sur les mêmes listes des candidats qui seront soumises à un vote sans surprise… » (Lire). Les incohérences, la confusion et les risques de conflits de compétence demeurent : Le narcotrafiquant François Louncény Fall (lui et sa femme furent arrêtés avec de la drogue en Europe. Il se convertit au christianisme et sacrifia son épouse pour tirer sa tête de l’affaire) et ancien ministre de Conté qui faisait la cour à l’une des premières dames, Asmaou Conté, est maintenu Ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger. Cependant, Sanoussy Bantama Sow est aussi nommé Ministre chargé des Guinéens de l’étranger. Comme Rougui Barry, Bantama Sow pourrait désormais servir de simple figuration avant d’être remercié. Deux faits remarquables :
Alpha Condé a clairement définie cette mission du gouvernement ce weekend passé : « 2014 doit nous permettre de gagner les élections de 2015. C'est pourquoi 2014 est une année très importante. J'ai prévenu tout le monde. Quiconque m'insulte sera poursuivi. Si tu me diffames, le procureur te poursuivra. Si tu casses, la loi anti- casseur est là. Maintenant, le débat politique se fait à l'hémicycle ». (Lire) Ainsi, Alpha Condé donne des instructions claires au gouvernement, aux institutions, aux forces de l’ordre et à la justice de tout faire pour assurer sa victoire frauduleuse aux présidentielles de 2015 aussi. Après avoir incorporé l’UFDG et l’UFR dans sa coalition parlementaire, Alpha Condé doit s’attendre à faire face à une vraie opposition qui fera échouer son projet criminel de briguer un autre mandat présidentiel par le mensonge, la fraude et le crime organisé en Guinée. Comme nous l’avions annoncé dans un article précédent (Lire), la délégation de l’Union européenne en Guinée a tenu sa conférence de presse ce lundi 20 janvier en présentant son rapport final sur les élections législatives. Elle a fait des recommandations qui permettent de respecter le calendrier électoral 2015 et d’organiser des élections transparentes et équitables (Lire). De notre point de vue, les plus importantes de ces recommandations sont : 1- Réviser les dispositions du Code électoral relatives aux délais légaux et fixer une date butoir aux Commissions administratives de centralisation des votes (CACV), les contraignant ainsi à transmettre, dans le délai imparti, un exemplaire des procès-verbaux à la CENI ; 2- Etablir une cartographie électorale basée sur le poids relatif du corps électoral ou sur un recensement total de la population afin de préserver l’équité des suffrages ; 3- Établir un mécanisme précis fixant les voies de recours contre des décisions de l’administration électorale auprès d’une instance supérieure ou d’institutions judiciaires habilitées ; Par ailleurs, nous trouvons ces trois points de leurs recommandations nécessaires et indispensables à la tenue des élections équitables et sans risques de violences pré et postélectorales en Guinée. Pour le point 3, la Constitution prévoit la Cour Constitutionnelle pour jouer ce rôle. Malheureusement, elle doit être mise sur pieds par la nouvelle Assemblée Nationale que nos soi-disant opposants ont totalement offerte au parti au pouvoir (RPG). Donc, c’est bientôt un autre "Bakary Fofana" qui prendra les commandes de cette dernière instance de recours juridique de la République. En Guinée, nous nous trouverons alors dans le schéma ivoirien sous Laurent Gbagbo. En 2010 comme en 2013, si les victimes de violences ciblées organisées par le RPG avaient répondu aux agressions, la Guinée aurait basculé dans la guerre civile. Cette sagesse n’a pas payé. Le RPG a pris le pouvoir sans partage dont il se sert contre les partis adverses et les communautés guerzée et peule de Guinée. Sans une implication directe des Nations Unies pour le choix de l’opérateur électoral, un recensement total et correct de la population guinéenne, le maintien d’ordre et l’organisation des élections présidentielles de 2015, rien n’empêchera des affrontements armés intercommunautaires en Guinée. On reviendra alors à ce qu’il fallait faire pour empêcher une guerre civile dans cet autre pays, aux conséquences incalculables sur toute la sous-région Ouest-africaine.
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